François Hollande veut rassembler l'Europe autour de la sécurité

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Valérie LEROUX, Olivier DEVOS
Agence France-Presse
Lisbonne

François Hollande a exhorté mardi les Européens à faire de la défense commune une priorité absolue de l'UE après une série d'attentats et le vote sur le Brexit.

«L'Europe c'est un esprit, mais c'est aussi une défense, défense qui doit d'ailleurs être renforcée», a déclaré le président français à Lisbonne, première étape d'une tournée européenne visant à rassembler les 27 autour d'un projet de relance de l'UE.

«Ce sera une des leçons que nous aurons à tirer du Brexit, de l'impulsion que nous aurons à donner» à la construction européenne, a-t-il ajouté devant la communauté française réunie à l'ambassade de France.

La décision du Royaume-Uni de sortir de l'UE a provoqué un électrochoc, rendant plus urgente encore, selon plusieurs capitales européennes, la nécessité de réformer l'Europe pour la rendre plus «lisible» et retrouver la confiance des citoyens.

«Nous sommes devant des défis et celui du terrorisme est sans doute un des plus grands», a souligné le président français.

Après l'attaque au camion qui a fait 84 morts le 14 juillet à Nice, quatre passagers d'un train ont été grièvement blessés à la hache lundi soir en Bavière, dans le sud de l'Allemagne, par un jeune demandeur d'asile afghan.

Les deux attaques ont été revendiquées par le groupe djihadiste État islamique (EI) que la coalition internationale conduite par les États-Unis combat en Irak et Syrie.

«Unis et forts»

«La première priorité, c'est la protection, c'est la défense, c'est la sécurité de nos frontières non pas pour nous replier, mais pour être capables de vivre ensemble», a-t-il ajouté chez le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa.

La France estime «faire déjà plus que son devoir» au Sahel où elle est en première ligne, avec 3500 soldats face aux jihadistes, mais aussi au Moyen-Orient où ses chasseurs ont encore bombardé l'EI dans la nuit de lundi à mardi.

«Nous le faisons pour notre propre sécurité, nous le faisons aussi pour l'Europe, nous le faisons aussi pour le monde», a martelé François Hollande.

Face à la menace, inédite depuis la fin de la Guerre froide, il a appelé à «l'unité» des Européens, mais aussi des Français, sur fond de discorde sur la politique antiterroriste du gouvernement.

«Est-ce que nous serons capables d'être ensemble, unis, forts ou allons-nous connaître la discorde, la désunion et puis finalement la dislocation?», a-t-il lancé.

Le président français, la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi ont appelé le 27 juin à Berlin à une «nouvelle impulsion» pour l'Europe. Ils doivent se retrouver le 22 août en Italie.

«Besoin d'espérance»

Dans ce contexte lourd, François Hollande, qui poursuit sa tournée à Dublin jeudi puis début septembre en Europe de l'Est, a pris son bâton de pèlerin pour tenter de forger un consensus autour de quelques priorités: plus de défense européenne, plus d'investissements créateurs d'emplois, et plus d'Europe pour la jeunesse.

«Il faut maintenant entrer dans des propositions concrètes. Il faut aussi rassembler les 27. Il ne s'agit pas d'en rester à ce qu'on a dit à trois. Dans ce travail, chaque État a voix au chapitre», insiste un diplomate français.

Cette dynamique vise à jeter les bases d'un «consensus politique» au sommet de Bratislava le 16 septembre pour lancer ensuite «rapidement» le chantier de la modernisation de l'UE.

Côté défense, la France propose de renforcer la capacité à planifier et conduire des opérations communes. L'Europe doit pouvoir mobiliser plus vite des soldats et «mutualiser» plus de moyens militaires, selon un diplomate français.

Quant à l'emploi, le président Hollande préconise de doubler d'ici cinq ans les investissements du plan Juncker (315 milliards d'euros de 2015 à 2018), dans les transports propres, la modernisation numérique ou la recherche et les universités.

Il a en outre apporté son soutien au Portugal, menacé de sanctions financières par la zone euro pour déficit excessif. L'Europe a «aussi besoin de solidarité et d'espérance», a-t-il dit, reprenant une antienne chère aux pays du sud de l'Europe face aux tenants de l'orthodoxie budgétaire.

Plus symbolique, mais aussi plus concret pour les citoyens, le programme Erasmus d'échanges d'étudiants pourrait être élargi aux collégiens, lycéens ou apprentis, et plus de fonds européens investis dans l'emploi des jeunes.

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