Boris Johnson: le Royaume-Uni veut rester un moteur en Europe.

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Le nouveau chef de la diplomatie britannique et chantre du Brexit Boris Johnson arrive à sa première rencontre lundi avec ses homologues européens à Bruxelles.

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Philippe AGRET
Agence France-Presse
BRUXELLES

Pour sa première rencontre lundi avec ses homologues européens à Bruxelles, le nouveau chef de la diplomatie britannique et chantre du Brexit Boris Johnson a affirmé d'emblée que le Royaume-Uni voulait continuer à jouer un rôle moteur en Europe.

Ce conseil des Affaires étrangères de l'UE, avec la présence inédite du secrétaire d'État américain John Kerry, s'est déroulé dans un climat de crise aiguë en Europe, aggravé par les menaces terroristes et l'instabilité en Turquie.

«Nous devons mettre en oeuvre la volonté du peuple et quitter l'Union européenne, mais (...) en aucun cas, nous n'allons abandonner notre rôle dirigeant en Europe», a assuré M. Johnson aux journalistes, en réaffirmant que quitter l'UE «ne signifie pas quitter l'Europe».

Federica Mogherini, qui dirige la diplomatie européenne, a «convenu que la Grande-Bretagne doit continuer à jouer un rôle», s'est félicité M. Johnson. Troquant son costume de provocateur contre celui de diplomate, il est apparu détendu et affable avec ses collègues.

L'ex-maire conservateur de Londres, dont la nomination surprise a suscité critiques et sarcasmes, était attendu avec une intense curiosité et une certaine appréhension à Bruxelles, la capitale de l'UE qu'il connaît bien pour y avoir été un journaliste en vue au début des années 1990.

Tout en faisant état d'un «bon échange» avec M. Johnson, Mme Mogherini a réitéré qu'aucune négociation ne serait engagée avec le Royaume-Uni tant que Londres n'aurait pas officiellement notifié à l'UE sa volonté de s'en séparer, en activant la clause de divorce prévue par l'article 50 du Traité de Lisbonne.

Depuis le séisme provoqué par le référendum du 23 juin, les Européens exhortent les dirigeants britanniques à «clarifier» leurs intentions et hâter les discussions officielles avec l'UE. Le Royaume-Uni table sur le 1er janvier 2019 pour sa sortie effective du bloc.

«Il faut éviter que l'Europe s'installe dans une situation d'incertitude. Plus tôt les négociations auront commencé, mieux ce sera», a plaidé à son arrivée le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Turquie et terrorisme

Si Boris Johnson a dans un premier temps volé la vedette lundi à Bruxelles, y compris à l'Américain John Kerry en tournée en Europe, les chefs de la diplomatie se sont ensuite concentrés sur la «polycrise» qui fait vaciller l'Union européenne.

Avait été ajouté à l'ordre du jour, la situation en Turquie, «partenaire clé» de l'UE, après la tentative de putsch contre son homme fort Recep Tayyip Erdogan.

Federica Mogherini et John Kerry ont exhorté le régime de M. Erdogan à «respecter l'État de droit» et l'ont mis en garde contre toute tentation de répression généralisée.

«Aucun pays ne peut adhérer à l'UE s'il introduit la peine de mort», a rappelé Mme Mogherini, alors qu'Ankara frappe depuis des années à la porte de l'Union.

Autre sujet brûlant: la lutte antiterroriste inscrite également au menu de la réunion, à la demande de Paris après la tuerie de Nice.

Une minute de silence a été observée par les ministres au moment où la France se recueillait en mémoire des 84 victimes du tueur de Nice.

Évoquant la lutte contre l'organisation de l'État islamique, qui a revendiqué l'attentat de Nice, la France en a appelé aux Européens pour «faire preuve de plus grande solidarité ensemble».

«Nous allons voir comment nous pouvons encore amplifier ensemble notre action à l'échelle européenne et internationale», a souligné M. Ayrault.

Les 28 devaient ensuite discuter de l'Amérique latine, en particulier des relations avec le Venezuela, pour lequel l'UE envisage de nommer comme envoyé spécial l'ancien chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, et aussi des futurs liens avec Cuba et du processus de paix en Colombie.

Également à l'ordre du jour: la Chine -l'UE vient d'appeler Pékin et Manille à «régler pacifiquement» leur différend en mer de Chine méridionale-, la nouvelle «stratégie globale» européenne de Mme Mogherini en matière de sécurité et de défense, et l'état de la crise migratoire avant le sommet de l'ONU sur cette question prévu pour le 19 septembre à New York.

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