Première journée de Theresa May à Downing Street

Investie première ministre mercredi moins de trois semaines... (Photo Paul Hackett, REUTERS)

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Investie première ministre mercredi moins de trois semaines après le vote britannique en faveur d'une sortie de l'UE, Theresa may, cette conservatrice de 59 ans s'est engagée à «relever le défi» du Brexit tout en promettant «la justice sociale» pour les Britanniques.

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
Londres

Theresa May entamait jeudi son premier jour aux commandes du 10, Downing Street sous la pression des dirigeants européens qui réclament un Brexit rapide, après avoir créé la surprise, si ce n'est la polémique, en nommant l'excentrique Boris Johnson à la tête de la diplomatie britannique.

Investie première ministre mercredi moins de trois semaines après le vote britannique en faveur d'une sortie de l'UE, cette conservatrice de 59 ans s'est engagée à «relever le défi» du Brexit tout en promettant «la justice sociale» pour les Britanniques.

Signe de l'immense tâche qui attend son gouvernement, Mme May a créé un ministère spécialement dédié au Brexit, mais, jeudi, c'est surtout la désignation du bouillonnant Boris Johnson au ministère des Affaires étrangères qui retenait l'attention.

Rares sont ceux qui auraient misé sur l'ancien maire de Londres et champion des Brexiters, après qu'il eut renoncé à briguer le poste de premier ministre. Mais c'était sans compter l'ambition dévorante du député conservateur de 52 ans.

«Boris rebondit !», lançait jeudi le Daily Mail, quand le Daily Mirror, qui affichait en Une une célèbre photo de M. Johnson coincé sur une tyrolienne, se désolait en ces termes: «Cher monde... Pardon».

L'ironie était de mise également dans la presse allemande. «Johnson ministre des Affaires étrangères? C'est de l'humour britannique», grinçait le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung sur son site internet.

Theresa May «s'affaiblit» en prenant «une telle décision», a estimé l'un des vice-présidents du parti social-démocrate allemand (SPD), Ralf Stegner.

Le choix de Mme May de lui confier le ministère des Affaires étrangères est, selon le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault, «révélateur de la crise politique britannique».

Maintenant, «il ne s'agit pas d'en rester là», a déclaré M. Ayrault sur la radio Europe 1. Il faut faire ce qu'il faut «pour que la sortie de l'Union européenne par la Grande-Bretagne se fasse dans les bonnes conditions».

Et, pour cela, «j'ai besoin d'un partenaire avec lequel on puisse négocier, qui soit clair, crédible et fiable».

Pour l'expert politique Simon Usherwood, «BoJo» devra certainement présenter «quelques excuses», mais en tant que «VRP britannique, il va faire un boulot formidable».

Sur le front économique, le nouveau ministre des Finances, Philip Hammond, a assuré dans les médias britanniques qu'il n'y aurait pas de budget d'urgence, et donc pas de nouvel accès d'austérité.

Interrogé sur la BBC quant à l'attitude qu'il adopterait vis-à-vis de Bruxelles dans les complexes négociations de sortie du Royaume-Uni qui s'annoncent, M. Hammond a insisté sur l'importance de maintenir un «accès au marché unique de l'Union européenne» pour la puissante industrie financière britannique.

M. Hammond a ajouté qu'il allait «voir le gouverneur de la Banque d'Angleterre (jeudi) matin pour évaluer la situation» économique.

La banque centrale va rendre à la mi-journée une décision de politique monétaire très attendue, sa première depuis la victoire du Brexit au référendum. Les analystes s'attendent à un assouplissement de la politique monétaire pour doper l'économie face aux risques liés au Brexit.

Cette perspective encourageait les Bourses européennes, qui ont ouvert en hausse.

«Nouveau Premier ministre, mêmes problèmes»

Theresa May, qui succède à David Cameron, devait boucler dans la journée son cabinet.

À peine investie, la première femme à diriger le gouvernement britannique depuis Margaret Thatcher a été soumise à la pression de dirigeants européens pour mettre en oeuvre le Brexit.

«J'ai hâte de travailler étroitement avec vous et d'apprendre vos intentions à ce sujet», a réagi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à peine sa nomination officielle.

Le président français François Hollande a réitéré son souhait de voir les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE être «engagées le plus rapidement possible», lors d'un entretien téléphonique avec Mme May.

La chancelière allemande Angela Merkel a également appelé Mme May, un entretien lors duquel les deux dirigeantes ont souligné la nécessité de poursuivre «des relations amicales».

La 54e première ministre britannique est une eurosceptique qui avait rejoint le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire. Elle n'a pas dévoilé son calendrier lors de sa première allocution dans ses nouvelles fonctions.

Elle avait prévenu auparavant qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du Traité de Lisbonne - qui lance le processus de sortie de l'UE - avant la fin de l'année.

Lors de sa dernière séance de questions devant le Parlement, son prédécesseur David Cameron l'avait invitée à ne pas complètement tourner le dos aux 27 autres membres de l'Union.

Dans un éditorial intitulé «Nouveau Premier ministre, mêmes problèmes», le quotidien The Guardian résumait jeudi les défis qui attendent Mme May: «Pas d'argent, pas de franche majorité et une grosse migraine: l'Europe».

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