Theresa May sera mercredi première ministre du Royaume-Uni

Theresa May, une eurosceptique passée dans le camp du... (PHOTO DANIEL LEAL-OLIVAS, AFP)

Agrandir

Theresa May, une eurosceptique passée dans le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, a affirmé lundi qu'elle respecterait la victoire des pro-Brexit, laissant peu d'espoirs à ceux au Royaume-Uni qui réclament une deuxième consultation sur l'UE.

PHOTO DANIEL LEAL-OLIVAS, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Remi BANET
Agence France-Presse
LONDRES

Theresa May deviendra mercredi la nouvelle Première ministre du Royaume-Uni après la décision surprise de sa concurrente Andrea Leadsom de se retirer de la course, et elle a déjà promis de négocier pour son pays le «meilleur accord» post-Brexit avec l'UE.

«Nous aurons un nouveau Premier ministre dans ce bâtiment derrière moi mercredi soir», a déclaré lundi le premier ministre David Cameron, démissionnaire pour cause de Brexit, devant le 10 Downing Street, ajoutant qu'il présenterait sa démission à la reine Elizabeth II mercredi après les questions au Parlement, et qu'il recommanderait Mme May comme sa remplaçante.

Dans sa première déclaration publique après l'annonce de son imminente nomination à Downing Street, Mme May, qui deviendra la deuxième Première ministre du pays après Margaret Thatcher (1979-1990), a affirmé vouloir que le Royaume-Uni «négocie le meilleur accord» de sortie de l'Union européenne et qu'il se construise «un nouveau rôle dans le monde».

«Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès», a martelé devant le Parlement britannique Theresa May, qui prend d'ores et déjà la tête du Parti conservateur.

Cette nomination a été précipitée par un nouveau coup de théâtre: la décision lundi matin d'Andrea Leadsom, pro-Brexit, de jeter l'éponge, quatre jours seulement après avoir été sélectionnée comme finaliste à la course à la succession de M. Cameron.

Cette annonce survient alors que Mme Leadsom a été violemment critiquée pour avoir menti sur son CV et surtout suggéré que sa concurrente était moins bien placée qu'elle pour gérer le pays parce qu'elle n'avait pas d'enfant.

Les deux femmes auraient dû initialement être départagées cet été par un vote des 150.000 adhérents du parti pour une annonce du résultat le 9 septembre.

Mme May, une eurosceptique passée dans le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, a affirmé lundi matin qu'elle respecterait la victoire des pro-Brexit, laissant peu d'espoirs à ceux au Royaume-Uni qui réclament une deuxième consultation sur l'UE.

«Je ne saurais être plus claire : il n'y aura pas de tentative pour rester au sein de l'UE», a-t-elle assuré.

«Le plus tôt sera le mieux»

«Le plus tôt on pourra résoudre cette situation problématique, mieux ce sera», lui a répondu depuis Bruxelles le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Avec l'intronisation annoncée de Mme May, les autres partis britanniques ont appelé à l'organisation rapide de nouvelles législatives.

«Il est crucial, en regard de l'instabilité provoquée par le vote pour le Brexit, que ce pays ait un premier ministre démocratiquement élu», a ainsi déclaré le coordinateur travailliste pour les élections, Jon Trickett.

Pendant ce temps, la guerre des chefs se poursuivait chez les travaillistes, après que la députée Angela Eagle eut annoncé sa candidature pour contester le leadership de Jeremy Corbyn.

Cette candidature ouvre la voie à de nouvelles élections pour désigner le chef du parti, dont les divisions ont été exacerbées par la victoire du Brexit.

Triomphalement élu en septembre à la tête du Labour grâce au vote des militants, M. Corbyn n'a jamais réussi à s'imposer auprès d'une grande partie des cadres du parti, qui le jugent trop à gauche, et incapable de remporter des élections législatives.

Les critiques ont redoublé ces deux dernières semaines, avec une motion de défiance des députés travaillistes et la démission des deux tiers de son cabinet fantôme.

«Période dangereuse»

Le comité exécutif du parti doit se réunir mardi pour décider s'il doit recueillir le soutien de 50 députés pour concourir, ou s'il est automatiquement candidat.

Soulignant que le pays traversait une «période dangereuse», Angela Eagle a estimé lundi que M. Corbyn n'était «pas capable de fournir le leadership» nécessaire.

«Il serait contraire à la justice et à l'équité que le leader en poste ne soit pas dans le scrutin», a répondu Diane Abbott, une proche de M. Corbyn, lundi sur la BBC.

Sur le front économique, le ministre des Finances George Osborne s'est rendu lundi à New York pour convaincre de la volonté de son pays de maintenir un climat favorable aux affaires, avant d'aller réitérer le message en Chine et à Singapour.

«Nous quittons peut-être l'Union européenne mais nous ne quittons certainement pas les marchés mondiaux et le libre-échange», a-t-il déclaré à la chaîne américaine MSNBC.

Quelle garde rapprochée pour Theresa May au gouvernement?

Theresa May a deux jours pour composer son équipe gouvernementale avant sa nomination comme premier ministre mercredi. Voici une liste des principaux prétendants aux grands ministères de son futur gouvernement, qui pourrait aussi comprendre un ministre chargé du Brexit:

Philip Hammond

Le ministre des Affaires étrangères de David Cameron pourrait récupérer le portefeuille des Finances et devenir le numéro deux du gouvernement.

Soutien de la première heure de Theresa May, Hammond, 60 ans, est considéré comme aussi discret -ce qui lui vaut le surnom d"homme gris"- qu'expérimenté.

Bien qu'eurosceptique, comme Theresa May, il a soutenu, tout comme elle, le «Remain» (rester) pendant la campagne du référendum qui a décidé le Brexit.

George Osborne

L'actuel ministre des Finances, très proche de David Cameron, a milité sans relâche à ses côtés pour essayer de convaincre les Britanniques de voter en faveur du maintien dans l'UE, au risque d'en faire trop pour susciter la peur des lendemains hors de l'UE.

Si le Brexit a coûté sa place à Cameron, il pourrait lui permettre de conserver un rôle clé au sein du Parti conservateur et obtenir un poste important dans le cabinet de Mme May. Il viserait le ministère des Affaires étrangères en remplacement de Philip Hammond.

Chris Grayling

Un des leaders de la campagne pro-Brexit, Chris Grayling, 54 ans, n'en est pas moins devenu le directeur de la campagne de Theresa May pour prendre la tête du parti conservateur et devenir première ministre.

Actuellement leader de la chambre des Communes, sa loyauté pourrait être récompensée par une promotion au poste de ministre de l'Intérieur.

Andrea Leadsom

Arrivée finaliste avec Theresa May dans la course à la succession de David Cameron, Andrea Leadsom, 53 ans, a préféré renoncer, après avoir été violemment critiquée pour avoir embelli son CV et surtout suggéré que sa concurrente était moins bien placée qu'elle pour gérer le pays parce qu'elle n'avait pas d'enfant.

Theresa May pourrait inviter cette figure du camp pro-Brexit, qui a eu le soutien de dizaines de députés, à rejoindre son cabinet, dans un souci d'unité.

Elle peut aussi coopter deux autres figures de la campagne pro-Brexit, Michael Gove -qui a échoué à devenir premier ministre- et Boris Johnson -qui lui, a renoncé à candidater à la dernière minute.

Amber Rudd

Ministre de l'Énergie de David Cameron, Amber Rudd, 52 ans, a la réputation d'être efficace et fiable et a soutenu Theresa May dans sa course au pouvoir dès le départ.

Élue députée en 2010 après une carrière dans la finance, elle pourrait être l'une des figures féminines de premier plan du gouvernement de Mme May, après celle qui deviendra la deuxième première ministre du pays depuis Margaret Thatcher.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer