À 12 jours de l'Euro, la France menacée de nouvelles grèves

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La fronde menace de gagner les transports, stratégiques pour les centaines de milliers de partisans de foot attendus pendant l'Euro.

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Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse
PARIS

La fronde sociale en France s'arrêtera-t-elle avant le début de l'Euro-2016 de football? A 12 jours du coup d'envoi de la compétition, de nouvelles grèves annoncées dans les transports entretiennent les inquiétudes.

Le mécontentement porte sur une réforme du droit du travail que le gouvernement socialiste, à l'impopularité record, veut mener à bout malgré l'opposition d'une partie de son camp.

Des revendications sectorielles se sont greffées à ce mouvement social, avec des grèves prévues à partir de mardi dans les chemins de fer, à partir de jeudi dans le métro parisien, et bientôt chez les pilotes de la compagnie Air France.

Dégradations en marge des manifestations, affrontements entre les forces de l'ordre et des militants, stations-service à sec...: le Comité du tourisme de Paris et sa région s'est alarmé lundi des conséquences de ces «événements sociaux» pour l'image du pays.

«Les scènes de guérilla en plein Paris, relayées dans le monde entier, renforcent le sentiment de crainte et d'incompréhension des visiteurs dans un contexte déjà anxiogène», a souligné son président Frédéric Valletoux.

Pour lui, après un début d'année plombé par les attentats de novembre à Paris, «il est encore temps de sauver la saison touristique en mettant fin à ces blocages» avant l'Euro-2016 (10 juin-10 juillet).

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a relativisé la situation. «La France a toujours su faire face, et je suis sûr qu'il s'agit d'une situation ponctuelle, notre pays fonctionne», a-t-il déclaré.

Après une série de manifestations dans toute la France, la contestation a gagné récemment le secteur pétrolier. Pour éviter la pénurie de carburant, le gouvernement a ordonné le déblocage des dépôts et puisé dans les réserves stratégiques.

Malgré ces efforts, six des huit raffineries du pays étaient toujours à l'arrêt ou au ralenti lundi, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Et le secteur des matériaux de construction a indiqué souffrir de ruptures d'approvisionnement.

La fronde menace désormais de gagner les transports, stratégiques pour les centaines de milliers de fans de foot attendus pendant l'Euro.

«Bazar» franco-français

Dans les chemins de fer, où des négociations sur le temps de travail entrent dans leur phase finale, une grève reconductible est prévue à partir de mardi soir.

De leur côté, les pilotes du syndicat majoritaire de la compagnie Air France ont voté lundi le principe d'une grève d'au moins six jours pour contester la baisse prochaine de leur rémunération. Si aucune date n'a été fixée, il y aura «forcément des actions en juin», selon un porte-parole.

«Nous sommes le seul pays à pratiquer ce phénomène franco-français qui consiste à mettre le bazar au moment où on a envie de faire venir les gens», a déploré le député d'opposition Luc Chatel (droite).

Pierre Gattaz, le président du Medef, principale organisation patronale du pays, a accusé les leaders du syndicat contestataire CGT de se comporter «un peu comme des voyous, comme des terroristes».

Philippe Martinez, le numéro un du syndicat CGT, qui est à la pointe de la fronde, a jugé «scandaleux» les propos de M. Gattaz. Sur la question de l'Euro-2016, il a renvoyé la balle au gouvernement. «On ne va pas empêcher les gens d'aller voir les matchs de foot, mais il faut que le gouvernement aussi veuille discuter. Tout est entre (ses) mains», a-t-il dit.

Après avoir revu son texte initial pour obtenir le soutien des syndicats réformateurs, l'exécutif n'a pas souhaité faire davantage de concessions et a eu recours à une arme constitutionnelle pour faire passer sa réforme en première lecture à l'Assemblée nationale sans vote des députés.

La réforme est «un bon texte», a répété lundi le Premier ministre Manuel Valls, qui se dit déterminé à aller «jusqu'au bout» malgré la fronde de parlementaires socialistes.

Le président François Hollande a lui aussi réaffirmé sa détermination à ne pas céder. Le projet de loi «ne sera pas retiré», a-t-il assuré dans un entretien à paraître mardi dans le quotidien régional Sud Ouest. «C'est une loi de progrès utile à notre pays» et «je considère qu'il est nécessaire de le mener jusqu'à son terme», a-t-il dit.

Pour l'exécutif, la loi doit permettre d'adapter les règles du travail à la réalité de l'entreprise et de favoriser ainsi la lutte contre un chômage endémique (10%). Ses détracteurs estiment qu'elle accroîtra au contraire la précarité de la situation des salariés.

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