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96 personnes tuées dans le stade de Hillsborough en 1989: la police montrée du doigt

À l'extérieur du tribunal, des proches des victimes... (PHOTO PHIL NOBLE, REUTERS)

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À l'extérieur du tribunal, des proches des victimes ont entonné «You'll never walk alone», le chant des partisans de Liverpool, alors que d'autres agitaient des banderoles proclamant «Justice pour les 96».

PHOTO PHIL NOBLE, REUTERS

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Paul ELLIS
Agence France-Presse
WARRINGTON

Après 27 ans de rebondissements, un jury a conclu mardi que les décès de 96 amateurs de soccer morts écrasés lors d'une bousculade dans le stade de Hillsborough à Sheffield n'étaient pas accidentels et a mis en cause la police.

Peu après la décision rendue par la justice, la police a présenté ses «excuses sans réserve» aux familles des 96 victimes.«Je veux présenter des excuses sans réserve aux familles et à tous ceux affectés», a déclaré le commissaire de la police de South Yorkshire, David Crompton, ajoutant que les forces de l'ordre acceptaient «sans équivoque» les conclusions de l'enquête ayant établi la responsabilité de la police.

«Le 15 avril 1989, la police de South Yorkshire a échoué de manière catastrophique à assurer le maintien de l'ordre de la demi-finale de la Coupe d'Angleterre», a-t-il reconnu. «C'était et c'est toujours le plus grand désastre de l'histoire du sport britannique.»

Les jurés, réunis à Warrington, dans le nord de l'Angleterre, ont également exonéré les partisans de Liverpool, qui rencontrait Nottingham Forest en demi-finale de la Coupe d'Angleterre, et pointé du doigt la construction du stade et le fait qu'il ait été certifié conforme.

Dès l'annonce de la décision, les familles des victimes ont explosé de joie et d'émotion, entre pleurs, rires et chants. Plusieurs femmes brandissaient de grands portraits de jeunes victimes à la sortie du tribunal.

Se tenant par la main, les proches ont entonné «You'll never walk alone», le chant des partisans de Liverpool. D'autres agitaient des banderoles proclamant «Justice pour les 96».

Le premier ministre conservateur David Cameron a promptement salué dans un tweet une «justice attendue depuis trop longtemps».

Déjà en 2012, il avait présenté des excuses publiques pour l'invraisemblable suite d'atermoiements qui ont entouré les enquêtes autour du drame.

«Justice, enfin JFT96», a tweeté l'ancien capitaine de l'équipe de football de Liverpool, Jamie Carragher.

Un amateur de soccer présent durant la tragédie... (PHOTO ARCHIVES AP) - image 5.0

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Un amateur de soccer présent durant la tragédie est assis seul devant une clôture à moitié détruite, au stade de Hillsborough, à Sheffield, le 15 avril 1989. 

PHOTO ARCHIVES AP

Les jurés se sont montrés accablants pour la police et les officiers chargés de la sécurité du stade, estimant qu'il y avait eu des manquements dans l'organisation, et dénonçant en particulier une erreur dans la prise de décision, la fatidique ouverture d'une porte du stade qui avait entraîné la bousculade meurtrière.

Preuves manipulées

Le 15 avril 1989, au cours de la demi-finale de la Coupe d'Angleterre entre Liverpool et Nottingham Forest dans le stade de Hillsborough, un mouvement de foule avait entraîné la mort de 94 personnes, compressées contre les grilles aux abords du terrain. Deux autres devaient décéder par la suite.

Alors que les partisans de Liverpool se pressaient devant les tourniquets, le coup d'envoi approchant, la sécurité avait fait ouvrir une porte conduisant à l'aile qui leur était réservée, pour alléger la pression. Mais les amateurs de soccer s'étaient rués sur une tribune déjà surpeuplée.

Le drame avait poussé les autorités à changer radicalement les normes de sécurité dans les stades anglais, avec uniquement des places assises, notamment.

Et pendant 27 ans, la catastrophe a donné lieu à un invraisemblable feuilleton judiciaire.

L'attitude des partisans avait dans un premier temps été mise en cause, la police les accusant d'être arrivés «ivres et en retard».

Mais il s'est ensuite avéré que la police avait manipulé des preuves pour se dédouaner.

En 2012, une décision établissant que la catastrophe était accidentelle avait été rejetée à la suite d'une campagne des familles, qui avaient réclamé une nouvelle enquête.

Le jury de Warrington, réuni la première fois en mars 2014 pour déterminer la cause et les circonstances des décès, s'est retiré le 6 avril pour délibérer, après avoir entendu plus de 800 témoins pendant deux ans, la procédure la plus longue jamais enregistrée au Royaume-Uni.

Cette procédure ne peut déboucher sur aucune sanction ni condamnation. Mais elle peut permettre l'ouverture d'une autre procédure pénale et d'un procès, sur la base des manquements et des dysfonctionnements que les jurés ont constatés.

Le parquet de Sa Majesté a ainsi immédiatement fait savoir dans un communiqué qu'il allait «étudier formellement si l'accusation de crime peut être portée contre un individu ou une institution sur la base des preuves produites».

Le feuilleton judiciaire ne fait ainsi que commencer.

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