• Accueil > 
  • International > 
  • Europe 
  • > Pologne: trois ex-Premières dames s'unissent contre l'interdiction de l'avortement 

Pologne: trois ex-Premières dames s'unissent contre l'interdiction de l'avortement

Des activistes manifestent contre le projet de loi... (PHOTO LUKASZ KAMINSKI, ARCHIVES AGENCJA GAZETA/REUTERS)

Agrandir

Des activistes manifestent contre le projet de loi visant à interdire totalement l'avortement, à Cracovie, le 3 avril.

PHOTO LUKASZ KAMINSKI, ARCHIVES AGENCJA GAZETA/REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
VARSOVIE

Les épouses de trois anciens présidents polonais, Mmes Danuta Walesa, Jolanta Kwasniewska et Anna Komorowska, ont dénoncé dans une lettre ouverte mardi une proposition de loi visant à interdire presque totalement l'avortement en Pologne.

«Nous accueillons avec une grande inquiétude l'idée d'abandonner le compromis de 1993 sur la loi anti-avortement», ont écrit les anciennes Premières dames dans ce texte parvenu à l'AFP.

La loi en vigueur en Pologne, très restrictive, mais considérée comme un «compromis» entre l'Église et l'État, autorise l'IVG dans trois cas : risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon, et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

Des organisations anti-avortement viennent de soumettre au Parlement, avec le soutien de l'Église catholique et des conservateurs au pouvoir, un texte durcissant cette législation.

Selon leur proposition, une IVG serait interdite également en cas de viol ou de malformation du foetus, et uniquement autorisée pour préserver la vie de la mère. Le texte porte la peine maximale pour la personne qui pratique l'avortement à 5 ans de prison, contre 2 ans actuellement.

«Tout avortement est un drame. Mais on ne peut aggraver le drame des femmes en les forçant à accoucher d'un enfant conçu lors d'un viol, ou de risquer leur vie et leur santé, voire celles de leur enfant», déclarent les épouses des ex-présidents Lech Walesa, Aleksander Kwasniewski et Bronislaw Komorowski.

Elles estiment que l'abandon des dispositions actuelles risquerait de faire «passer d'une extrémité à l'autre, selon le pouvoir en place».

Interrogée par la radio privée ZET, l'épouse de Lech Walesa a été plus directe en lançant à Jaroslaw Kaczynski, chef du parti conservateur PiS au pouvoir, une pique personnelle. «J'en appelle à vous, reprenez vos esprits! Vous n'avez pas d'enfant, pas de femme. Que savez-vous de la vie des abeilles si vous n'habitez pas une ruche».

Plus tôt, des députées libérales ont appelé l'épouse du président conservateur actuel Andrzej Duda à prendre position, mais la présidence a fait savoir qu'elle n'allait pas intervenir dans ce débat qui a déjà provoqué des manifestations de rue à travers la Pologne.

Les médias rappellent qu'une tentative précédente de durcir la loi anti-avortement avait rencontré l'opposition de Maria Kaczynska, l'épouse du président conservateur Lech Kaczynski, morte avec lui en 2010 dans l'écrasement de l'avion présidentiel. Son opinion lui avait alors valu des foudres de la part de Radio Maryja, une chaîne catholique intégriste influente.

Selon les estimations des organisations féministes, entre 100 000 et 150 000 femmes ont recours à l'IVG chaque année en Pologne, clandestinement ou dans des cliniques allemandes, slovaques ou autrichiennes. Le nombre d'avortements autorisés en Pologne, pays de 38 millions d'habitants, oscille entre 700 et 1800 par an.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer