Un évêque français ne «saurait dire» si la pédophilie est un péché

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Mgr Lalanne (au centre) intervenait dans le cadre d'une émission consacrée à «L'Église de France face à la pédophilie» alors que l'un des prélats français les plus en vue, le cardinal et archevêque de Lyon Philippe Barbarin (à gauche), fait l'objet d'une enquête judiciaire pour non-dénonciation d'agressions sexuelles par un prêtre de son diocèse.

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Agence France-Presse
LYON, France

Un êvêque français s'est attiré les foudres de victimes de pédophiles, en ne qualifiant pas rigoureusement de «péché» la pédophilie, avant de faire machine arrière mercredi, alors qu'un cardinal fait l'objet d'une enquête pour non dénonciation de crimes.

«La pédophilie est un mal. Est-ce que c'est de l'ordre du péché? Ca, je ne saurai pas dire, c'est différent pour chaque personne. Mais c'est un mal et la première chose à faire c'est de protéger les victimes ou les éventuelles victimes», avait déclaré mardi Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise sur RCF, réseau de 63 radios chrétiennes francophones.

«On est dans l'ordre du péché mais est-ce que cet homme est pécheur au sens strict du terme? Je ne peux pas le dire, à chaque fois, on ne peut pas parler de façon générale», avait-il dit.

Mgr Lalanne intervenait dans le cadre d'une émission consacrée à «L'Église de France face à la pédophilie» alors que l'un des prélats français les plus en vue, le cardinal et archevêque de Lyon Philippe Barbarin, fait l'objet d'une enquête judiciaire pour non dénonciation d'agressions sexuelles par un prêtre de son diocèse.

Un peu plus tard, devant les réactions de certains auditeurs, l'évêque a précisé: «C'est un mal profond. Les choses sont très, très claires. Est-ce que c'est péché ou pas? Je ne sais pas et ça peut être différent suivant chacun. Donc on ne peut pas généraliser».

Ces propos ont déclenché une vive polémique. L'association La Parole Libérée, qui a révélé les agressions contre des mineurs commises par un prêtre à Lyon, a notamment dénoncé une «communication de l'Eglise de France empreinte de maladresses et d'amateurisme» et des propos qui résonnent «de manière violente et dégradante pour les victimes d'actes de pédophilie».

Face au malaise, Stanislas Lalanne est revenu sur ses propos mercredi soir: «La pédophilie, dans tous les cas, est un péché objectivement grave, "un crime atroce qui offense Dieu et blesse la dignité de la personne humaine créée à son image" (Benoît XVI)», a-t-il écrit, dans un communiqué.

«La question difficile qui se pose pour chaque cas, c'est le degré de conscience et donc de responsabilité de celui qui commet des actes aussi atroces», a-t-il ajouté.

Les révélations de La Parole Libérée ont conduit à l'inculpation fin janvier du prêtre Bernard Preynat, pour des agressions sexuelles commises il y a plus de 25 ans contre des scouts, et à l'ouverture d'une enquête pour non dénonciation visant les responsables du diocèse, dont le cardinal Barbarin.

Depuis, quatre autres affaires anciennes de religieux accusés de pédophilie ou d'agressions sexuelles sont venues ou revenues à la surface dans le diocèse de Lyon.

Le pape François, comme ses deux prédécesseurs, a plusieurs fois condamné clairement la pédophilie comme un «péché».

En février encore, il déclarait: «c'est une monstruosité, parce qu'un prêtre est consacré pour conduire une enfant à Dieu, et là il le "mange" dans un sacrifice diabolique. Il le détruit».

Pour Jean-Paul II, il était «juste que la société le considère comme un crime. Mais c'est aussi un péché détestable aux yeux de Dieu».

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