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Liberté de la presse: Erdogan rejette toute «leçon de démocratie» des Occidentaux

Le président turc Recep Tayyip Erdogan en visite... (PHOTO OLIVIER DOULIERY, AFP)

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan en visite au Maryland, le 2 avril.

PHOTO OLIVIER DOULIERY, AFP

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Agence France-Presse
ANKARA

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rejeté lundi « toute leçon de démocratie » de la part des Occidentaux en matière de la liberté de la presse en Turquie, en réponse aux critiques insistantes sur la dérive autoritaire de son régime.

« Ceux qui tentent de nous donner une leçon de démocratie et de droits de l'Homme doivent d'abord contempler leur propre honte », a déclaré M. Erdogan lors d'un discours télévisé prononcé à Ankara.

Vendredi dernier, au lendemain d'un entretien avec l'homme fort de Turquie à Washington, le président américain Barack Obama avait dénoncé « le chemin très inquiétant » pris par la Turquie en matière de liberté de la presse.

Le chef de l'État turc s'était dit « attristé » par les propos de son homologue.

Les autorités turques sont accusées de vouloir museler la presse d'opposition, en particulier depuis la récente mise sous tutelle du quotidien Zaman et le procès intenté à deux grands journalistes du journal Cumhuriyet, Can Dündar et Erdem Gül, menacés de la prison à vie pour avoir révélé des secrets d'État.

Lundi, M. Erdogan s'en est à nouveau défendu et a renvoyé la balle à ses critiques.

Aux États-Unis, « une personne qui a insulté le président a écopé d'une peine de trois ans d'emprisonnement et en Allemagne c'est deux ans de prison pour quelqu'un qui a insulté [la chancelière allemande, Angela] Merkel », a-t-il affirmé.

« Ça n'a rien à voir avec la liberté d'opinion ou de presse », a insisté le président turc.

Depuis son élection à la présidence en août 2014, M. Erdogan a multiplié les poursuites pour « insultes », visant aussi bien artistes et journalistes que simples particuliers.

Il a une nouvelle fois critiqué lundi la décision de la Cour constitutionnelle de remettre en liberté MM. Dündar et Gül, qui ont passé plus de trois mois en détention préventive, l'accusant d'avoir « trahi » la Constitution.

La plus haute instance judiciaire de Turquie est l'une des rares institutions qui n'est pas encore contrôlée par le parti de M. Erdogan, au pouvoir depuis 2002.

Dans le même temps, la police turque a interpellé cinq journalistes pour leurs écrits sur le scandale de corruption qui avait éclaboussé M. Erdogan et son gouvernement à la fin 2013, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Ils sont poursuivis pour violation du secret de l'instruction et pour appartenance à une « organisation terroriste », en l'occurrence le mouvement de l'imam Fethulah Gülen, accusé d'avoir orchestré cette affaire pour nuire à l'homme fort du pays.

Lors d'une conversation téléphonique, le premier ministre turc Ahmet Davutoglu s'est par ailleurs plaint lundi auprès de la chancelière allemande Angela Merkel des attaques « inacceptables » lancées par la presse allemande contre M. Erdogan.

À la une de sa dernière édition lundi, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel a publié une caricature du président turc, qualifié de « l'homme furieux du Bosphore ».

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