Vatileaks: Francesca Chaouqui accapare le devant de la scène

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«M'accuser de mafia, moi qui suis de Calabre, est la pire attaque qu'on puisse faire contre moi», a déclaré Francesca Chaouqui.

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Jean-Louis DE LA VAISSIERE
Agence France-Presse
Cité du Vatican

Francesca Chaouqui, jeune Italienne controversée au centre d'un scandale de fuites de documents confidentiels au Vatican, a de nouveau accaparé mardi le devant de la scène dans la petite salle d'audiences du Saint-Siège où elle est jugée depuis novembre.

Elle comparaissait pour la deuxième journée consécutive avec le prélat espagnol Lucio Angel Vallejo Balda, qui l'accuse de le faire chanter et avec qui elle aurait eu une relation amoureuse.

Coaccusés également au procès pour avoir sollicité et obtenu des documents confidentiels de Mgr Balda et de Mme Chaouqui, figurent deux journalistes, Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi, auteurs de deux livres sur les dysfonctionnements au Vatican. Mais seul le premier était présent.

Les débats de mardi --la fin de l'interrogatoire de Mgr Valda et l'interrogatoire du journaliste Fittipaldi-- ont largement porté sur leurs relations avec Mme Chaouqui, leurs entretiens, leurs déjeuners, les échanges de mails, les communications de documents confidentiels.

Mme Chaouqui, enceinte de six mois, dont Mgr Valda avait cité la veille un propos ambigu sur la mafia, est arrivée mardi matin au tribunal du petit État en exhibant aux représentants des médias qui couvraient le procès un gros livre contenant sa thèse de lauréat à l'univervité La Sapienza de Rome, dédicacé aux juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, magistrats anti-mafia assassinés par Cosa Costra dans les années 90.

«M'accuser de mafia, moi qui suis de Calabre, est la pire attaque qu'on puisse faire contre moi».

«Monde dangereux» 

Pendant le débat, Mme Chaouqui a attentivement écouté, secouant souvent la tête quand les autres accusés ou les juges parlaient des «menaces» qu'elle aurait proférées et du «monde dangereux» auquel elle appartiendrait. C'est en raison de ces relations avec des personnages importants que Mgr Vallejo Balda aurait longtemps cru que la jeune femme faisait partie des services secrets italiens.

Un message de Mme Chaouqui au prélat espagnol a notamment été cité mardi: «je te détruirai dans toute la presse et tu sais que je peux le faire».

Mme Chaouqui n'a pas échangé un mot avec Mgr Balda, à côté duquel elle était assise. Mais celui-ci ne l'a pas épargné, l'accusant à demi-mots d'être la véritable instigatrice de ce scandale et de l'avoir manipulé.

«Elle se vantait d'avoir beaucoup d'informations sur ma vie privée, mes biens et de mes problèmes avec le fisc», a confié le prélat, proche de l'Opus Dei. «J'ai senti qu'ils savaient des choses sur moi (...) et je me suis senti poussé à bien me tenir», a encore confié le prélat, faisant égalemnt référence aux deux journalistes jugés devant le Vatican.

Agitée, fermant les yeux, se levant, allant de long en large, ou en consultation avec son avocat, elle a ostensiblement montré qu'elle ne se sentait pas bien lors de cette audience.

En fin de séance, Mme Chaouqui s'est levée précipitamment et s'est ruée hors de la petite salle, la main sur la bouche. Des médecins ont été appelés ainsi que le commandant de la Gendarmerie vaticane, Domenico Gianni. Elle est réapparue au fond de la salle, son malaise apparemment surmonté.

Son avocate a expliqué que sa cliente pourrait nécessiter une hospitalisation en liaison avec sa grossesse. Le président Dalla Torre a alors indiqué que le procès, dont une nouvelle audience est prévue vendredi, pourrait alors être retardé jusqu'à sa sortie de l'hôpital.

Le procès touche indirectement le pape François, engagé dans une réforme difficile de la Curie et qui a souligné sa volonté de continuer la lutte contre la corruption. Il a exprimé son désir de voir la page tournée au plus vite.

Le procès sur la fuite de documents confidentiels provenant d'une commission sur les réformes économiques et financières du Vatican, la COSEA, instituée par le pape François, avait commencé à l'automne. Il avait été interrompu pendant plus de trois mois, le temps de collecter et d'examiner des fichiers informatiques à la demande de plusieurs des cinq accusés. Il a repris lundi.

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