Appartenance à l'UE: le Royaume-Uni tiendra son référendum le 23 juin

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Le premier ministre David Cameron a prononcé une brève allocution devant le 10 Downing Street, samedi.

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne se tiendra le 23 juin 2016, a annoncé samedi le premier ministre David Cameron à l'issue d'un conseil des ministres, le qualifiant de « l'une des plus grandes décisions » d'une génération.

Au lendemain de l'accord arraché à Bruxelles à ses homologues européens, le dirigeant britannique a réitéré que le Royaume-Uni sera « plus fort, plus en sécurité et plus prospère au sein d'une Union européenne réformée », lors d'une brève allocution devant le 10 Downing Street.

« Je ferai campagne avec tout mon coeur et toute mon âme pour persuader le peuple britannique de rester dans l'Union européenne réformée », a martelé M. Cameron, qui joue là sa place dans l'Histoire.

La partie s'annonce très délicate: avec 53 %, les Britanniques partisans d'une sortie de l'UE devançaient en janvier ceux d'un maintien (47 %), selon un sondage de l'institut Survation.

Le conseil des ministres - le premier à être organisé un samedi depuis la guerre des Malouines - sera l'occasion pour David Cameron de compter ses soutiens et ses opposants alors que plusieurs de ses ministres penchent pour le « Brexit ».

Son ministre de la Justice, Michael Gove, a d'ores et déjà annoncé sa volonté de faire campagne pour une sortie de l'UE, selon Cameron qui s'est dit « déçu mais pas étonné ».

« Félicitations Michael Gove », a tweeté le magnat des médias Rupert Murdoch, notamment propriétaire du Sun et du Times, saluant un ministre qui fait passer « ses principes avant ses amitiés personnelles ».

« Accord pathétique » 

David Cameron doit faire face à un puissant courant eurosceptique dans son propre parti et les noms du ministre du Travail Iain Duncan Smith et de la secrétaire d'État à l'Emploi Priti Patel circulent comme d'autres potentiels partisans d'un « Brexit ».

Du côté des eurosceptiques convaincus, comme le chef du parti europhobe et anti-immigration Ukip, Nigel Farage, la messe est déjà dite.

« C'est un accord vraiment pathétique », a jugé ce dernier. « Quittons l'UE, contrôlons nos frontières, dirigeons notre propre pays et arrêtons de donner 55 millions de livres tous les jours à Bruxelles. »

« Je crois en la Grande-Bretagne. Nous sommes assez compétents pour être une nation indépendante et autonome en dehors de l'UE. C'est une chance en or », a-t-il déclaré, reflétant la vision de tous ceux qui pensent que le Royaume-Uni s'en sortirait mieux en dehors du bloc des 28.

« Nous devrions nous méfier de ceux qui prétendent que quitter l'Europe conduit automatiquement au pays de Cocagne », a prévenu vendredi soir David Cameron. « Nous devons prendre du recul et examiner attentivement ce qui est le mieux pour la Grande-Bretagne, et le mieux pour notre avenir ».

Le dirigeant va devoir mener « une lutte acharnée » pour convaincre ses compatriotes, a prévenu le quotidien The Times, affichant son scepticisme face à l'accord obtenu à Bruxelles comme la plupart des titres de la presse britannique - à l'exception du Guardian et du Financial Times.

« Compromis équitable » 

L'accord, adopté après un premier échange de vues jeudi soir et une journée d'intenses tractations vendredi, « renforce le statut spécial de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne », selon le président du conseil européen, Donald Tusk.

Mais cela sans « dérogation aux règles » européennes, a souligné François Hollande. « Il n'y a pas de révision prévue des traités et de droit de veto du Royaume-Uni sur la zone euro, ce qui pour la France était très important », a ajouté le président français.

« C'est un compromis équitable, qui ne nous a pas été facile sur chaque problème », a souligné la chancelière allemande Angela Merkel, en estimant que les partenaires de M. Cameron n'avaient « pas fait trop de concessions ».

Le premier ministre britannique s'est notamment flatté d'avoir obtenu de nouvelles restrictions sur l'accès au système d'aides sociales pour les migrants intraeuropéens, un sujet qui irritait notamment les pays d'Europe centrale et de l'Est, dont de nombreux ressortissants vivent au Royaume-Uni.

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