Le TPIY rendra son jugement contre Radovan Karadzic le 24 mars

Radovan Karadzic, 70 ans, est notamment accusé de... (PHOTO MICHAEL KOOREN, ARCHIVES AFP)

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Radovan Karadzic, 70 ans, est notamment accusé de génocide pour le massacre de près de 8000 hommes et garçons musulmans par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en juillet 1995, le pire à avoir été commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

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Jo Biddle
Agence France-Presse
LA HAYE

Après sept ans derrière les barreaux, l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, saura le 24 mars s'il est jugé coupable des pires crimes commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il deviendra le plus haut responsable à être jugé par le tribunal pour des crimes présumés commis pendant la guerre de Bosnie, après la mort en 2006, au cours de son procès, de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic.

Autrefois fugitif le plus recherché du continent, Radovan Karadzic avait échappé à la justice internationale pendant près de 13 ans, se cachant sous l'identité d'un spécialiste de médecine alternative, arborant une barbe blanche nourrie.

Arrêté dans un bus à Belgrade en juillet 2008, il est transféré à La Haye où il plaide, en mars 2009, non coupable des crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre qui lui sont reprochés.

Son procès - ralenti par ses problèmes de santé - se termine en octobre 2014 après 497 jours d'audiences et 586 témoins. Radovan Karadzic attend le jugement, qui sera rendu à 14 h heures locales, dans sa cellule de La Haye.

Radovan Karadzic, 70 ans, est notamment accusé de génocide pour le massacre de près de 8000 hommes et garçons musulmans par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en juillet 1995, le pire à avoir été commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon l'accusation, ce massacre s'inscrit dans le cadre du «nettoyage ethnique» de larges territoires de la Bosnie qui aurait été planifié par Radovan Karadzic avec le général Ratko Mladic et l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic à l'issue du démantèlement de la Yougoslavie en 1991.

Leur but était de chasser musulmans, Croates et autres minorités de ces zones pour créer un État serbe ethniquement pur, selon le bureau du procureur.

«Nous avons attendu longtemps, mais c'est important que Karadzic soit encore en vie pour que le jugement puisse être prononcé. Malheureusement, ce n'était pas le cas dans le procès de Slobodan Milosevic», a affirmé à l'AFP Munira Subasic, présidente de l'association des mères de Srebrenica.

«Nous espérons que Ratko Mladic sera vivant pour entendre son verdict», a-t-elle ajouté, évoquant le chef militaire des Serbes de Bosnie, également jugé par le TPIY.

«Un des plus méchants hommes de l'histoire»

Lors de la présentation de sa défense, Radovan Karadzic avait affirmé n'avoir «aucun doute» sur l'issue du procès. «Je serai acquitté», avait-il déclaré, se qualifiant «d'ami des musulmans».

Il doit répondre de 11 chefs d'accusation, dont génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés commis pendant la guerre de Bosnie, qui a fait environ 100 000 morts et a provoqué le déplacement de 2,2 millions de personnes entre 1992 et 1995.

Pour les Croates et les musulmans de Bosnie, Karadzic n'est rien d'autre qu'un mégalomaniaque responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes.

Mais pour beaucoup de Serbes, cet homme à l'épaisse chevelure grise en bataille est un «héros» du conflit qui a suivi la proclamation de l'indépendance de la Bosnie de la Yougoslavie.

«J'espère aussi que ceux qui l'admirent encore apprendront quelque chose de ce jugement et que tout le monde comprendra que les crimes ne sont pas la voie juste», a ajouté Munira Subasic.

Le défunt diplomate américain, Richard Holbrooke, architecte de l'accord de paix de Dayton (États-Unis) qui avait mis fin à la guerre en Bosnie, le décrivait comme «un des pires, des plus méchants hommes dans le monde».

L'accusation a requis la prison à vie à l'encontre de M. Karadzic, qui assure lui-même sa défense avec l'aide d'un conseiller juridique.

Ancien président de la république unilatéralement proclamée des Serbes de Bosnie, la Republika Srpska, il est également poursuivi pour le siège de Sarajevo qui a duré 44 mois et au cours duquel 10 000 personnes ont été tuées.

«J'ai fait tout ce qui était humainement possible pour éviter la guerre et réduire la souffrance humaine», déclarait-il aux juges du TPIY fin 2012.

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