L'ex-premier ministre Ayrault devient chef de la diplomatie française

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Jean-Marc Ayrault est le nouveau ministre français des Affaires étrangères.

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Marie WOLFROM, Hervé ASQUIN
Agence France-Presse
PARIS

Le président socialiste français François Hollande, très impopulaire, a remanié jeudi son gouvernement à un peu plus d'un an de la présidentielle 2017, plaçant à la tête de la diplomatie l'ex-premier ministre Jean-Marc Ayrault et élargissant l'exécutif aux écologistes.

Jean-Marc Ayrault succède à Laurent Fabius, choisi mercredi pour devenir président du Conseil constitutionnel. Ségolène Royal, ex-compagne de François Hollande et qui avait été citée en tant que possible ministre des Affaires étrangères, reste ministre de l'Environnement.

Les écologistes, qui avaient quitté le gouvernement en avril 2014, y reviennent pour prendre trois postes ministériels dans cette équipe élargie à 38 ministres (19 hommes, 19 femmes), contre 32 précédemment.

Ce remaniement était envisagé depuis plusieurs mois. Quatre ministres s'en vont du gouvernement (Affaires étrangères, Culture, Logement et Fonction publique) et les écologistes qui y reviennent vont s'occuper du Logement, des Relations internationales sur le climat et de la Réforme de l'État.

La dirigeante du parti écologiste Europe Écologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse (Logement), s'est aussitôt dite «heureuse» de poursuivre son «engagement pour une écologie en action».

Le cap politique reste le même avec le maintien aux commandes du premier ministre, Manuel Valls. Les ministres régaliens (Intérieur, Défense) conservent également leurs portefeuilles, la stabilité l'ayant emporté dans un contexte de menace terroriste très élevée depuis les attentats djihadistes de 2015.

Au plus bas dans les sondages, critiqué au sein de sa majorité sur ses choix économiques et sécuritaires, François Hollande veut reprendre l'initiative dans la perspective d'une candidature à sa succession.

Le président doit «à tout prix élargir sa base politique» dans la perspective de 2017, relevait peu avant le remaniement un de ses proches. «On ne peut pas aborder une présidentielle sans une famille socialiste rassemblée derrière son candidat et sans les écologistes», analysait cet intime.

François Hollande a fort à faire s'il entend profiter de ce remaniement pour redorer son blason dans l'opinion à 15 mois de la fin du quinquennat. Après une remontée spectaculaire au lendemain des attentats, sa cote de popularité s'est effondrée ces dernières semaines.

Trois Français sur quatre (75 %) considèrent que sa réélection en 2017 n'est pas «souhaitable», selon des sondages rendus publics cette semaine.

Fronde

L'élan recherché par le chef de l'État ne s'annonce pas évident. Depuis la nomination de Manuel Valls en mars 2014, la fronde gronde chez une partie des socialistes et les écologistes sont profondément divisés.

Souvent qualifié de «social-libéral», le premier ministre est critiqué par la gauche de la gauche pour ses mesures en faveur des entreprises, mais aussi pour les mesures sécuritaires très fermes prises après les attentats de 2015.

Symbole de cette désunion, l'adoption laborieuse mercredi à l'Assemblée nationale (la chambre basse du Parlement) du projet de révision constitutionnelle, qui prévoit une mesure très controversée : déchoir de leur nationalité les Français coupables d'actes de terrorisme.

Seuls 165 des 287 députés de gauche ont voté pour ce texte, finalement adopté grâce aux voix venues de la droite... Et le destin de ce texte qui devait initialement symboliser l'union nationale contre la menace terroriste reste très aléatoire, puisqu'il doit être voté dans les mêmes termes par les deux chambres avant d'être adopté en Congrès par les trois cinquièmes des parlementaires.

François Hollande est aussi aux prises avec des forces centrifuges à gauche, où certains militent pour l'organisation de primaires afin de désigner le candidat à la présidentielle. Le dirigeant du Parti de gauche (extrême gauche), Jean-Luc Mélenchon, qui avait recueilli 11 % des voix en 2012, n'a quant à lui pas attendu et a annoncé mercredi sa candidature.

«Je ne crois pas que ça arrange la gauche et les écologistes», a réagi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

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