Présidentielle au Portugal: le candidat conservateur largement en tête

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Les photos des candidats apparaissent sur les bulletins déposés sur une table d'un bureau de vote du quartier Odivelas, le 24 janvier à Lisbonne.

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Brigitte HAGEMANN
Agence France-Presse
LISBONNE

Le grand favori de l'élection présidentielle au Portugal, le candidat conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, est arrivé dimanche largement en tête du scrutin mais n'était pas assuré d'être élu dès le premier tour.

Ce professeur de droit haut en couleurs de 67 ans est crédité de 49 à 55,7% des suffrages, devançant nettement son principal rival, l'indépendant de gauche Antonio Sampaio da Novoa, qui obtiendrait 19,3 à 25% des voix, selon les projections diffusées par les télévisions.

Enjeu clef de ce scrutin, le chef de l'Etat dispose du droit de dissoudre le Parlement, une arme décisive alors que le gouvernement socialiste en place depuis novembre dépend d'une alliance fragile avec la gauche radicale.

Un an et demi après la sortie du pays de son plan de sauvetage international de 78 milliards d'euros, l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement minoritaire soutenu par le Parti communiste et le Bloc de gauche avait suscité des inquiétudes en Europe.

«Je ne serai le président d'aucun parti», avait promis à plusieurs reprises M. Rebelo de Sousa, un spécialiste du droit constitutionnel, s'engageant à être «un arbitre au-dessus de la mêlée».

Populaire au-delà de son camp politique comme commentateur vedette à la télévision, Marcelo Rebelo de Sousa a mené une campagne très personnalisée, sans affiches ni tracts, privilégiant le contact direct avec les électeurs.

«Le professeur Marcelo est un homme politique expérimenté qui inspire confiance», estime Cesario Correia, un retraité de 69 ans, après avoir voté dans un quartier populaire de Lisbonne.

Un avis que ne partage guère José Nascimento, un comptable de 57 ans, qui a choisi une candidate de gauche: «Marcelo fait du spectacle, c'est une personnalité du show biz qui promet tout à tout le monde».

La gauche divisée 

Cette élection a réussi à mobiliser davantage de Portugais que lors du dernier scrutin présidentiel, avec un taux d'abstention se situant entre 48 et 53,2%, selon les projections des télévisions, contre un record de 53,5% en 2011.

Antonio Sampaio da Novoa, lui aussi professeur d'université, n'avait pas réussi à obtenir le soutien officiel du Parti socialiste, qui avançait en ordre dispersé, comptant notamment une autre candidate d'envergure, l'ancienne ministre de la Santé Maria de Belem Roseira (2,9 à 5,9% des voix).

Le Parti socialiste avait appelé à voter pour l'un ou l'autre de ces deux candidats, tablant sur un hypothétique second tour pour soutenir officiellement l'un d'eux.

Président du Parti social-démocrate (PSD, centre droit) de 1996 à 1999, Marcelo Rebelo de Sousa passe pour un électron libre de la politique portugaise, connu pour son indépendance d'esprit.

Si sa candidature disposait du soutien officiel du PSD et du CDS (droite), il a pris ses distances avec des partis associés à quatre ans d'austérité budgétaire.

«Il a mené une campagne consensuelle, à l'écart de son camp politique, visant à capter des voix à gauche et à droite», a expliqué à l'AFP le politologue José Antonio Passos Palmeira.

L'arme de la dissolution 

A part la couleur politique, tout le distingue du président sortant, Anibal Cavaco Silva, qui achève à 76 ans son deuxième quinquennat consécutif, dont la fin a été marquée par la crise née des élections législatives du 4 octobre.

Ce conservateur à l'allure rigide n'a jamais caché sa réticence à nommer un gouvernement socialiste appuyé au Parlement par des partis de gauche radicale anti-européens et opposés à l'Otan.

Cette alliance inédite en quarante ans de démocratie avait évincé du pouvoir la coalition de droite, arrivée en tête des élections, mais sans majorité absolue.

A l'inverse de M. Cavaco Silva, le «professeur Marcelo» s'est montré plutôt conciliant envers le gouvernement dirigé par Antonio Costa, son ancien élève à la faculté de droit de Lisbonne.

«Il ne sera pas l'ennemi politique du gouvernement socialiste», a déclaré à l'AFP le politologue Antonio Costa Pinto. Mais en cas de crise, «il n'hésitera pas non plus à convoquer de nouvelles élections, s'il est convaincu qu'elles déboucheront sur une majorité stable».

Au grand dam des ténors de la droite, qui misent sur leur candidat pour leur faciliter le retour au pouvoir, M. Rebelo de Sousa a qualifié d'«absolument absurde» l'hypothèse d'une dissolution du Parlement dès son arrivée au palais présidentiel.

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