Le mea culpa à saveur électorale de Sarkozy

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La défaite de 2012 face au socialiste François Hollande «me conduit à analyser ce que j'aurais dû faire différemment, à la fois dans la conduite des réformes et dans l'exercice de la fonction présidentielle», explique l'ex-chef de l'État (2007-2012) dans cet ouvrage intitulé La France pour la vie dans lequel il avance aussi des propositions pour «redresser» la France.

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Béatrice LE BOHEC
Agence France-Presse
PARIS

L'ex-président français de droite Nicolas Sarkozy dresse l'inventaire de son mandat plus de trois ans après avoir quitté le pouvoir dans un livre où il admet des «erreurs», un mea culpa qui intervient sur un chemin semé d'obstacles pour la présidentielle de 2017.

La défaite de 2012 face au socialiste François Hollande «me conduit à analyser ce que j'aurais dû faire différemment, à la fois dans la conduite des réformes et dans l'exercice de la fonction présidentielle», explique l'ex-chef de l'État (2007-2012) dans cet ouvrage intitulé La France pour la vie dans lequel il avance aussi des propositions pour «redresser» la France.

En difficulté depuis son retour en politique fin 2014, le chef du parti Les Républicains, bientôt 61 ans, tente depuis des mois de convaincre son camp qu'il est l'homme providentiel pour 2017. Avant cette échéance, il sera cependant confronté fin 2016 à une primaire réclamée par ses rivaux, dont l'ex-premier ministre Alain Juppé aujourd'hui favori.

«Avec ce livre, Nicolas Sarkozy ne rédige pas ses Mémoires, il propose un examen de soi en vue d'un éventuel retour au pouvoir», souligne vendredi le quotidien conservateur Le Figaro.

Côté politique, l'ex-président dit regretter «d'avoir retardé des réformes qui auraient dû être engagées dès les premiers jours de (son) quinquennat». Il évoque ainsi la modification du temps de travail hebdomadaire réglementaire fixé à 35 heures, qu'il avait résumé d'une formule contestée : «Travailler plus pour gagner plus».

Marquant un spectaculaire revirement, M. Sarkozy indique aussi qu'en cas de retour au pouvoir il n'abrogera pas le mariage homosexuel, légalisé au forceps en 2013. Cette nouvelle position a créé la «stupeur» parmi les opposants au mariage homosexuel, y compris dans son parti où l'un des candidats à la primaire a dénoncé un «parjure».

Côté personnalité, Nicolas Sarkozy, jugé clivant par ses détracteurs, regrette d'avoir «cédé à la colère» lorsqu'il avait lancé à un homme l'ayant insulté un retentissant «casse-toi pauvre con». Cette phrase avait été perçue comme un signe d'affaiblissement de la fonction présidentielle.

«Lorsque l'on veut devenir président, on se doit de considérer, de respecter et de s'intéresser à chacun», reconnaît-il dans son livre à paraître lundi, qui vient concurrencer plusieurs ouvrages récemment publiés par des ténors de son camp.

Nicolas Sarkozy regrette aussi d'être parti en vacances tout de suite après son élection sur le yacht luxueux d'un ami milliardaire, ce qui avait été très mal perçu dans une France en crise économique.

Il explique aujourd'hui avoir pensé à l'époque d'abord «au sauvetage de (sa) famille», c'est-à-dire de son couple formé avec Cécilia, qui divorcera peu après. «J'aurais dû (...) faire passer mon nouveau statut présidentiel avant toutes choses», admet celui qui fut aussi critiqué pour avoir ensuite étalé sa vie privée avec la chanteuse et mannequin Carla Bruni.

«Avoir raison avant l'heure...»

S'il franchit avec succès le cap de la primaire, son chemin vers le prochain scrutin présidentiel pourrait toutefois être contrecarré par une série d'affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité.

Il est notamment inculpé pour corruption et trafic d'influence actifs dans un dossier où il est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir fin 2013- début 2014 des informations couvertes par le secret auprès d'un magistrat contre promesse d'un poste de prestige.

Dans son livre, Nicolas Sarkozy évoque un autre dossier: citant Bygmalion, cette entreprise de communication qui s'est occupée de sa campagne présidentielle et dont les surfacturations ou fausses factures valent à plusieurs de ses proches d'être inculpés, l'ex-président assure qu'il ne «connaissait rien de cette société».

Faisant fi des menaces judiciaires, Nicolas Sarkozy multiplie néanmoins dans son livre les propositions (Europe, immigration, fiscalité, retraite...) pour redresser la France.

Évoquant les débats actuels, notamment sur la déchéance de nationalité pour tous les binationaux, il se targue d'avoir anticipé les orientations : «Avoir raison avant l'heure n'est pas nécessairement avoir tort».

François Bayrou, président du parti MoDem (centre-droit) s'est néanmoins interrogé vendredi: «Est-ce qu'il suffit de dire "Je me suis trompé à peu près sur tout" pour avoir raison à peu près sur tout?»

Certains responsables socialistes ont de leur côté mis en cause la «sincérité» de l'ex-président qui n'a pas eu «la moindre contrition» après sa défaite.

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