Dérapages racistes: nouvelle manifestation en Corse

« On se bat contre la racaille, mais pas... (PHOTO YANNICK GRAZIANI, AFP)

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« On se bat contre la racaille, mais pas contre les Arabes! », ont scandé, au porte-voix, les meneurs, appelant la foule à rester pacifique.

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Agence France-Presse
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Interdits de manifester dans la partie d'Ajaccio où des dérapages racistes se sont produits en fin de semaine, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dimanche dans d'autres quartiers populaires de cette ville du sud de la Corse, île française de Méditerranée.

Comme les jours précédents, les manifestants entendaient protester contre une embuscade survenue le soir de Noël dans un quartier populaire, les « Jardins de l'Empereur », au cours de laquelle deux pompiers et un policier appelés pour un feu avaient été blessés.

Les protestataires avaient été bloqués par la police à l'entrée des « Jardins de l'Empereur », une résidence qui compte quelque 480 logements et 1700 habitants, dont la moitié d'origine étrangère, et dans laquelle un arrêté préfectoral a interdit tout rassemblement.

« On se bat contre la racaille, mais pas contre les Arabes! », ont scandé, au porte-voix, les meneurs, appelant la foule à rester pacifique.

« On n'est pas des casseurs », « on n'est pas des racistes », a enchaîné le cortège qui s'est rendu à la préfecture, puis dans des quartiers populaires, avant de revenir devant la cité des « Jardins de l'Empereur », où une petite cinquantaine d'entre eux demeuraient en fin d'après-midi, a constaté un photographe de l'AFP.

Ils étaient empêchés d'entrer dans cette résidence par un important dispositif de police.

« L'arrêté a été parfaitement respecté », a résumé le préfet de Corse Christophe Mirmand dimanche soir sur la chaîne de télévision BFMTV, relevant que les manifestants n'avaient pas cherché à entrer dans le quartier visé par l'interdiction.

Vendredi et samedi, des centaines de manifestants avaient pénétré dans plusieurs quartiers populaires d'Ajaccio, dont les Jardins de l'empereur, aux cris de: « on est chez nous! », « Arabes dehors! ». Ils y avaient outre saccagé une salle de prière musulmane dans les « Jardins de l'Empereur ».

Samedi soir, le préfet a pris un arrêté pour éviter les débordements dans ce quartier qui surplombe la ville.

Le texte « qui prend effet aujourd'hui [dimanche, NDLR] et durera jusqu'au 4 janvier au moins » concerne « toutes les manifestations et les rassemblements, et les contrevenants sont passibles de sanctions pénales », a-t-il précisé à l'AFP.

Deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années ont été placés en garde à vue dimanche dans le cadre de l'enquête sur des incidents survenus dans l'après-midi du 24 décembre, a indiqué une source judiciaire.

Les forces de l'ordre et les services municipaux avaient alors dû procéder à l'enlèvement préventif de 400 palettes de bois, d'une tonne de pneumatiques et d'un engin incendiaire. Mais des feux avaient été tout de même allumés et une école du quartier avait fait l'objet d'actes de vandalisme.

Ces incidents surviennent dans un climat de tensions en France après les attentats djihadistes qui ont fait 130 morts à Paris le 13 novembre.

Les élections régionales de la mi-décembre ont donné lieu à une poussée historique de l'extrême droite. En Corse, les nationalistes l'ont emporté, prenant pour la première fois la tête de l'exécutif de cette île méditerranéenne rattachée à la France en 1768.

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