Photos d'exactions de l'EI: Marine Le Pen visée par une enquête

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Marine Le Pen a tweeté mercredi des photos insoutenables d'exactions du groupe État islamique.

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Agence France-Presse
Paris

La dirigeante d'extrême droite française Marine Le Pen est visée par une enquête après avoir tweeté mercredi des photos insoutenables d'exactions du groupe État islamique (EI), dont une photo du corps décapité du journaliste américain James Foley.

Le parquet de Nanterre, près de Paris, a annoncé à l'AFP avoir ouvert cette enquête pour «diffusion d'images violentes», à la suite d'un signalement des clichés par le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à la direction de la police judiciaire.

Mme Le Pen a posté trois photos d'exactions de l'EI avec le texte «Daech (ndlr, acronyme arabe de l'EI) c'est ça!», en réponse à un journaliste qu'elle accuse d'avoir dressé un «parallèle» entre son parti et l'EI. Parmi ces photos figurent un cliché de l'exécution d'un pilote jordanien brûlé vif en début d'année par les djihadistes et une image de la dépouille du journaliste américain James Foley après sa décapitation par l'EI en août 2014.

Les parents de James Foley se sont indignés mercredi de la publication de cette photo et ont appelé la dirigeante d'extrême droite à la retirer immédiatement.

«Nous sommes profondément choqués par l'utilisation qu'est faite de Jim pour le bénéfice politique de Le Pen et nous espérons que la photo de notre fils, ainsi que deux autres images explicites, seront retirées immédiatement», écrivent John et Diane Foley dans un communiqué.

Cette publication avait d'emblée valu à la présidente du Front national (FN) les foudres du Premier ministre socialiste Manuel Valls, qui l'a accusée d'être une «incendiaire du débat public».

Marine Le Pen a pour sa part assumé son acte. «M. Cazeneuve va venir me mettre les menottes? (...) Comme d'habitude on préfère condamner ceux qui condamnent que ceux qui commettent», a-t-elle dénoncé en fin de journée sur la radio Europe 1.

Tout a commencé mercredi matin dans une émission des médias d'information en continu BMFTV-RMC, quand le journaliste Jean-Jacques Bourdin, qui interviewait un spécialiste du monde arabe, a déclaré : «Je voudrais revenir sur les liens... euh... entre Daech et le Front... enfin les liens, pas les liens directs entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté... d'esprit, parce que l'idée pour Daech c'est de pousser la société française au repli identitaire.

«Réaction hystérique»

Ces propos ont suscité la colère de Marine Le Pen, dont le parti est arrivé en tête au premier tour des élections régionales en France avant d'échouer dimanche au second tour à conquérir la moindre région en raison d'alliances gauche-droite pour lui faire barrage et d'un sursaut de participation.

«Le parallèle fait ce matin par Jean-Jacques Bourdin entre Daech et le FN est un dérapage inacceptable. Il doit retirer ses propos immondes», a d'abord tweeté Mme Le Pen, avant de poster les trois photos d'exactions de l'EI.

Ces photos sont celles «de la propagande de Daech et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme», a réagi M. Cazeneuve devant les députés.

Le journaliste incriminé par Marine Le Pen a pour sa part jugé la réaction du FN «hystérique». «A aucun moment je n'ai dit que le FN était comme Daech. Je suis désolé de constater cette réaction hystérique des dirigeants du FN, tellement dérisoire. (...) J'ai vraiment trop de respect pour les électeurs du FN pour entrer dans une polémique parfaitement inutile», a déclaré Jean-Jacques Bourdin.

Outre Marine Le Pen, l'enquête ouverte à Nanterre vise aussi l'un des deux députés du FN, Gilbert Collard. Bouillant avocat, ce dernier a lui aussi tweeté une photo d'un homme victime de l'EI. «On ne fait que montrer l'ignominie haineuse de ceux qui nous assimilent à des tueurs», s'est-il justifié.

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