Régionales françaises: le président Hollande contre le FN

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Le président François Hollande invoque la «défense des valeurs de la République» contre l'extrême droite.

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Bertrand PINON
Agence France-Presse
PARIS

Le président François Hollande s'est immiscé mercredi dans la campagne des élections régionales en France, invoquant la «défense des valeurs de la République» contre l'extrême droite, dont un triomphe renforcerait sa chef de file Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017.

Dans une pique à peine voilée à son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy, le chef de l'État, cité par le porte-parole du gouvernement, a appelé «tous les responsables politiques» à «la clarté dans les attitudes, dans les comportements, dans les choix».

«C'est aussi un enjeu d'unité», a ajouté le président socialiste, jouant la carte de l'union nationale qui a contribué à redorer sa popularité depuis les attentats de Paris (130 morts le 13 novembre).

À quatre jours du second tour des régionales, la gauche au pouvoir et l'opposition de droite voudraient empêcher dimanche la prise inédite d'une ou plusieurs régions par le Front national (FN) de Marine Le Pen.

Le PS au pouvoir a retiré ses candidats au profit de la droite dans des régions clés susceptibles de basculer à l'extrême droite. Le parti Les Républicains (LR) de Nicolas Sarkozy a, sous sa houlette, rejeté en revanche tout désistement ou alliance à gauche.

La position des socialistes est vue par certains comme une stratégie visant à présenter François Hollande comme le meilleur rempart contre Marine Le Pen à la présidentielle de 2017. «L'exécutif joue le coup d'après», résumait mercredi le quotidien de gauche Libération.

L'enjeu des régionales est énorme pour M. Sarkozy: une victoire de l'extrême droite risque de mettre à mal ses ambitions pour la primaire présidentielle à droite prévue à l'automne 2016.

Depuis son retour en politique fin 2014, l'ancien président (2007-2012) a échoué dans sa stratégie d'endiguer le FN en tenant le cap d'une droite «décomplexée», pointent nombre d'élus LR.

Loin du raz-de-marée espéré, les résultats du premier tour des régionales le 6 décembre ont été décevants pour Les Républicains, devancés par le FN.

Sarkozy en position délicate

Le parti de Marine Le Pen a enregistré un succès sans précédent, virant en tête dans six régions sur 13 et engrangeant un score national record de 27,7 %.

Dès lundi, Alain Juppé, principal rival de Nicolas Sarkozy pour la primaire à droite, a jugé que les Républicains n'étaient «plus audibles» et prôné un aggiornamento - réforme ou modernisation - à l'issue des régionales.

Le FN aborde le second tour avec une solide avance notamment dans le nord de la France (Nord-Pas-de-Calais-Picardie) avec Marine Le Pen et dans le sud-est (Provence-Alpes-Côte d'Azur) avec sa nièce Marion Maréchal-Le Pen.

Les deux femmes ont obtenu plus de 40 % au premier tour, loin devant deux anciens ministres de droite qu'elles affronteront en duel dimanche après le retrait de la gauche.

Le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, est lui aussi en position de force en Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine (est), dans une triangulaire face à la droite et à un candidat socialiste entré en dissidence contre le PS dont il a ignoré la consigne de retrait.

Le FN peut aussi tirer son épingle du jeu dans d'autres régions aux triangulaires serrées, comme la Bourgogne-Franche Comté (centre-est).

Le premier ministre socialiste Manuel Valls a martelé mercredi que la gauche n'avait «pas d'hésitation à avoir» à voter pour la droite en cas de duel avec l'extrême droite, dénonçant la «supercherie» du discours nationaliste et anti-immigrés du FN.

«C'est une arnaque, le Front national», a-t-il dénoncé, ciblant ses propositions économiques comme la sortie de l'euro, aussi dénoncées par le patronat et les syndicats, qui «mettrait le pays à genoux».

Nicolas Sarkozy a fustigé lui aussi le programme «parfaitement incohérent» de Marine Le Pen et appelé les électeurs à ne pas donner leur voix à «quelqu'un qui n'a aucune expérience, qui créera le désordre, le chaos».

Signe de la situation délicate de l'ancien président, plusieurs têtes de liste de droite ont refusé sa venue dans leurs rassemblements de campagne, dont Xavier Bertrand, l'adversaire de Marine Le Pen dans le nord.

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