Succès historique de l'extrême droite française

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Une victoire de l'extrême droite le 13 décembre dans une ou plusieurs régions constituerait une première historique en France.

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Bertrand PINON
Agence France-Presse
PARIS

Le parti d'extrême droite Front national (FN) est arrivé dimanche largement en tête lors d'élections régionales en France, premier scrutin dans le pays depuis les attentats djihadistes meurtriers du 13 novembre.

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Marine Le Pen

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Le FN a obtenu au premier tour un score national record de 28% des voix et s'est revendiqué «premier parti de France», devançant l'opposition de droite (27%) et les socialistes du président François Hollande (23,5%), selon les dernières estimations du ministère de l'Intérieur.

Un deuxième tour est prévu le 13 décembre. Ces régionales constituent le dernier test électoral avant la présidentielle de 2017.

Le FN arrive en tête dans au moins six régions sur 13, dont trois régions clés: au nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), où se présente sa présidente Marine Le Pen, dans le sud-est (Provence-Alpes-Côte d'Azur), où il est emmené par sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, et dans l'est (Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine), avec le stratège du parti, Florian Philippot.

Il est aussi premier dans le centre (Centre-Val de Loire), le centre-est (Bourgogne-Franche-Comté) et le sud (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées).

Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen sont toute deux créditées d'environ 41% des voix dans leurs régions respectives.

La présidente du FN a salué «un résultat magnifique» dans le nord, et revendiqué sa «vocation à réaliser l'unité nationale dont le pays à besoin». Dans le sud, Marion Maréchal Le-Pen s'est félicitée d'«un score absolument historique», marquant «la fin d'un vieux système».

Fait rarissime, les quotidiens français Le Figaro (conservateur) et L'Humanité (communiste) afficheront le même titre en une lundi: «Le Choc».

La progression de l'extrême droite en France est continue depuis des percées aux municipales et aux européennes en 2014, et un score déjà inédit de 25,2% en mars 2015 lors d'un scrutin départemental.

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Marion Maréchal-Le Pen

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Le parti recrute désormais dans toutes les classes de la société, surfant sur un rejet de la classe politique classique, dans un pays où le chômage endémique affecte près de 3,6 millions de personnes.

Une victoire de l'extrême droite le 13 décembre dans une ou plusieurs régions constituerait une première historique en France.

«Barrage républicain»

Pour lui «faire barrage républicain», les socialistes ont annoncé leur retrait au deuxième tour en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-côte d'Azur.

Le «sacrifice» est lourd. «Pendant cinq ans, les socialistes ne siègeront pas dans ces régions», a reconnu le numéro un du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis.

Le parti du président Hollande dirigeait jusqu'ici la quasi-totalité des régions, il pourrait n'en conserver que trois.

Promis à une large victoire avant les attentats de Paris, le parti Les Républicains de l'ancien président de droite Nicolas Sarkozy a perdu du terrain au profit du FN.

M. Sarkozy a déclaré dimanche qu'il n'y aurait «ni fusion» avec la gauche, «ni retrait» face au FN au deuxième tour, s'attirant les foudres des socialistes.

«Le message de la droite fait preuve d'une grande irresponsabilité», a critiqué l'entourage du Premier ministre Manuel Valls.

Même dans son propre parti qui se réunit lundi matin en Bureau politique pour définir une «stratégie commune» à adopter pour le second tour, le président des Républicains risque de se heurter à des résistances.

«Le constat est clair, nous enregistrons une forte progression du FN, il faut y réagir avec lucidité et sang-froid», a déclaré son principal rival à droite pour 2017, Alain Juppé, laissant entendre une divergence d'analyse avec M. Sarkozy.

L'attitude du PS et de la droite dans les régions susceptibles de basculer à l'extrême droite sera déterminante, entre un désistement voire une alliance pour tenter de barrer la route au FN, ou des triangulaires risquant d'assurer sa victoire.

Le premier tour des régionales s'est déroulé dimanche sous sécurité renforcée des bureaux de vote dans un pays encore sous le choc des attentats djihadistes du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris.

Après ces attaques, le FN s'est trouvé conforté dans son discours nationaliste et anti-immigration par la révélation que deux des kamikazes avaient gagné la France après s'être glissés parmi des migrants débarqués en Grèce.

Les socialistes ont souffert des divisions de la gauche et n'ont pas tiré profit du spectaculaire regain de popularité de François Hollande, dont le virage sécuritaire après les attentats a reçu un large soutien dans l'opinion.

Un électeur sur deux n'est pas allé voter dimanche.

Les élections régionales sont les dernières prévues en France avant la présidentielle de 2017, pour laquelle Marine Le Pen est aussi donnée en tête des intentions de vote au premier tour.

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