Un homme soupçonné d'avoir voulu attaquer des militaires à Toulon

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Le premier ministre Manuel Valls a adressé ses «félicitations aux policiers qui à Toulon ont une nouvelle fois empêché un projet terroriste».

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Andrea BAMBINO, Rémy BELLON
Agence France-Presse
Paris

Dix mois après les attentats parisiens, un jeune homme en contact avec un djihadiste français en Syrie et soupçonné d'avoir voulu attaquer des militaires à Toulon a été arrêté fin octobre et écroué.

Âgé de 25 ans, le suspect a été mis en examen le 2 novembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information de Canal+.

«Placé sous surveillance depuis un an en raison de sa radicalisation et de son soutien public aux thèses djihadistes, cet individu avait cherché à se procurer du matériel pour passer à l'acte», en l'occurrence «une action violente à l'encontre de militaires de la marine nationale de Toulon», a déclaré le ministre de l'Intérieur dans un communiqué.

Bernard Cazeneuve a salué «l'efficacité» de ses services dans la lutte antiterroriste, rappelant que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait «déjà procédé dans ce cadre à 370 interpellations».

De son côté, Manuel Valls a adressé mardi soir sur Twitter, ses «félicitations aux policiers qui à Toulon ont une nouvelle fois empêché un projet terroriste». «Mobilisation et vigilance», ajoute le premier ministre.

Le jeune homme était dans le viseur des services de renseignement notamment pour avoir tenté, en octobre et décembre 2014, d'aller en Syrie, selon des sources concordantes.

Alors qu'il était surveillé, il s'est fait livrer par la Poste un colis qui a éveillé des soupçons car il était éventré. À l'intérieur de ce colis, un couteau de combat et au moins une cagoule, ont rapporté les sources policière et proches du dossier.

Il est alors interpellé par la DGSI, le 29 octobre.

Son contact avait menacé Charlie Hebdo en 2012 

En garde à vue, il a reconnu avoir été en contact avec un Français actuellement en Syrie dans les rangs du groupe djihadiste État islamique (EI) qui, «par internet, l'a incité à passer à l'acte», selon une des sources proches du dossier. Ce djihadiste français en Syrie avait été mis en examen et écroué quelques mois pour avoir proféré de violentes menaces contre Charlie Hebdo en 2012, a ajouté cette source.

C'est lui qui a conseillé au jeune Toulonnais d'acheter une arme, a précisé une autre de ces sources.

L'homme arrêté a fini par admettre un projet d'attaque contre des marins de la base navale de Toulon. Selon une source policière, il n'avait pas encore de plan très précis.

D'après le site internet du ministère de la Défense, Toulon est le «premier port militaire d'Europe regroupant 70% de la flotte française» et sa base navale «regroupe en plein coeur de la ville 20.000 civils et militaires».

Les attaques menées par des Français de retour de Syrie ou en contact avec d'autres djihadistes sur place sont l'une des principales craintes des services de renseignement. On comptait mi-octobre, selon des chiffres officiels, plus de 500 Français en Syrie ou en Irak engagés auprès de l'EI, tandis que 250 en sont revenus et 750 ont exprimé le souhait de s'y rendre. Quelque 150 y sont morts.

Les attentats islamistes de janvier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts, ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives sur le territoire français.

La semaine dernière, un homme qui s'est dénoncé pour un projet d'agression d'une députée socialiste au nom du djihad a été placé en détention provisoire.

Le 21 août, un carnage avait été évité à bord d'un train à grande vitesse Thalys entre Bruxelles et Paris par des passagers, dont des militaires américains en vacances, qui avaient maîtrisé un tireur armé d'une kalachnikov et d'un pistolet. Deux personnes avaient été blessées. L'assaillant, Ayoub El Khazzani, jeune Marocain signalé aux services de renseignement comme islamiste radical, avait été interpellé.

Avant cela, en juin, un homme avait décapité son patron puis, après une mise en scène macabre sur fond de drapeaux islamistes, tenté de faire exploser une usine de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). En avril, Sid Ahmed Ghlam, étudiant algérien, était arrêté en possession d'armes de guerre, soupçonné d'avoir tué une jeune femme et préparé un attentat contre une église catholique de Villejuif, près de Paris.

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