Cameron pose ses conditions pour rester dans l'UE

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«Je suis tout à fait sûr que nous obtiendrons un accord avec l'Union européenne qui convienne au Royaume-Uni» sur les réformes demandées, a dit le premier ministre Cameron dans un discours devant la presse.

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Ouerdya AIT ABDELMALEK
Agence France-Presse
LONDRES

David Cameron a menacé mardi d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne s'il n'obtient pas les réformes qu'il réclame, en présentant ses exigences avant un référendum qu'il considère comme la «décision d'une vie».

La Commission européenne a immédiatement réagi en jugeant certaines exigences «hautement problématiques».

«Je suis tout à fait sûr que nous obtiendrons un accord avec l'Union européenne qui convienne au Royaume-Uni» sur les réformes demandées, a dit le premier ministre britannique dans un discours devant la presse.

Mais dans le cas contraire, il faudra «reconsidérer notre appartenance» à l'UE, a-t-il averti, réaffirmant qu'il n'excluait «rien» et que son pays pouvait tout à fait vivre hors de l'UE même si cela ne signifiait pas «dans un pays de Cocagne».

Au total, M. Cameron a détaillé quatre demandes, dont le contenu avait été déjà plus ou moins distillé depuis sa décision de tenir un référendum d'ici fin 2017, à la fois pour calmer les eurosceptiques de son camp conservateur et tenter de contrer la progression du parti europhobe Ukip qui avait largement remporté les élections européennes en 2014.

Il réclame ainsi que l'UE ne désavantage pas les États non membres de la zone euro au sein de l'Union, mette plus l'accent sur la compétitivité du marché unique, accorde au Royaume-Uni une exemption dans la perspective d'une union toujours plus resserrée, et lui octroie un plus grand contrôle sur l'immigration en provenance de l'UE, notamment en supprimant les aides sociales pendant quatre ans.

Les analystes jugent possible un accord sur les trois premières revendications, qui serviront surtout à graver dans le marbre le statut actuel du Royaume-Uni, qui n'est membre ni de la zone l'euro ni de l'espace Schengen.

La dernière demande devrait constituer le plus gros point de friction avec ses partenaires européens, car il remet en cause le principe d'égalité de traitement entre les citoyens européens, ce qu'a souligné la Commission dès mardi.

Relation compliquée

Certaines des demandes formulées par le Royaume-Uni sont «hautement problématiques», a souligné un porte-parole de la Commission européenne. «La Commission européenne vient juste de recevoir la lettre» du premier ministre britannique, a indiqué Margaritis Schinas devant la presse, précisant y voir «un certain nombre d'éléments qui apparaissent faisables», comme la volonté de «renforcer le rôle des parlements nationaux».

Mais la Commission voit aussi dans les demandes britanniques «certains sujets qui sont difficiles», comme celles liées aux relations entre les membres et non membres de la zone euro, a ajouté M. Schinas.

Surtout, le porte-parole de l'exécutif européen a noté que certaines demandes «sont hautement problématiques, car touchant aux libertés fondamentales de notre marché intérieur».

«La discrimination directe entre citoyens européens entre clairement dans cette catégorie», a-t-il poursuivi, en référence aux aides sociales auxquelles le Royaume-Uni veut limiter l'accès pour les migrants européens.

La liste des exigences britanniques est parvenue mardi, sous forme de lettre, au président du Conseil européen, Donald Tusk, et sera discutée le 28 décembre à Bruxelles.

La renégociation exigée par M. Cameron, qui a lancé le principe d'une consultation il y a près de trois ans, n'est que le dernier épisode d'une relation compliquée entre les îles britanniques et le projet européen.

Au coeur du malaise, un désaccord fondamental sur la finalité de la construction européenne, uniquement économique et surtout pas politique pour les Britanniques. Comme l'a répété David Cameron mardi, les Britanniques voient dans l'UE «un moyen pour atteindre un but et non un objectif en soi» contrairement à leurs partenaires allemands ou français par exemple.

Cette relation contrariée a connu de multiples épisodes, dont le célèbre «I want my money back» («Je veux qu'on me rende mon argent») de Margaret Thatcher, visant à réduire la contribution britannique au pot commun européen.

L'Union européenne, qui divisait les travaillistes dans les années ayant immédiatement suivi l'adhésion du pays au marché commun en 1973, est devenue sous Thatcher une véritable pomme de discorde chez les conservateurs.

Ces dissensions ne sont pas étrangères à la chute de la Dame de fer en 1990 ainsi qu'au revers électoral subi par son successeur John Major en 1997. Et c'est pour tenter de les faire taire que David Cameron a concédé la tenue d'un référendum.

Lui-même pro-UE, il a développé mardi les avantages à faire partie de l'union des 28, en particulier dans les domaines sécuritaire et économique, et il compte faire campagne pour rester dans l'Union s'il obtient les réformes demandées.

Mais pour Nigel Farage, le leader de l'Ukip et fer de lance des pro-Brexit de l'UE, «il ne demande pratiquement rien».

«Son discours est une tentative de dessiner une nouvelle "troisième voie" dans la relation avec Bruxelles qui n'existe tout simplement pas», a ajouté M. Farage.

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