Libération du dernier détenu britannique de Guantánamo

Shaker Aamer, 48 ans, né en Arabie saoudite... (PHOTO ARCHIVES AFP)

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Shaker Aamer, 48 ans, né en Arabie saoudite et dont Londres réclame avec insistance la libération depuis 2010, est incarcéré depuis février 2002. Il était soupçonné d'avoir été un recruteur et un financier d'Al-Qaïda basé au Royaume-Uni.

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Le dernier résident britannique détenu à Guantánamo, Shaker Aamer, a été libéré par les autorités américaines après plus de 13 ans de détention sans inculpation et était en route vers le Royaume-Uni vendredi.

«Les Américains ont annoncé il y a quelques semaines qu'ils allaient libérer Shaker Aamer de Guantánamo et je peux confirmer qu'il est actuellement en route pour le Royaume-Uni et qu'il va arriver plus tard dans la journée», a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond.

Selon le site spécialisé FlightAware, un avion a quitté Guantánamo Bay à 23 h 30, heure locale, à destination de l'aéroport londonien de Biggin Hill, où il devait arriver un peu avant 13 h GMT (9h, heure de Montréal).

Shaker Aamer, 48 ans, né en Arabie saoudite et résident britannique depuis 1996, était incarcéré depuis février 2002. Londres réclamait avec insistance depuis cinq ans la libération de ce Saoudien, marié à une Britannique qui vit à Londres avec leurs quatre enfants.

Capturé à Tora Bora (nord de l'Afghanistan) en décembre 2001, il était soupçonné d'avoir été un recruteur et un financier d'Al-Qaïda basé au Royaume-Uni.

«Nous sommes évidemment ravis que Shaker soit en route vers son foyer et sa famille ici au Royaume-Uni», a réagi Cori Crider, l'une des avocates de Shaker Aamer et directrice stratégique de l'organisation britannique Reprieve.

«Shaker doit maintenant voir un médecin et pouvoir le plus rapidement possible passer du temps en compagnie de sa famille», a-t-elle ajouté.

Selon Reprieve, Shaker Aamer travaillait pour une organisation caritative lorsqu'il a été capturé en Afghanistan. Pour certains de ses défenseurs, la durée de sa détention serait liée au fait qu'il ait assisté aux tortures infligées à d'autres détenus.

«Affaire épouvantable»

«Nous sommes ravis d'apprendre que sa longue et inacceptable épreuve est terminée», a réagi de son côté Andy Worthington, co-directeur du groupe de soutien «We Stand With Shaker».

«Nous espérons qu'il ne sera pas détenu par les autorités britanniques à son retour et qu'il obtiendra le soutien médical et psychologique dont il a besoin pour pouvoir reprendre sa vie avec sa famille à Londres», a-t-il ajouté.

M. Aamer «est libre de retrouver sa famille» dès son arrivée, a de son côté déclaré un porte-parole du premier ministre David Cameron.

«Dès qu'il est de retour au Royaume-Uni, il n'est plus en détention. Il est libre de retrouver sa famille», a déclaré ce porte-parole,

Un examen médical demandé par ses avocats en 2013 avait révélé qu'il souffrait du syndrome de stress post-traumatique, de dépression, de migraines, d'asthme et de douleurs aux reins.

«Après tant de rebondissements dans cette affaire épouvantable, nous ne croirons que Shaker Aamer est effectivement de retour au Royaume-Uni que lorsque son avion atterrira sur le sol britannique», a prévenu la directrice d'Amnistie internationale pour le Royaume-Uni, Kate Allen.

Sa libération imminente avait déjà été annoncée au printemps et devait intervenir en juin avant d'être finalement retardée. Cette longue détention sans inculpation ou procès avait suscité une vague de soutien au Royaume-Uni où nombre de personnalités et de députés s'étaient mobilisés.

«Nous devons nous souvenir à quel point cette affaire a été une terrible parodie de justice et qu'après avoir été détenu dans des circonstances intolérables pendant près de 14 ans, M. Aamer aura besoin de temps pour se réadapter à sa liberté», a ajouté Mme Allen.

Base militaire américaine à Cuba transformée en prison après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, Guantánamo abrite des suspects de terrorisme dont certains sont détenus depuis des années sans avoir été jugés ou inculpés.

Fermer ce lieu de détention est une promesse de longue date du président américain Barack Obama, qui peine à la concrétiser face aux questions concernant le sort qui doit être réservé aux détenus, jugés trop dangereux pour être remis en liberté, mais dont l'inculpation se révèle compliquée.

L'administration américaine est en train de chercher un lieu sur le territoire des États-Unis pour les y transférer, mais pour certains cela reviendrait à déplacer Guantánamo plutôt qu'à le fermer.

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