Kosovo: l'opposition utilise du gaz lacrymogènes dans le parlement

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Le parlement de Pristina, vendredi, alors qu'un membre de l'opposition vient de lancer des gaz lacrymogènes dans son enceinte.

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Florent Bajrami
Agence France-Presse
PRISTINA, Kosovo

L'opposition kosovare a bloqué à deux reprises vendredi les travaux du parlement avec du gaz lacrymogène, pour tenter d'obtenir l'abandon d'accords visant à la normalisation avec la Serbie, a constaté un journaliste de l'AFP.

En dépit de mesures de sécurité renforcées adoptées pour éviter de tels incidents, un député de l'opposition est parvenu à faire entrer une bombe lacrymogène dans l'hémicycle où il l'a activée. Le gaz s'est alors répandu et le président du parlement a suspendu la session.

« Nous ferons tout notre possible pour bloquer les travaux du parlement », a déclaré Glauk Konjufca, vice-président du parti Vetëvendosje (Autodétermination), qui mène le mouvement de protestation.

« Le gouvernement provoque une crise en cherchant à convoquer ces sessions. Cela ne fait qu'envenimer la situation », a-t-il ajouté.

Après cet incident, le gouvernement a décidé de reconvoquer les députés. Mais un membre de l'opposition est à nouveau parvenu à déclencher une bombe lacrymogène dans la salle du parlement malgré la présence d'une centaine de policiers chargés de séparer les députés favorables au gouvernement et ceux de l'opposition.

Par ailleurs, réunis devant le parlement, près de 200 sympathisants de Vetëvendosje, principale formation de l'opposition, ont été dispersés par des policiers anti-émeutes à l'aide de gaz lacrymogène.

L'opposition a déjà plusieurs fois répandu du gaz lacrymogène au parlement, mais aussi jeté des oeufs et sifflé, pour empêcher la tenue de sessions.

Elle veut ainsi bloquer son fonctionnement jusqu'à l'abandon de l'accord conclu en 2013 visant à la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, ancien territoire serbe majoritairement peuplé d'Albanais qui a proclamé unilatéralement son indépendance en 2008.

Le parti Vetëvendosje affirme que le dialogue avec Belgrade ne peut que compromettre l'indépendance proclamée en 2008.

La Serbie, qui n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo, le considère toujours comme l'une de ses provinces.

L'opposition estime par ailleurs que cet accord pourrait renforcer les divisions ethniques à l'intérieur du pays et renforcerait l'influence de Belgrade sur le Kosovo.

Elle exige également l'abandon d'un accord conclu en août avec le Monténégro voisin sur la démarcation de la frontière, qu'elle juge défavorable au Kosovo.

Jeudi, les 28 pays de l'UE ont donné leur feu vert pour la signature d'un « accord de stabilisation et d'association », première étape sur le long chemin de l'adhésion du Kosovo à l'UE.

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