L'Allemagne insiste sur sa responsabilité dans la Shoah

Angela Merkel et Benyamin Nétanyahou se sont entretenus... (PHOTO AP)

Agrandir

Angela Merkel et Benyamin Nétanyahou se sont entretenus mercredi à Berlin.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Berlin

La chancelière allemande Angela Merkel a insisté mercredi sur la responsabilité historique de son pays dans la Shoah après les propos controversés de Benyamin Nétanyahou sur le rôle joué à l'époque par le mufti de Jérusalem.

«Nous ne voyons aucune raison de changer notre perception de l'histoire tout particulièrement en la matière, nous continuons à assumer la responsabilité allemande dans la Shoah», a déclaré Mme Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin aux côtés du chef de gouvernement israélien.

«Au nom du gouvernement allemand et en mon nom je peux dire que nous sommes conscients de la responsabilité des nazis dans cette rupture civilisationnelle qu'a constitué la Shoah, nous sommes convaincus que ceci doit être transmis aux générations à venir par exemple dans le cadre de l'éducation scolaire», a-t-elle ajouté en réponse à une question sur les propos du chef de gouvernement de l'État hébreu.

Son porte-parole s'était exprimé auparavant en des termes similaires lors d'une conférence de presse.

Dans un discours prononcé mardi devant le Congrès sioniste à Jérusalem, M. Nétanyahou a accusé le grand mufti de Jérusalem pendant la Deuxième guerre mondiale, Haj Amin al-Husseini, d'avoir poussé les nazis à exterminer les Juifs d'Europe. Il a notamment fait référence à une rencontre à ce sujet en novembre 1941 en Allemagne entre Adolf Hitler et le dignitaire religieux, haut dirigeant musulman dans la Palestine alors sous mandat britannique.

«Hitler, à ce moment-là, ne voulait pas exterminer les juifs mais les expulser. Alors Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler et a dit: "Si vous les expulsez, ils viendront tous ici"», en Palestine, a dit M. Nétanyahou. «"Et qu'est-ce que je vais en faire?", a demandé (Hitler). Il (le mufti) a dit: "Brûlez-les"», a déclaré M. Nétanyahou dans son discours.

Mercredi à Berlin, le chef du gouvernement israélien a cherché à clarifier ses propos, qui ont suscité des critiques de nombreux historiens, notamment, lui reprochant de reléguer au second plan la responsabilité nazie dans l'Holocauste.

«Hitler est responsable de l'Holocauste, personne ne doit nier cela», a-t-il dit. Sa responsabilité et celle des nazis dans «l'extermination de six millions de Juifs est claire pour toutes les personnes sensées», a-t-il ajouté.

Mais la responsabilité «importante» du grand mufti de Jérusalem à l'époque ne doit pas non plus «être niée», a estimé M. Nétanyahou. «Il soutenait la Solution Finale» des nazis, a-t-il dit en invoquant des témoignages en ce sens lors du procès de Nuremberg après la guerre contre des dignitaires nazis et du procès du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann à partir d'avril 1961 à Jérusalem.

Et il a reproché aux Palestiniens de continuer malgré tout aujourd'hui à vénérer cet ancien chef religieux nationaliste. «La vraie question ne devrait pas m'être destinée mais être adressée au président (Mahmoud) Abbas: pourquoi est-ce-que lui et l'Autorité palestinienne glorifient officiellement le mufti de Jérusalem comme une icône? Ils l'appellent le père de la nation palestinienne (mais) cet homme est un criminel de guerre», a-t-il dit.

Husseini, réfugié en Allemagne en 1941, avait demandé à Hitler son soutien pour l'indépendance de la Palestine et des pays arabes, et empêcher la création d'un foyer juif. L'État d'Israël a été proclamé en 1948.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer