G-B: juteux contrats et manifs pour la visite du président chinois

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Xi Jinping et sa femme à leur arrivée à l'aéroport de Heathrow, à Londres.

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Katherine HADDON
Agence France-Presse
Londres

Le président chinois Xi Jinping débute mardi une visite d'État de quatre jours au Royaume-Uni, au cours de laquelle des accords commerciaux et d'investissements pesant plus de 30 milliards de livres doivent être signés.

«Cela va être un moment très important pour les relations sino-britanniques. Le commerce et les investissements entre nos deux nations augmentent et les liens entre nos deux peuples sont forts», a déclaré le Premier ministre David Cameron dans un communiqué, juste avant le début de la visite.

Selon les services du premier ministre, des accords commerciaux et d'investissements représentant «plus de 30 milliards de livres» (60,5 milliards $) et la «création de 3900 emplois» au Royaume-Uni seront signés au cours de cette visite, censée ouvrir «une ère dorée des relations» entre les deux pays, 2e et 5e économies mondiales.

Pour l'instant, peu de détails ont été dévoilés sur ces accords, si ce n'est qu'ils concerneront un grand nombre de secteurs, depuis les industries créatives jusqu'au commerce de détail en passant par les services financiers, l'aérien et l'éducation.

Le secteur de l'énergie est également mentionné, sans plus de précisions, alors que l'un des accords majeurs attendus est celui qui viendrait sanctionner l'engagement des partenaires chinois du français EDF dans la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

«Cette visite (...) va aussi permettre d'étudier les moyens pour le Royaume-Uni et la Chine de travailler ensemble sur des problèmes mondiaux comme le changement climatique ou la pauvreté. C'est une réelle opportunité d'approfondir notre relation», a ajouté M. Cameron.

«Nous sacrifions nos valeurs»

Plusieurs voix, commes les organisations non gouvernementales Amnesty International et Free Tibet, se sont élevées pour critiquer le fait que les intérêts économiques l'emportent sur les questions du respect des droits de l'Homme.

«Je suis choqué que nous sacrifiions nos valeurs de respect des droits de l'Homme, de démocratie et de liberté d'expression pour du simple commerce», a regretté Fabian Hamilton, député travailliste et président du groupe parlementaire de défense du Tibet.

Plusieurs manifestations sont prévues en marge de la visite, dont une pendant la procession sur le Mall, la grande avenue menant au palais de Buckingham, mardi.

Le Prince Charles, proche du Dalaï Lama, prendra le thé avec Xi Jinping mardi après-midi à Clarence House mais sera absent du banquet officiel mardi soir. Il avait qualifié un jour les leaders chinois d'«épouvantables personnages de cire» dans un de ses carnets qui avait fuité dans les médias.

Toutefois, selon un porte-parole de David Cameron, «rien n'est exclu» et le Premier ministre a l'intention d'aborder le sujet des droits de l'Homme avec le président chinois.

«En développant une relation forte avec la Chine sur la base d'engagements constructifs, nous sommes capables de discuter, franchement et dans le respect mutuel de questions sur lesquelles nous pouvons ne pas être d'accord», a-t-il souligné.

Première économie mondiale d'ici 2027

Le voyage présidentiel de M. Xi intervient dix ans après celui du président Hu Jintao. Les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la Chine s'étaient nettement refroidies en 2012 lorsque le Premier ministre David Cameron avait reçu le Dalaï Lama à Londres.

Le gouvernement britannique a depuis entrepris de restaurer les relations avec Pékin. Selon l'OCDE, le Royaume-Uni est ainsi la «principale destination des investissements chinois depuis dix ans».

«Même si sa croissance économique ralentit de façon graduelle, la Chine est toujours censée devenir la première économie mondiale d'ici 2027, dépassant les États-Unis», a rappelé Rajiv Biswas, chef économiste pour l'Asie à IHS Global Insight.

Comme le veut la tradition pour les visites d'État, la venue de Xi Jinping est entourée du plus grand faste: procession sur le Mall jusqu'à Buckingham, où le président chinois logera, banquet officiel à Buckingham, un autre à Guidhall, le palais de la City de Londres, ou encore dîner au manoir de Chequers, la résidence officielle de campagne du Premier ministre.

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