Les indépendantistes écossais s'engagent pour un oui à l'UE

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La chef du Parti national écossais, Nicola Sturgeon

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Florence BIEDERMANN
Agence France-Presse
ABERDEEN

Nicola Sturgeon a clos samedi le congrès de son Parti national écossais (SNP) à Aberdeen (nord-est) en assurant que les indépendantistes feraient campagne pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne lors du référendum à venir sur cette question.

«David Cameron peut jouer à la légère avec notre place en Europe, mais soyez sûrs que le SNP fera campagne pour que l'Écosse et le Royaume-Uni restent dans l'Union européenne», a déclaré la chef du SNP à l'adresse du premier ministre conservateur.

Elle a critiqué «le manque de leadership d'un premier ministre qui se plie aux eurosceptiques de son parti, mais est incapable d'articuler clairement et précisément ce qu'il cherche à renégocier».

M. Cameron s'est engagé à organiser avant la fin 2017 un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE, assurant qu'il chercherait entre temps à obtenir gain de cause sur certains sujets au sein de l'union, mais sans préciser ses demandes jusqu'ici.

Le SNP a rajouté à cet enjeu européen en annonçant qu'un éventuel vote en faveur d'une sortie de l'UE, dès lors que l'Écosse voterait pour le statu quo, rendrait difficilement évitable un nouveau référendum sur l'indépendance de la région septentrionale.

Celui de septembre 2014 avait vu 55% des Écossais voter contre.

Mais le SNP ne précipitera pas une nouvelle consultation et attendra d'abord d'être sûr que l'opinion a évolué. «Nous ne proposerons un autre référendum que lorsqu'il y aura une preuve claire que l'opinion a changé et que l'indépendance est le choix de la majorité des Écossais», a de nouveau souligné Mme Sturgeon samedi.

«D'instinct, je dirais que ce ne sera pas pendant la prochaine législature», a commenté pour l'AFP Callum Mc Caig, 30 ans, député indépendantiste d'Aberdeen, tout en soulignant que le référendum sur l'UE pourrait changer la donne.

Contre des frappes en Syrie

S'exprimant devant quelque 3500 délégués, la chef du SNP, deuxième parti d'opposition derrière les travaillistes au niveau du Royaume-Uni, s'est aussi prononcée contre une intervention militaire britannique en Syrie.

«Nous n'avons pas besoin de plus de bombes, mais d'une nouvelle initiative diplomatique dirigée par l'ONU pour chercher une solution durable au conflit», selon elle.

M. Cameron tente d'obtenir au Parlement un consensus pour des frappes britanniques en Syrie afin de lutter contre le groupe État islamique (EI).

Vêtue d'une seyante robe rouge soulignant une mince silhouette, Mme Sturgeon, 45 ans, a été saluée par des tonnerres d'applaudissements et, en vraie vedette de la politique écossaise, séduisant les militants par sa détermination et sa sincérité, a envoyé à la fin de son allocution des baisers à la foule puis est revenue sur scène pour une nouvelle ovation.

Et elle n'a pas oublié non plus de souhaiter «bonne chance» à l'équipe de rugby écossaise qui rencontre dimanche l'Australie en quarts de finale de la Coupe du monde.

Lors de son congrès de trois jours, le SNP s'est fixé comme prochain objectif de remporter les élections au Parlement écossais en mai 2016 -- un troisième mandat consécutif qui lui permettrait de conforter sa position et ses aspirations à l'indépendance.

Le parti surfe sur une vague montante et a vu ses effectifs passer de 25 000 à 115 000 en un an, tandis que le nombre de ses députés au Parlement de Westminster est passé de 6 à 56 aux législatives de mai dernier.

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