Des dizaines de milliers de manifestants à Manchester contre les Tories

Les manifestants ont dénoncé les coupes sociales, les... (PHOTO LEON NEAL, AFP)

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Les manifestants ont dénoncé les coupes sociales, les mesures d'austérité, les réformes dans le système de santé public NHS ou encore le projet de loi sur le droit de grève.

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Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
MANCHESTER

«Défiez la loi des conservateurs», «Débarrassons-nous des Tories» ou encore «Non aux coupes budgétaires», ont clamé des dizaines de milliers de manifestants dimanche à Manchester alors que s'ouvrait le congrès annuel du Parti conservateur.

Selon la confédération syndicale TUC, qui organisait cette manifestation avec la plateforme The People's Assembly, quelque 60 000 personnes ont défilé dans les rues du centre-ville, sous un beau soleil d'automne. La police de Manchester, qui a arrêté deux personnes, n'a pas communiqué de chiffre.

Les manifestants, dont certains provenaient d'autres parties du pays, ont dénoncé les coupes sociales, les mesures d'austérité, les réformes dans le système de santé public NHS ou encore le projet de loi sur le droit de grève.

«Le NHS est à genoux, c'est une honte», a dénoncé Linda Foley, infirmière à la retraite de 70 ans. «Je n'ai rien contre l'austérité du moment que c'est pour tout le monde et pas seulement pour les gens du Nord et la classe ouvrière.»

«Les changements qu'ils veulent imposer aux syndicats ne sont que le début. Nous ne nous voulons pas revivre ce que (l'ancien premier ministre Margaret) Thatcher a infligé aux mineurs», a-t-elle affirmé en tenant fermement une pancarte «Défiez la loi des conservateurs».

«Résistez»

Un projet de loi du gouvernement prévoit de limiter le droit de grève, en imposant notamment que toute grève soit précédée d'un vote auquel au moins 50 % des salariés participent, alors qu'aucun quorum n'est imposé actuellement.

«Organisez-vous, faites grève, résistez», pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes, en allusion à ce projet législatif. «Débarrassons-nous des Tory» et «Non aux coupes budgétaires», clamaient d'autres.

«Les coupes budgétaires des conservateurs ne sont pas nécessaires, elles sont idéologiquement motivées et elles causent de vrais dégâts dans tout le pays», a estimé Steve Cannon, un maître de conférences âgé de 52 ans, venu spécialement de Newcastle pour la manifestation.

«Il faut faire entendre notre voix, je ne crois pas que la majorité des Britanniques veulent ce que (les conservateurs) sont en train de faire», ajoute-t-il.

Après sa victoire surprise aux élections législatives de mai, le gouvernement de David Cameron --le premier uniquement Tory depuis près de 20 ans-- a annoncé 12 milliards de livres de coupes dans les dépenses sociales d'ici 2020.

«Personnellement je n'arrive pas à croire qu'ils sont revenus au pouvoir», a confié Magaret Carney, une physiothérapeute de 47 ans qui travaille dans un hôpital de Manchester. «Si nous les laissons continuer comme ça, le futur du Royaume-Uni sera très sombre.»

«J'ai vu une détérioration massive de mes conditions de travail: réductions de personnel, coupes budgétaires», a-t-elle raconté, estimant que David Cameron «veut privatiser le NHS par la porte de derrière».

«Nous allons aller vers une économie où les salaires seront plus élevés, où il y aura moins d'impôt et moins de redistribution», a réitéré ce dernier dimanche dans une interview à la BBC, répétant que le système de redistribution «ne fonctionnait pas».

Entorse à la règle

Les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement conservateur visent notamment les allocations, les crédits d'impôt et les aides aux logements.

«J'ai des membres de ma famille qui sont personnellement affectés par la réduction des crédits d'impôt», a expliqué Becky Gradford, 35 ans, pour justifier sa venue à la manifestation.

«Mon beau-frère est gardien dans une prison, il a un salaire bas, trois enfants et il va être forcé d'avoir recours à une banque alimentaire», explique la jeune femme coiffée d'un béret et arborant, comme beaucoup d'autres manifestants, une épinglette rouge au nom du nouveau leader du Parti travailliste, Jeremy Corbyn.

Ce dernier était attendu lundi soir à Manchester pour un débat sur l'avenir des services postaux, faisant ainsi une entorse à la règle tacite qui veut que les leaders ne perturbent pas les conférences des partis politiques opposés.

La manifestation de dimanche n'est que le début d'une série d'évènements (débats, soirées, flash-mobs) prévus contre les conservateurs jusqu'à la fin du congrès mercredi.

Le président du Parti conservateur Lord Feldman a d'ailleurs conseillé aux délégués de ne pas porter leur badge d'accès en dehors des impressionnantes barrières qui encerclent le complexe Manchester Central, où se tient le congrès.

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