Fin de campagne électorale au Portugal, la droite mieux placée

Le premier ministre du Portugal, Pedro Passos Coelho.... (Photo Armando Franca, AP)

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Le premier ministre du Portugal, Pedro Passos Coelho.

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Thomas Cabral, Olivier DEVOS
Agence France-Presse
LISBONNE

La campagne pour les élections législatives au Portugal s'est achevée vendredi après avoir tourné à l'avantage de la coalition sortante de droite, passée devant l'opposition socialiste dans les sondages, en dépit des sacrifices demandés à la population pour surmonter la crise de la dette.

Le premier ministre Pedro Passos Coelho, 51 ans, et le secrétaire général du Parti socialiste (PS) Antonio Costa, 54 ans, avaient jusqu'à minuit pour convaincre les derniers indécis avant la «journée de réflexion» qui précède le scrutin de dimanche.

L'alliance gouvernementale «Portugal en avant» est créditée de 37,5 % des intentions de vote, contre 32,5 % pour le PS, selon la moyenne des trois sondages parus jeudi soir, venus confirmer la remontée inattendue de la droite, donnée perdante il y a encore un mois.

Acclamé par des militants socialistes au cours d'un déjeuner dans le centre de Lisbonne, M. Costa tentait de galvaniser ses troupes. «Chaque vote comptera, la majorité des Portugais veut changer de gouvernement!», a-t-il lancé.

L'ancien maire de Lisbonne a ensuite descendu, en musique, la principale artère du quartier historique du Chiado avec quelque 2000 sympathisants scandant «victoire, victoire !».

L'ambiance est festive, mais certains n'y croient déjà plus. «Je vais donner ma voix au PS, mais je sais que la droite va passer», confie José Moreira, un retraité de 58 ans. D'autres conseillent à M. Costa de tendre la main au Parti communiste et au Bloc de gauche, qui pourraient obtenir 16 à 18 % des voix.

Cure d'austérité

Malgré des sondages favorables, M. Passos Coelho risque de perdre la majorité absolue dont il dispose au Parlement depuis juin 2011.

«Je crois que nous allons gagner ces élections», a affirmé le premier ministre, avant d'appeler ses partisans à lui donner une majorité claire.

Deux heures après les socialistes, le candidat de centre droit a parcouru à son tour la même rue du centre de Lisbonne, étape incontournable de fin de campagne, accompagné d'un millier de sympathisants.

«Les Portugais ont compris qu'il fallait reconduire la coalition qui a reconstruit le pays», estime Manuel Gonçalves, un étudiant en droit de 19 ans. Mais au passage du cortège, quelques passants crient «voleurs !».

Les candidats ont mis fin à leur campagne dans la soirée avec deux grandes réunions. Celui de M. Passos Coelho, à Lisbonne, a été troublé par plusieurs centaines de chauffeurs de taxi qui manifestaient à proximité contre la société de transport de passagers Uber.

Le bilan du premier ministre sortant reste marqué par l'austérité budgétaire sans précédent qu'il a dû appliquer sous la tutelle de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, mais aussi par une reprise économique amorcée dès 2013 et une baisse du chômage.

Une victoire des socialistes impliquerait «un retour aux vieilles politiques démagogiques qui ont poussé le pays vers la faillite», a-t-il martelé tout au long de la campagne.

Son principal adversaire lui reproche toutefois d'avoir été au-delà des exigences de la troïka UE-BCE-FMI. M. Costa a répété vendredi sa promesse de «tourner la page de l'austérité sans remettre en cause notre appartenance à l'euro».

«Un mal nécessaire»

Pour y parvenir, il propose de doper l'économie en augmentant le pouvoir d'achat des ménages. Mais son discours, tourné tantôt vers les électeurs de gauche tantôt vers ceux du centre, ne semble pas avoir mobilisé suffisamment d'électeurs.

Certains électeurs se disent prêts à reconduire l'actuelle majorité, mais ne se font guère d'illusions sur l'avenir. «Il faut maintenir la rigueur, c'était un mal nécessaire, mais aujourd'hui la confiance a repris», estime Frederico Leite, un commercial de 37 ans, qui a vu ses revenus chuter de 20 %.

D'autres dénoncent la rhétorique gouvernementale, sans pour autant faire confiance à l'opposition. «Il est clair que nous ne sommes pas sortis de la crise», affirme Vanda Pereira, une mère célibataire qui travaille 13 heures par jour dans l'hôtellerie pour un salaire mensuel de 550 euros. «Je n'irai même pas voter», dit-elle.

L'abstention risque d'avoisiner le taux record enregistré en 2011, près de 42 %.

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