Référendum sur l'indépendance: l'Écosse, un an plus tard

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Selon deux sondages publiés plus tôt ce mois-ci, les appuis à l'indépendance en Écosse oscillaient entre 53 et 55 %, une fois les indécis exclus.

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Il y a un an aujourd'hui, l'Écosse votait Non au référendum sur son indépendance. Que s'est-il passé depuis? Que se passera-t-il à l'avenir? État des lieux en quatre mots.

Promesses

Une semaine avant le référendum du 18 septembre 2014, les chefs des trois grands partis britanniques (David Cameron des conservateurs, Ed Miliband du Labour, Nick Clegg des libéraux-démocrates) font la «promesse solennelle» d'attribuer plus de pouvoirs à l'Écosse, si celle-ci reste au sein de l'Union. La commission Smith, créée à cette fin après le référendum, accouche deux mois plus tard d'un rapport contenant un certain nombre de recommandations, dont, en premier lieu, un plus grand contrôle de l'Écosse sur ses taxes et l'aide sociale. Ces recommandations déboucheront sur un nouveau projet de loi pour l'Écosse (Scotland Bill) qui est en voie d'être adopté à Westminster, au grand dam des nationalistes écossais...

Échec

Même si deux de ses représentants ont participé à la commission Smith, le SNP (Parti national écossais, indépendantiste) n'a pas tardé à désavouer le rapport, le jugeant «insatisfaisant». Dans un monde idéal, le SNP voudrait que le Parlement écossais obtienne une «autonomie fiscale complète», où l'Écosse s'occuperait de tout, sauf de l'armée et des affaires étrangères... une option que le gouvernement central exclut totalement. Un autre dossier-clé, ignoré par la commission Smith, est l'avenir du programme nucléaire britannique (Trident), dont la base est située près de Glasgow. «La commission Smith était importante au moment où elle a eu lieu, explique James Mitchell, professeur de sciences politiques à l'Université d'Edimbourg. Mais beaucoup de choses dans le rapport restent sujettes à interprétation, et elles ont été interprétées par le gouvernement central d'une façon qui ne satisfera jamais le SNP. C'est pourquoi le débat est loin d'être clos...»

Appui

Le Oui a peut-être perdu au référendum, mais le SNP lui, a le vent dans les voiles. Dopé par sa performance aux dernières élections britanniques (où il a remporté 56 des 59 sièges écossais à Westminster) et galvanisé par l'explosion de son membership, le parti nationaliste mené par la première ministre écossaise Nicola Sturgeon continue de dominer, dans les sondages, avec un appui populaire qui ne s'essouffle pas, ce qui laisse croire que l'idée d'indépendance est loin d'être morte. Au pouvoir en Écosse depuis 2007, le SNP devrait remporter sans trop de mal les prochaines élections parlementaires écossaises (équivalent de nos élections provinciales) prévues pour mai 2016, ce qui continuera d'entretenir le projet souverainiste. Nicola Sturgeon a déclaré la semaine dernière que le prochain manifeste du parti contiendrait des propositions pour la tenue d'un second référendum.

Europe

Le SNP sait qu'il ne peut se permettre de perdre un autre référendum. C'est pourquoi Nicola Sturgeon risque d'avancer très prudemment sur ce dossier, même si le contexte actuel semble favorable. «C'est une politicienne avisée, résume Robert Hazell, professeur à l'École de politique publique de Londres. À moins d'être certaine de remporter une victoire convaincante, elle va attendre.» Selon M. Hazell, le prochain référendum sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'Union européenne, prévu pour octobre 2016, pourrait toutefois précipiter les choses. «Les Écossais veulent rester dans l'Europe. Si le reste du Royaume-Uni vote pour en sortir, cela pourrait servir d'élément déclencheur à la tenue d'un autre référendum.» Selon deux sondages publiés plus tôt ce mois-ci, les appuis à l'indépendance en Écosse oscillaient entre 53 et 55%, une fois les indécis exclus.

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