Le pape se prépare au voyage le plus délicat de son pontificat

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Le pape est plébiscité par 87% des catholiques américains, et par 66% des Américains, selon un sondage.

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Jean-Louis DE LA VAISSIERE
Agence France-Presse
CITÉ DU VATICAN

Le pape François se prépare au voyage le plus délicat de son pontificat, qui le conduira dans deux semaines de la place de la Révolution à La Havane au Congrès américain et à l'ONU.

Selon des sources au Vatican, Jorge Bergoglio a profité de la baisse d'activités estivale pour plancher longuement sur ses discours, en particulier ceux qu'il doit prononcer devant des élus américains pas tous convaincus puis devant l'assemblée générale des Nations unies.

Cuba, où il passera trois jours, se présente comme l'étape la plus facile. L'accueil devrait être extrêmement favorable, car le régime castriste ne peut que bénéficier de cette visite et reste reconnaissant du rôle du pape dans la réconciliation avec les États-Unis.

Après avoir accueilli Jean Paul II et Benoît XVI, les foules cubaines devraient être au rendez-vous pour l'écouter parler de réconciliation dans ses étapes de La Havane, de Holguin et de Santiago.

Mais aux États-Unis, l'arrivée de ce pape populaire et socialement radical suscite un grand intérêt et de nombreuses réactions contrastées.

L'accueil d'une partie de la classe politique américaine pourrait être carrément froid. D'abord parce que Jorge Bergoglio a choisi de visiter La Havane avant Washington, alors que le Congrès n'a pas encore levé l'embargo contre Cuba.

De plus, son encyclique «Laudato si'» sur la protection de l'environnement et ses récents discours sociaux virulents en Amérique Latine contre l'ultralibéralisme économique, la finance aveugle et l'exploitation sans frein des ressources naturelles par les multinationales le font passer chez certains pour un «marxiste».

Interrogé en juillet sur ces critiques dans l'avion qui le ramenait du Paraguay, alors qu'un présentateur télévisé américain l'avait traité d'«homme le plus dangereux de la planète», François avait promis qu'il allait «étudier ces critiques» au calme.

Premier pape à s'exprimer devant le Congrès américain, François pourrait rappeler en termes fermes la responsabilité de la superpuissance pour limiter la pollution sur terre, notamment en réclamant une transition des énergies fossiles vers les énergies renouvelables.

Plongée parmi les exclus

Et à l'ONU, pour cette cinquième visite d'un pape au Palais de verre, c'est tout son programme social et écologique contre «la culture du déchet» et «la mondialisation de l'indifférence» qui devrait être déroulé.

Différents appels forts sont attendus: le pontife argentin devrait demander des engagements concrets lors de la conférence COP 21 sur l'environnement à Paris en décembre. Il plaidera pour une solution négociée au Proche-Orient, pour une réciprocité du dialogue avec l'islam et pour la défense des chrétiens persécutés dans le monde.

Il devrait aussi recommander des actions coordonnées contre les trafics d'être humains et pour l'accueil des migrants. Un thème hypersensible aux États-Unis, où des politiciens conservateurs veulent limiter l'immigration d'Amérique latine.

Des élus conservateurs redoutent qu'il aille jusqu'à toucher des sujets chauds comme l'accord nucléaire avec l'Iran.

Le programme prévoit aussi une plongée dans la société américaine et ses exclus: des sans-logis, des familles immigrées, des détenus, la communauté hispanique...

Le pape se rend également à «Ground Zero», sur les lieux des attentats du 11 septembre 2001, et canonisera un missionnaire franciscain espagnol controversé, Jupinero Serra, qui avait participé à l'évangélisation des indiens en Californie au XVIIIe siècle.

À Philadelphie enfin, le pape ira clôturer la rencontre mondiale des familles catholiques: des foules énormes sont annoncées pour venir écouter son message sur le mariage et la famille, juste avant l'ouverture à Rome du synode des évêques du monde entier sur ces thèmes très délicats.

Le pape est plébiscité par 87% des catholiques américains, et par 66% des Américains, selon un sondage. Mais il n'est pas apprécié de tous les évêques américains, certains regrettant un manque de soutien dans leur ligne dure contre l'administration Obama sur l'avortement, la contraception et le mariage homosexuel.

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