Autriche: nouveau camion trouvé avec des migrants à bord

Des migrants attendent dans un camp de fortune... (Photo Heinz-Peter Bader, Reuters)

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Des migrants attendent dans un camp de fortune autrichien dressé non loin de la frontière avec la Hongrie.

Photo Heinz-Peter Bader, Reuters

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Peter MURPHY, Serene ASSIR
Agence France-Presse
VIENNE, KECSKEMÉT

Deux jours après la découverte d'un camion charnier contenant 71 cadavres, probablement des réfugiés syriens, la police autrichienne a annoncé samedi qu'un nouveau drame lié à la crise migratoire semblait avoir été évité de justesse avec l'interception d'un autre poids lourd transportant des migrants.

Ce nouveau camion a été intercepté vendredi matin dans l'ouest de l'Autriche avec 26 migrants à bord, dont trois jeunes enfants souffrant de «déshydratation sévère» et dont l'état a été qualifié d'«extrêmement mauvais», d'après un communiqué des forces de l'ordre.

«Si le voyage s'était poursuivi, la situation aurait probablement pu devenir critique», a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police de l'État de Haute Autriche.

Le camion a été pris en chasse lorsque son chauffeur a refusé de s'arrêter à un contrôle de routine près de la ville de Braunau am Inn, à proximité de la frontière allemande. Le véhicule transportait «26 étrangers en situation illégale» venant de Syrie, du Bangladesh et d'Afghanistan et disant vouloir aller en Allemagne, selon la police.

Ce camion a été intercepté au lendemain de la découverte d'un poids lourd abandonné sur la bande d'arrêt d'urgences d'une autoroute de l'est de l'Autriche, près de la Hongrie, et contenant 71 cadavres de migrants en décomposition.

Quatre hommes - trois Bulgares et un Afghan - arrêtés vendredi en Hongrie dans le cadre de l'enquête sur ce camion charnier, ont été présentés samedi devant le tribunal de Kecskemét, ville située à mi-chemin entre Budapest et la frontière serbe.

La justice les soupçonne d'être les «petites mains» d'un gang de trafic d'êtres humains et le parquet réclamait que les quatre hommes soient maintenus en détention en raison de la «nature exceptionnelle» du crime dont ils sont accusés.

Le ministère public a obtenu gain de cause: la période de détention préliminaire des suspects a été prolongée, au moins jusqu'au 29 septembre.

Selon les premiers éléments de l'enquête, les 71 morts - 59 hommes, huit femmes et quatre enfants - ont péri asphyxiés dans le camion.

«Crise de solidarité»

La découverte macabre jeudi en Autriche n'est que la dernière d'une série de tragédies, plus souvent en mer Méditerranée, qui ont causé la mort ces derniers mois de milliers de migrants, parfois des familles entières fuyant la guerre ou la misère et qui ont livré leur sort aux réseaux de passeurs sans scrupules.

Samedi, un migrant de 17 ans a «probablement» été tué par balle lors d'une intervention de la police portuaire grecque en mer Égée contre un bateau passeur, a indiqué le ministère grec de la Marine marchande.

Selon les premières informations, des affrontements et des tirs ont eu lieu à bord du bateau entre les policiers et trois passeurs turcs avant l'arrestation de ces derniers.

Alors que plusieurs États européens rechignent à donner asile aux dizaines de milliers de réfugiés fuyant notamment la guerre en Syrie, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a notamment appelé à la mise en place de «canaux légaux et sûrs de migration».

Pour M. Ban, la crise  migratoire en Europe est une «crise de solidarité, pas une crise de chiffres».

La «route des Balkans de l'Ouest», dont venaient probablement les migrants retrouvés morts en Autriche, est quant à elle surtout empruntée par des réfugiés syriens ou des Irakiens voulant échapper à la guerre, mais aussi par des Albanais, Kosovars ou Serbes en quête d'une vie meilleure.

Samedi matin, des groupes de plusieurs dizaines de personnes - «environ 1500 par jour», selon le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) - continuaient de traverser la frontière entre la Grèce et la Macédoine, a constaté une journaliste de l'AFP sur place.

Pour la plupart, les migrants continuent leur route à pied à travers la Macédoine, puis la Serbie, avant d'arriver à la frontière de la Hongrie, pays de l'UE, qui a enregistré plus de 140 000 arrivées depuis le début de l'année.

Pour tenter d'empêcher leur entrée, la Hongrie a fini d'installer une clôture constituée de trois spirales superposées de fils de fer barbelés, le long de ses 175 km de frontière avec la Serbie, a annoncé samedi le ministère de la Défense.

Une palissade de quatre mètres de haut doit ensuite compléter le dispositif.

Cela ne suffit toutefois pas à décourager les réfugiés les plus résolus : «Ce n'est rien comparé à ce que nous avons traversé en Syrie, assure ainsi Nasreen, une Syrienne de 29 ans. Notre pays a été détruit, nous avons connu quotidiennement les bombes, les assassinats, le sang et les morts.»

Parmi les réfugiés interrogés par l'AFP, aucun n'a exprimé le désir de rester en Hongrie. Pour eux, une seule destination : l'Europe de l'Ouest.

Manifestation antixénophobe à Dresde

En Allemagne, pays qui s'attend à 800 000 demandes d'asile en 2015, de nombreux manifestants - 1000 selon la police, 5000 selon les organisateurs - ont défilé samedi à Dresde (Saxe, est) pour souhaiter la «bienvenue» aux réfugiés dans cet État régional, théâtre de récents incidents xénophobes.

Eva Mendl, institutrice présente dans le cortège, était présente pour montrer son opposition à «la haine contre des réfugiés qui viennent ici parce qu'ils ne peuvent plus vivre chez eux, parce qu'ils ont vécu la guerre».

Après une semaine marquée par plusieurs incidents ayant visé les réfugiés en Allemagne, médias et personnalités se mobilisent en leur faveur, soucieux d'offrir le visage d'un pays terre d'accueil.

«Nous aidons», proclamait samedi la une du quotidien populaire Bild, le plus lu d'Europe, qui a choisi de déclencher «une grande opération d'aide» en faveur des réfugiés pour «montrer que les braillards et les xénophobes ne gueulent pas en notre nom».

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