Grèce: la présidente de la Cour suprême nommée première ministre par intérim

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La nouvelle première ministre Vassiliki Thanou en compagnie du démissionnaire Alexis Tsipras, en octobre 2014.

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Agence France-Presse
ATHÈNES

Le coup d'envoi pour des élections législatives anticipées en Grèce a été donné jeudi avec la nomination d'une nouvelle Première ministre par intérim, Vassiliki Thanou, pour diriger le pays jusqu'au scrutin, prévu a priori le 20 septembre.

Première femme en Grèce à occuper le poste, Vassiliki Thanou, qui est la présidente de la Cour suprême grecque, doit assurer ses fonctions jusqu'à la date du déroulement du scrutin, qui sera définitivement annoncée très prochainement.

Agée de 65 ans, Vassiliki Thanou avait déjà été la première femme présidente de l'union des magistrats et des procureurs avant de devenir présidente de la Cour suprême.

«La prestation du serment de la première ministre aura lieu jeudi à 17 h 00 GMT (NDLR 13 h00, heure de Montréal)» et le nouveau gouvernement par intérim sera nommé vendredi, ont annoncé jeudi les services du Président de la République, Prokopis Pavlopoulos.

Le communiqué de la Présidence intervient une semaine après la démission du premier ministre Alexis Tsipras, dirigeant de la Gauche radicale Syriza, qui a quitté son poste en espérant consolider sa majorité au Parlement.

Alexis Tsipras souhaiterait, selon les médias, le déroulement des élections le plus tôt possible, soit le 20 septembre.

Mais les partis d'opposition, surtout la droite de la Nouvelle-Démocratie et le tout récent parti de L'Unité populaire, formé par des dissidents du Syriza et dirigé par l'eurosceptique Panagiotis Lafazanis, voudraient le 27 septembre pour pouvoir bénéficier d'une campagne électorale légèrement plus longue.

Selon la Constitution, les élections doivent avoir lieu dans une période d'un mois après la dissolution du Parlement.

Il s'agit des quatrièmes législatives organisées en trois ans en Grèce, un pays de la zone euro qui n'arrive pas à sortir de la crise de la dette.

Le pari de Tsipras

Au pouvoir depuis juste huit mois, Alexis Tsipras a été contraint de signer un nouvel accord avec l'UE sur un troisième prêt au pays de 86 milliards d'euros, associé de nouvelles mesures d'austérité, ce qui lui a coûté la scission de son parti.

La Grèce avait déjà bénéficié de deux prêts successifs de l'UE et du FMI depuis le début de la crise en 2010.

Alexis Tsipras a exclu mercredi de former un gouvernement d'unité nationale avec les partis de droite ou de gauche s'il n'obtient pas la majorité absolue, dans un entretien à la chaîne de télévision Alpha.

«Je ne vais pas devenir un premier ministre qui coopère avec la Nouvelle Démocratie (droite)», le Pasok (socialistes) ou To Potami (centre-gauche), a-t-il souligné, appelant les Grecs à donner la majorité absolue à son parti.

Le premier ministre sortant avait mené des négociations ardues avec l'UE et le FMI, avant d'être contraint de se plier «au chantage» et «aux pressions» des créanciers. Il s'est dit «triste de la guerre civile» au sein de son parti, lors d'un entretien mercredi à AlphaTV. «Chacun a le droit d'avoir des positions différentes (...), on sera jugé pour nos choix», a-t-il souligné.

Âgé de 41 ans, M. Tsipras qui avait obtenu une victoire importante lors des législatives de janvier en promettant la fin de l'austérité en Grèce, reste populaire mais en l'absence de sondage récent, il est difficile de prévoir s'il va gagner son nouveau pari, soit une majorité absolue au prochain scrutin ou s'il devra se trouver un allié pour gouverner.

Son partenaire gouvernemental, le petit parti souverainiste des Grecs Indépendants (Anel) s'est dit prêt à coopérer de nouveau avec Syriza. Cependant, il n'est pas sûr que ce parti pourrait obtenir 3% des voix, un plafond minimum prévu par la Constitution, pour entrer au Parlement, selon les sondages récents.

De son côté, l'Union européenne (UE) ne semble pas très inquiète de ce nouveau scrutin. Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a indiqué lors de la démission d'Alexis Tsipras la semaine dernière, qu'il ne craignait pas que cette période électorale mette en danger la mise en oeuvre des réformes prévues par le nouvel accord.

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