Macédoine: la police débordée face à des centaines de migrants

Les forces spéciales de la police macédonienne déployées... (PHOTO ROBERT ATANASOVSKI, AFP)

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Les forces spéciales de la police macédonienne déployées depuis jeudi à la frontière gréco-macédonienne tentent d'endiguer le flux migratoire.

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Jasmina MIRONSKI, Vassilis Kyriakoulis
Agence France-Presse
Gevgelija et Idomeni

La crise migratoire à laquelle l'Europe fait face s'est poursuivie samedi avec des débordements à la frontière gréco-macédonienne où plusieurs milliers de personnes ont finalement pénétré en Macédoine, et une vaste opération en Méditerranée durant laquelle environ 3000 migrants ont été secourus.

Plus de 1500 migrants, surtout des Syriens souhaitant aller en Europe occidentale, qui étaient bloqués dans un no man's land, ont pénétré sans encombre en Macédoine depuis la Grèce, samedi en début de soirée, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Plus tôt dans la journée, un millier de migrants avaient débordé les policiers macédoniens et s'étaient rués vers la gare de Gevgelija, la ville macédonienne la plus proche, d'où plusieurs trains sont partis durant la journée dans la direction de la frontière avec la Serbie, dans le nord du pays.

Les policiers ont fait usage de matraques et ont tiré des grenades assourdissantes pour contenir le flux. Au moins quatre personnes ont été légèrement blessées.

Cette zone frontalière, située sur une plaine entre le village grec d'Idomeni et Gevgelija, était bouclée depuis trois jours par la police macédonienne.

Pendant des semaines, la Macédoine a toléré l'entrée massive de migrants sur son territoire en provenance de la Grèce, mais le gouvernement de Skopje a décrété jeudi l'état d'urgence et dépêché dans cette zone des forces de police et l'armée pour contenir ce flux.

«Nous allons continuer à exercer un contrôle renforcé de la frontière, comme le prévoit l'état d'urgence, et nous laisserons passer un nombre limité (de migrants), conformément à nos capacités», a déclaré samedi soir à l'AFP le porte-parole du ministère macédonien de l'Intérieur, Ivo Kotevski.

En Méditerranée une vingtaine d'embarcations à la dérive

Parallèlement, les garde-côtes italiens ont secouru environ 3000 migrants lors d'une vaste opération de sauvetage au large des côtes libyennes.

L'opération, l'une des plus imposantes missions de sauvetage réalisées au cours d'une journée et conduites par au moins sept bâtiments -six italiens et un norvégien-, s'est achevée sans qu'aucune victime n'ait été signalée.

Deux navires militaires - le Cigala Fulgosi et le Vega - ont secouru respectivement 507 et 432 migrants présents à bord de deux bateaux sur le point de couler. Les garde-côtes ont quant à eux récupéré un millier de personnes qui avaient embarqué sur des embarcations de fortune et des canots pneumatiques à partir des côtes libyennes dans la nuit du vendredi à samedi.

Un millier de migrants supplémentaires étaient en route vers des ports italiens à bord d'autres bateaux.

Plus de 104 000 migrants d'Afrique, du Proche-Orient et d'Asie du Sud ont atteint les ports d'Italie méridionale depuis le début de l'année après avoir été secourus en Méditerranée. Plus de 2300 sont morts en mer après avoir tenté de rallier l'Europe grâce à des passeurs.

Le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) Antonio Guterres s'est déclaré préoccupé par la situation à la frontière gréco-macédonienne. Dans un communiqué, son cabinet affirme que M. Guterres a obtenu l'assurance de la part du ministre des Affaires étrangères macédonien, Nikola Poposki, que la frontière ne serait «pas fermée à l'avenir».

Le HCR a appelé l'Union européenne à «augmenter son soutien aux pays affectés» par le flux des réfugiés.

Quelque 42 000 migrants, dont plus de 7000 enfants, sont arrivés depuis le 19 juin en Macédoine, avait précisé vendredi le gouvernement macédonien.

Les autorités grecques ont enregistré pour leur part l'arrivée dans leur pays depuis janvier de quelque 160 000 migrants, en provenance surtout des zones de guerre en Syrie, en Afghanistan ou en Irak.

Plus de 2000 personnes ont passé, sous la pluie, la nuit de vendredi à samedi dans le no man's land près de Gevgelija, mais d'autres migrants sont arrivés dans la matinée par centaines en provenance du port grec de Thessalonique, et la tension montait.

Après avoir entièrement bloqué pendant 24 heures le passage des migrants, les autorités macédoniennes avaient commencé vendredi à laisser passer des «catégories vulnérables», à savoir des familles avec des enfants et des femmes enceintes.

Débordées, les forces de police ont fini par laisser passer samedi l'ensemble de migrants qui se trouvaient dans le no man's land.

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