Tirs dans un train Amsterdam-Paris: une «attaque terroriste» selon la Belgique

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Des enquêteurs inspectent la scène de crime à la gare d'Arras.

PHILIPPE HUGUEN

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Benjamin MASSOT
Agence France-Presse
ARRAS

Un homme armé a ouvert le feu vendredi dans un train entre Amsterdam et Paris, faisant deux blessés, avant d'être maîtrisé par des passagers, des militaires américains, des faits qualifiés d'« attaque terroriste » par le premier ministre belge.

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Un blessé est transporté sur une civière.

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Des enquêteurs sur la plate-forme où est arrêté... (PHOTO PHILIPPE HUGUEN, AFP) - image 1.1

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Des enquêteurs sur la plate-forme où est arrêté le train à la gare d'Arras.

PHOTO PHILIPPE HUGUEN, AFP

La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé qu'elle se saisissait de l'enquête « au vu de l'armement utilisé, du déroulé des faits et du contexte » tandis que le premier ministre belge Charles Michel a qualifié d'« attaque terroriste » les tirs survenus peu avant 16H00 GMT (soit 11h heure de l'Est) lorsque le train Thalys était sur le territoire belge.

Le train a été immobilisé en gare d'Arras, dans le nord de la France, où le tireur a été arrêté.

Une source policière française a indiqué que le suspect, si son identité était confirmée, faisait l'objet d'une fiche des services de renseignements. Selon les tout premiers éléments de l'enquête, il serait Marocain ou d'origine marocaine et âgé de 26 ans.

« Nous avons deux blessés, mais aucun pronostic vital engagé. Une personne a été blessée par balle et une par arme blanche », a déclaré Fabienne Buccio, préfète de la région (représentante de l'État), à la radio France info.

Selon une source proche du dossier, l'homme blessé par balle a été héliporté à l'hôpital de Lille (Nord) tandis que la deuxième victime a été blessée par un couteau de précision (NDLR: Exacto) au niveau du coude, et porte une plaie superficielle. Souffrant également d'une fracture au doigt, ce blessé a été hospitalisé à Arras.

L'acteur français Jean-Hugues Anglade, présent dans le train, souffre quant à lui de contusions à une main, et devait quitter l'hôpital d'Arras dans la soirée.

L'auteur des tirs a été maîtrisé par deux militaires américains qui l'auraient entendu recharger une arme dans les toilettes, selon les tout premiers éléments de l'enquête. Il était en possession d'un fusil d'assaut kalachnikov, d'un pistolet automatique, de neuf chargeurs et d'un cutter, selon une source policière.

Cet homme a été interpellé et placé en garde à vue. Selon une source policière il serait probablement monté dans le train à Bruxelles.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé « la violence barbare d'un passager », précisant que l'un des blessés était un des passagers ayant maîtrisé l'agresseur, lors d'un point de presse à Arras.

«Il se passe quelque chose»

François Hollande a annoncé avoir appelé Charles Michel pour convenir avec lui de «coopérer étroitement» dans l'enquête, a indiqué un communiqué de l'Élysée.

«Les voyageurs sont en sécurité, la situation est maîtrisée. Le train est à l'arrêt et les services d'urgence sont sur place» a twitté Thalys, filiale de la SNCF (chemins de fer français), de son homologue belge SNCB et de l'allemand Deutsche Bahn.

En début de soirée, de 150 à 200 passagers se trouvaient sur le parvis de la gare d'Arras, avec leurs valises, en présence d'un grand nombre de policiers, d'un véhicule du Samu (secours médical) et de pompiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Nous étions dans le train et nous avons senti qu'il ralentissait peu avant Arras. Trente minutes plus tard, il s'est arrêté totalement. Une fois en gare, on est resté 15 minutes bloqué. Ensuite, il y a eu un message dans le train nous disant qu'une intervention de la police était en cours. On est sorti du Thalys et on a vu des blessés sur le quai», ont témoigné à l'AFP Maxime Vialat, et Charlotte Bosse, 20 ans.

Depuis les attentats du 7 janvier qui ont visé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo et le supermarché parisien Hyper Casher, faisant 17 morts, un plan de lutte antiterroriste a été mis en place dans tous les lieux publics et considérés comme sensibles.

Plusieurs personnalités, ainsi que de simples citoyens s'exprimant sur Twitter, ont rendu hommage au courage des deux militaires américains qui ont neutralisé le tireur.

M. Cazeneuve a salué ces deux Américains «particulièrement courageux», le premier ministre Manuel Valls leur exprimant sa «gratitude».

Deux hauts responsables de l'opposition de droite, Xavier Bertrand et Christian Estrosi, ont aussi rendu hommage à leur «courage».

La présidente du Front national (extrême droite), Marine Le Pen, a quant à elle estimé que la France était «désormais la cible constante d'assaillants déterminés et barbares».

Plusieurs attentats ont depuis janvier été déjoués sur le territoire français, selon les autorités, dont une attaque visant une église près de Paris au printemps et un projet d'attaque contre un site militaire dans le sud de la France.

Obama salue l'action «héroïque» des militaires américainsLe président américain Barack Obama a exprimé sa «profonde gratitude pour le courage et la réactivité de plusieurs passagers, y compris des membres de l'armée américaine, qui ont de manière altruiste maîtrisé l'assaillant». Il a rendu hommage aux «actions héroïques» qui ont probablement empêché une «tragédie bien pire».

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