Afflux de migrants: l'UE prête à aider financièrement la Grèce

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Ces derniers jours, des centaines de migrants en quête de papiers pour continuer leur voyage ont été refoulés sans ménagement par la police sur l'île égéenne de Kos, mais d'autres, plus nombreux encore, continuent d'arriver.

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Agence France-Presse
BRUXELLES

L'Union européenne (UE) s'est engagée vendredi à soutenir financièrement la Grèce, débordée par l'explosion du nombre d'arrivées de migrants, alors que le monde affronte la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le nombre d'arrivants en Europe a explosé et la Grèce est en première ligne, notamment ses îles égéennes qui ont accueilli, en juillet, 50 000 personnes, selon les chiffres du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, contre 1700 en janvier.

Ces derniers jours, des centaines de migrants en quête de papiers pour continuer leur voyage ont été refoulés sans ménagement par la police sur l'île égéenne de Kos, mais d'autres, plus nombreux encore, continuent d'arriver.

Pour aider les autorités locales débordées à faire face, Athènes a dépêché sur place vendredi un traversier qui doit servir de centre temporaire d'enregistrement, réservé aux quelque 7000 réfugiés syriens actuellement sur l'île.

La Commission européenne a assuré la Grèce de son «plein soutien», et son commissaire à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, a promis vendredi de verser «sous 4 ou 5 jours» 30 millions d'euros d'aide dès qu'Athènes en fera formellement la demande. Ce montant est issu d'un fonds de 2,4 milliards d'euros pour aider les pays de l'UE à améliorer leurs capacités d'accueil pour les réfugiés et la sécurité de leurs frontières d'ici 2020.

La Commission est également en train de traiter en priorité une demande d'urgence de 2,7 millions d'euros du gouvernement grec pour soutenir les efforts des Nations unies pour aider les migrants qui débarquent, et pourrait envoyer du matériel et du personnel humanitaire européen dans les points les plus chauds de la mer Égée.

Ces initiatives interviennent alors que le nombre de personnes chassées de chez elles par des conflits et des crises a dépassé les 50 millions pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le HCR de l'ONU.

C'est «la pire crise de réfugiés depuis la fin de Seconde guerre mondiale», a constaté M. Avramopoulos.

«L'aide financière n'apporte pas de solution globale» au problème, a réagi l'ONG Amnesty International, qui demande à l'Union européenne de «repenser ses politiques et pratiques en matière d'asile» à l'aune de cette crise sans précédent depuis 70 ans.

L'afflux auquel doivent faire face les îles grecques s'explique principalement par les coups portés à la filière des «bateaux fantômes», des navires voués à la démolition et sans équipage qui récupéraient des migrants au large de la Turquie pour aller en Italie.

«À défaut de l'Italie, ils vont en Grèce», a expliqué vendredi à l'AFP Joël Millan, de l'Organisation internationale pour les migrations. Et des dizaines de migrants embarquent désormais quotidiennement depuis les plages du sud-ouest de la Turquie pour rejoindre en canot les îles grecques.

«Aller n'importe où, mais pas rester ici»

Les conditions d'accueil y sont très précaires et les policiers n'hésitent pas à repousser les arrivants à coups de matraque et de gaz lacrymogène, ont constaté des journalistes de l'AFP. Sur l'île de Kos, les réfugiés dorment sous une tente ou à la belle étoile.

«Nous avons payé 20 euros pour une petite tente, 40 pour une grande. Les autorités grecques ne nous ont rien donné», a témoigné Hadir, une Syrienne de 34 ans, confiant vouloir «aller n'importe où, mais pas rester ici».

Mais, ailleurs en Europe, la situation est également difficile. Amnesty International a qualifié les conditions dans le principal centre d'accueil de demandeurs d'asile en Autriche de violation «honteuse» des droits de l'homme. Ce centre, situé à Traiskirchen, près de Vienne, accueille plus de 4000 personnes, dont 2.200 mineurs, pour 1800 places. La situation des mineurs est «particulièrement précaire» s'alarme Amnesty. Le pays table sur l'arrivée de plus de 80 000 nouveaux migrants cette année, après 28 000 l'an passé.

De l'autre côté de la frontière, en Allemagne, les demandeurs d'asile, originaires de Syrie, d'Afghanistan, mais aussi de Serbie et d'Albanie, s'entassent dans des gymnases, des conteneurs, des casernes et des tentes alors que Berlin anticipe un nombre record pour 2015, bien au-delà des 203 000 dossiers déposés en 2014.

Plus de 200 attaques, perpétrées essentiellement par des groupuscules d'extrême droite, y ont visé certains migrants depuis le début de l'année.

Dans le même temps, l'Europe mène une vaste chasse aux passeurs: la France a ainsi annoncé vendredi l'inculpation de six personnes pour leur implication dans un trafic de ressortissants albanais entre l'Hegaxone et la Grande-Bretagne.

«Ce n'est pas un problème grec, mais un problème européen», a insisté M. Avramopoulos, en citant la Hongrie, qui a enregistré 35 000 arrivées en juillet, grâce à la «route des Balkans» de plus en plus prisée par les migrants pour quitter la Grèce, en traversant la Macédoine, l'Albanie, le Kosovo et la Serbie.

Certains de ces pays, candidats à l'adhésion à l'UE, «ne prennent pas les mesures nécessaires pour garder la situation sous contrôle», a-t-il déploré.

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