Meurtres à Ikea en Suède: deux Érythréens soupçonnés, le mobile inconnu

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Le mobile du double homicide reste inconnu, mais les services de sécurité (Säpo) ont précisé à l'AFP ne pas participer à l'enquête, alors qu'ils le feraient s'il y avait suspicion d'une motivation politique ou religieuse.

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Agence France-Presse
STOCKHOLM

La police soupçonnait mardi deux Érythréens du double meurtre commis lundi dans un magasin Ikea en Suède, un qui a nié les faits, et un autre qui n'a pu être entendu, hospitalisé dans un état critique.

Deux clients, un jeune homme et sa mère, ont été tués dans ce magasin de Västerås, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Stockholm, lundi vers 13 heures.

«Nous pouvons confirmer que ce sont une femme de 55 ans et son fils de 28 ans qui sont décédés», a déclaré à l'AFP une porte-parole de la police de Västerås, Victoria Holmgren. Ils sont originaires du nord de la Suède.

Les enquêteurs, qui se basent sur des témoignages, mais ont aussi indiqué disposer d'images de vidéosurveillance, ont deux suspects. Ils n'ont pas expliqué quel rôle chacun d'entre eux pourrait avoir eu.

Lors d'une conférence de presse mardi, le responsable de la police locale et la vice-procureure chargée de l'enquête, Eva Morén, ont révélé qu'ils étaient tous deux Érythréens. Ils se connaissent bien, étant domiciliés dans un centre pour demandeurs d'asile à Arboga, à une cinquantaine de kilomètres des lieux du double homicide.

Le mobile reste inconnu, mais les services de sécurité (Säpo) ont précisé à l'AFP ne pas collaborer à l'enquête. Ils y participeraient s'il y avait suspicion d'une motivation politique ou religieuse.

«Nous ne savons rien sur le mobile aujourd'hui. C'est l'enquête qui nous permettra de le connaître», a expliqué la magistrate. «Il n'y a aucun élément politique d'après ce que nous savons pour le moment», a précisé le responsable policier.

Le premier suspect est un homme de 23 ans qui a été interpellé très peu de temps après les faits à un arrêt de bus, grâce aux indications de plusieurs témoins. Il «nie les faits qui lui sont reprochés», a rapporté Mme Morén.

Le deuxième mis en cause est un homme de 35 ans retrouvé grièvement blessé sur le lieu des meurtres, qui avait été à l'origine décrit comme victime. Hospitalisé en soins intensifs, il n'avait encore pas pu être entendu mardi.

«Son état a été stable durant la nuit, mais il est toujours critique», a indiqué à l'AFP une porte-parole des autorités sanitaires régionales, Eva Lindahl.

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- Enquête de personnalité - p/

La police a perquisitionné les chambres des deux suspects mardi matin et enquêtait sur la personnalité des deux Érythréens.

L'enquête de police technique et scientifique se poursuivait par ailleurs à l'Ikea de Västerås, fermé jusqu'à nouvel ordre. De nombreux témoins qui se trouvaient sur les lieux doivent également être entendus, la police se refusant à en préciser le nombre.

Peu d'éléments ont été révélés sur les victimes.

«La femme et son fils étaient là en vacances, habitant une autre région du pays, mais ils avaient des liens avec Västerås», a écrit le quotidien local VLT, sans citer de source. «Ils étaient chez Ikea pour faire du magasinage. Au rayon accessoires de cuisine il s'est passé quelque chose qui a fait qu'ils ont été attaqués avec un couteau», a ajouté le journal.

Les enquêteurs devront éclaircir les raisons pour lesquelles seules deux personnes ont été visées parmi les centaines qui se trouvaient dans le magasin à ce moment-là, et les conditions dans lesquelles a été blessé l'homme de 35 ans.

D'après des sources policières citées par VLT, «les suspects ont selon toute vraisemblance utilisé des couteaux provenant des rayons d'Ikea». Mme Morén n'a ni confirmé ni infirmé: «des couteaux ont été trouvés sur place», a-t-elle dit.

La police a renforcé la sécurité autour des foyers pour demandeurs d'asile, pour éviter des représailles.

Le double homicide rappelle un événement traumatisant pour la Suède, le meurtre en 2003 de la ministre des Affaires étrangères Anna Lindh, poignardée dans un grand magasin de Stockholm par un Suédois d'origine serbe de 24 ans avec des antécédents psychiatriques.

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