Naufrage au large de la Libye: plus de 200 disparus

Sept navires participent aux opérations de recherche, soutenus... (Photo Darrin Zammit Lupi, Reuters)

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Sept navires participent aux opérations de recherche, soutenus par des hélicoptères et un drone.

Photo Darrin Zammit Lupi, Reuters

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Fanny Carrier
Agence France-Presse
Rome

Plus de 200 personnes étaient portées disparues mercredi après-midi au large des côtes libyennes après le naufrage d'un bateau de pêche surchargé de migrants, ont annoncé les gardes-côtes italiens.

Une opération de secours massive a permis de récupérer quelque 400 survivants et 25 corps, selon un dernier bilan des gardes-côtes effectué à 18h GMT (14h heure du Québec), mais d'après plusieurs sources, il y avait plus de 600 personnes à bord.

Selon les autorités irlandaises, dont un navire militaire, le Lé Niamh, a été parmi les premiers à porter secours aux migrants, «367 personnes (342 hommes, 12 femmes et 13 enfants) ont été secourues et se trouvent désormais à bord».

«Les opérations de recherche d'éventuels survivants vont se poursuivre toute la nuit», a affirmé en début de soirée à l'AFP un porte-parole des gardes-côtes.

Sept navires y participent, soutenus par des hélicoptères et un drone.

Un bébé d'un an environ, fiévreux, et une personne ayant une jambe cassée, ont été hélitreuillés vers l'île voisine de Lampedusa, a précisé à l'AFP Federico Fossi, porte-parole en Italie du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Ce naufrage pourrait être le pire depuis celui qui a coûté la vie à quelque 800 personnes en avril.

Les gardes-côtes ont expliqué à l'AFP avoir reçu l'appel au secours à Catane (Sicile), d'où il a été répercuté à leur centre de Rome, chargé de coordonner les secours de tous les bateaux de migrants au sud de l'Italie.

Deux bateaux patrouillant dans la zone, à environ 15 milles des côtes libyennes, ont immédiatement été envoyés sur place, le Dignity 1, affrété par Médecins Sans Frontières (MSF), et le Lé Niamh.

Arrivé en premier vers 10h50 GMT (6h50 heure du Québec), le navire irlandais a mis à l'eau deux canots pour s'approcher du bateau surchargé, qui s'est alors retourné, probablement sous l'effet d'un léger mouvement de foule.

Selon Federico Fossi, la mer était très calme, mais le bateau a rapidement coulé parce qu'il était en métal, et beaucoup de migrants sont probablement restés bloqués dans l'épave.

Dans un entretien au quotidien La Repubblica, Loris De Filipi, président de MSF Italie, a raconté que ses équipes avaient vu «des gilets de sauvetage et des morceaux de bois un peu partout».

Familles à bord

Dans la matinée, Nawal Soufi, une militante italienne par qui passent de nombreux appels de Syriens en détresse en mer, avait annoncé avoir reçu vers 7h GMT (3h heure du Québec) l'appel à l'aide d'un bateau en métal avec environ 600 personnes à bord et l'avoir transmis aux gardes-côtes de Catane.

Ce bateau se trouvait légèrement au nord de la ville libyenne de Zouara, non loin de la frontière tunisienne, et avait des familles avec des enfants à bord. Mais l'eau avait envahi la salle des machines et il n'arrivait plus à avancer.

Selon les gardes-côtes italiens, il s'agit «probablement» du même bateau.

Lors du drame d'avril, les dépouilles des migrants noyés avaient été débarquées à Malte et les survivants en Sicile, près de 48 heures après le naufrage.

Malgré un important renforcement de l'opération européenne Triton, dont les moyens et les compétences sont désormais similaires à ceux de l'ancienne opération italienne Mare Nostrum, les conditions dans lesquelles les migrants tentent de traverser la Méditerranée rendent chaque voyage périlleux.

Ces dernières semaines, plusieurs migrants morts de déshydratation après moins d'une journée en mer ont ainsi été retrouvés dans les bateaux secourus.

Selon l'OIM, la barre des 2000 morts et disparus en Méditerranée cette année a été franchie pendant le week-end, alors que celle des 200 000 arrivées par la mer, en Italie et en Grèce, devait être atteinte dans les prochains jours.

Face à cet afflux, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est dit «déçu» par les difficultés rencontrées pour faire accepter une solidarité entre les États, dans un entretien mercredi à l'AFP.

«Il n'y a pas de bonne politique en la matière. Il faut essayer de jeter des ponts entre les idées nobles et la réalité des différentes situations politiques dans les États membres», a-t-il reconnu, tout en appelant à ne «pas se laisser aveugler par la pensée populiste».

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