La Turquie prépare une offensive d'envergure contre l'EI

Les États-Unis encouragent depuis longtemps la Turquie, allié... (PHOTO AP)

Agrandir

Les États-Unis encouragent depuis longtemps la Turquie, allié au sein de l'OTAN, à accentuer la lutte contre le groupe État islamique, ce qu'Ankara s'était montré réticent à faire jusqu'à il y a peu.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Burak Akinci
Agence France-Presse
Ankara

La Turquie a annoncé mercredi qu'elle allait bientôt lancer une «lutte d'envergure» contre le groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie, après avoir bombardé quasi exclusivement des positions kurdes en Irak depuis deux semaines.

La Turquie va «bientôt» commencer à combattre l'EI dans le cadre d'une «lutte d'envergure», a affirmé le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu lors d'une rencontre avec son homologue américain John Kerry en Malaisie, en marge des réunions annuelles de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean).

Il a souligné, cité par l'agence progouvernementale turque Anatolie que «les avions américains ont commencé à arriver» en Turquie, sans donner plus de précision.

Les États-Unis encouragent depuis longtemps la Turquie, allié au sein de l'OTAN, à accentuer la lutte contre le groupe État islamique, ce qu'Ankara s'était montré réticent à faire jusqu'à il y a peu.

Cette position dénoncée régulièrement en Turquie et à l'étranger a changé après une attaque sanglante attribuée à l'EI le 20 juillet qui a coûté la vie à 32 personnes sur le sol turc, dans le sud du pays, frontalière avec la Syrie.

La Turquie a ensuite lancé le 24 juillet une «guerre contre le terrorisme» visant simultanément le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et les combattants de l'EI dans le nord de la Syrie. Mais jusqu'à présent, les raids ont visé en très grande majorité la rébellion kurde, ces violences mettant un terme à près de trois années d'accalmie et à un fragile processus de paix.

Mevlut Cavusoglu a également fait savoir que la Turquie entrainait et équipait des membres de l'opposition modérée syrienne. La Turquie, dirigée depuis 2002 par le régime islamoconservateur du président Recep Tayyip Erdogan, n'a jamais fait mystère de son opposition au régime de Bachar al-Assad, son allié d'autrefois avec lequel elle a rompu.

«Actuellement, avec les États-Unis, nous entraînons et équipons l'opposition modérée et nous allons aussi démarrer notre combat contre Daech (acronyme arabe de l'ÉI), bientôt, et de manière efficace», a assuré le ministre des Affaires étrangères.

En juillet, Ankara a annoncé qu'elle autoriserait des avions militaires américains à lancer des attaques contre des jihadistes de l'EI depuis la base aérienne d'Incirlik dans le sud de la Turquie.

Cette initiative a marqué un accroissement significatif du rôle de la Turquie dans sa lutte contre les militants de l'EI, qui ont saisi de larges territoires en Irak et en Syrie.

Dans une première initiative concrète de la présence militaire en Turquie, le ministère américain de la Défense a affirmé lundi soir que des drones armés de l'US Air Force avaient décollé d'Incirlik pour conduire des missions en Syrie.

L'ÉI, alibi pour affaiblir le PKK

Pour ses détracteurs, l'administration d'Erdogan se sert de la lutte contre l'EI comme alibi pour affaiblir le PKK et ses alliés, dont sa vitrine politique, le Parti de la démocratie des peuples (HDP), qui a réussi à envoyer 80 députés (sur 550) au parlement d'Ankara à l'issue des législatives du 7 juin.

Son leader charismatique, Selahattin Demirtas, opposant et cible numéro un d'Erdogan, l'homme fort de Turquie, devait se rendre mercredi pour une visite surprise à Bruxelles pour y rencontrer des dirigeants exilés du PKK, a indiqué à l'AFP son entourage.

L'armée turque, engagée sur plusieurs fronts, a par ailleurs renouvellé mercredi son état-major lors d'une réunion annuelle.

Necdet Özel, chef d'état-major des armées depuis 2011, part à la retraite. Il a été remplacé comme attendu par le commandant de l'armée de terre, le général Hulusi Akar, comme le veut la tradition militaire.

Sur le plan politique, la situation reste bloquée et aucun gouvernement n'a pu être formé depuis le scrutin de juin qui a privé le parti gouvernemental de la justice et du développement (AKP) de sa majorité gouvernementale.

Si les négociations en cours entre l'AKP et le parti social-démocrate CHP échouent d'ici le 23 août, éventualité sur laquelle parient les observateurs, le chef de l'État pourrait convoquer de nouvelles élections qui pourraient cependant ne pas débloquer la situation, selon les derniers sondages.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer