Migrants: plus de 2000 décès en Méditerranée cette année

Quelque 188 000 migrants sont arrivés depuis janvier... (Photo Darrin Zammit Lupi, Reuters)

Agrandir

Quelque 188 000 migrants sont arrivés depuis janvier en Europe via la Méditerranée.

Photo Darrin Zammit Lupi, Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
GENÈVE

Le cap des 2000 migrants et réfugiés morts cette année en mer Méditerranée en tentant de gagner l'Europe par la mer a été franchi ce week-end, un bilan humain tragique qui surpasse déjà celui de l'ensemble de l'année 2014.

«Malheureusement nous avons atteint ce week-end un nouveau niveau avec plus de 2000 migrants et réfugiés morts» en 2015 en tentant de joindre l'Europe via la Méditerranée, a indiqué mardi à Genève Itayi Virri, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pour toute l'année 2014, 1607 migrants avaient péri dans leur traversée hasardeuse de la Méditerranée.

L'OIM indique également que quelque 188 000 migrants sont arrivés depuis janvier en Europe, principalement en Grèce et en Italie, via la Méditerranée et elle s'attend à ce que le chiffre symbolique des 200 000 personnes soit «très rapidement atteint».

Approximativement 97 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Grèce et 90.500 en Italie, mais les décès sont essentiellement enregistrés dans les tentatives de traversée depuis l'Afrique du Nord vers l'Italie. Il y a eu 1930 décès sur cette route contre une soixantaine sur la route de la Grèce, généralement depuis la Turquie. Ce bilan est plus modeste, car la traversée est beaucoup plus courte entre les côtes turques et les îles grecques.

Dix-neuf décès dans le canal de Sicile ce week-end sont venus s'ajouter à ce bilan, précise l'OIM. Dans un des cas, 14 corps ramenés dans le port sicilien de Messine, les migrants sont morts d'épuisement et de soif après que l'eau potable eut été utilisée pour refroidir le moteur du bateau, selon les témoignages recueillis par l'OIM.

Pression maintenue à Calais

Pour beaucoup de ces migrants, la Grande-Bretagne reste l'objectif final de leur marche vers l'Europe du nord et Calais, dans le nord de la France, reste un point de passage malgré le dispositif policier mis en place par la France en coordination avec les Britanniques.

Quelque 600 tentatives d'intrusion de migrants, selon la police, ont été déjouées dans la nuit de lundi à mardi aux abords du tunnel sous la Manche, près de Calais, qui faisait par ailleurs l'objet d'une «inspection» provoquant des retards de trafic.

Ce chiffre est cependant en forte baisse comparé aux 1700 tentatives de candidats à l'immigration en Angleterre enregistrées la nuit précédente.

Le groupe Eurotunnel qui gère l'installation sous-marine entre la France et l'Angleterre a annoncé qu'il effectuait une inspection au sein du couloir sud du tunnel, après la détection d'une «anomalie», qu'il n'a pas précisée, mais qui provoquait des retards dans le trafic mardi matin.

Les passagers devaient tabler sur une attente de deux heures au départ de Folkestone en Angleterre, et d'une heure côté français, le trafic étant détourné sur le seul tunnel nord.

Dans la nuit, environ 500 migrants ont été dénombrés aux abords du site, pour 600 tentatives d'intrusion, dont 400 ont été repoussées. Environ 180 personnes interceptées ont été reconduites hors du site et une vingtaine interpellées, a détaillé une source policière.

«Responsabilité morale» de l'Europe

Selon l'OIM, de 3000 à 5000 migrants campent à Calais dans l'attente d'un hypothétique moyen de traverser la Manche.

Dix sont morts dans leurs tentatives depuis le 1er juin. «L'Europe a une responsabilité morale et politique pour répondre (à cette crise) de façon humanitaire», a souligné Eugenio Ambrosi, directeur de l'OIM pour l'Union européenne.

Il appelle à des solutions à long terme, avec des protections internationales pour ceux qui arrivent en Europe. L'OIM souligne également que les projets de renforcer les barrières autour du port et du tunnel «seront inefficaces pour contrôler les migrations irrégulières, mais également dangereux pour les migrants, et augmenteront les demandes pour les passeurs».

À Bruxelles, la Commission Européenne a indiqué que le Commissaire pour les migrations et les Affaires intérieures Dimitris Avramopoulos doit appeler mardi les ministres de l'Intérieur français et britannique pour voir ce que Bruxelles peut faire sur le plan de l'aide financière et pratique dans le traitement des demandes d'asile et de l'organisation des retours.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer