Les éleveurs français ne décolèrent pas

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Malgré son intervention et un plan d'urgence du gouvernement, la mobilisation n'a pas faibli. Plusieurs autoroutes étaient bloquées jeudi matin par des barrages de tracteurs, comme ici à l'entrée nord de Lyon.

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Agence France-Presse
PARIS

François Hollande a été contraint jeudi de monter au créneau face à la colère des éleveurs qui ont érigé des barrages sur de nombreuses routes de France, bloquant notamment les principaux accès à Lyon, la deuxième métropole du pays.

Le président français a appelé tous les acteurs de la chaîne agroalimentaire (abatteurs, transformateurs, distributeurs) à produire «l'effort indispensable» pour aboutir à une hausse des prix de la viande et du lait, dont les cours au plus bas menacent la survie de nombreuses exploitations.

Malgré son intervention et un plan d'urgence du gouvernement, la mobilisation n'a pas faibli. Plusieurs autoroutes étaient bloquées jeudi matin par des barrages de tracteurs, comme celle reliant Paris à Toulouse (sud-ouest) par le Massif Central, région de petites exploitations particulièrement touchées par cette crise.

Dans l'est, les trois autoroutes d'accès à Lyon, point essentiel dans le chassé-croisé des vacanciers, étaient également bloquées par des barrages filtrants.

Les éleveurs de ces régions sont venus en renfort de leurs collègues de Normandie (nord-ouest) qui avaient lancé le mouvement la semaine dernière. Dans cette région, les accès au site touristique du mont Saint-Michel, qui avaient été dégagés mercredi soir, ont de nouveau été bloqués jeudi.

À ces actions pénalisantes pour l'économie du pays et pour le tourisme en période estivale, s'ajoutent d'autres initiatives, comme le déversement de lisier devant des grandes surfaces à Brive-la-Gaillarde (centre).

Lors d'une rencontre avec des représentants du monde agricole à Dijon (centre-est), le président socialiste a souligné que des mesures d'urgence «indispensables» avaient été prises mercredi (allègements de charges, restructuration de la dette) avec l'apport de 600 millions d'euros (environ 851 millions de dollars) par l'État.

«Mais nous devons agir sur les prix, aussi bien du lait que de la viande», a-t-il ajouté. Les distributeurs, les abatteurs et les transformateurs «doivent «rendre des comptes sur ce qui est en cause dans la filière» afin de mieux rémunérer les producteurs, a-t-il dit.

«Manger français»

M. Hollande, comme son premier ministre Manuel Valls, a aussi insisté sur la généralisation de l'approvisionnement local pour la restauration collective de l'État (cantines scolaires, administration...).

«Il y a encore dans les cantines deux tiers de l'approvisionnement qui ne vient pas de France. Il s'agit de respecter les règles européennes, mais aussi de faire en sorte qu'il puisse y avoir des approvisionnements qui soutiennent la filière animale, c'est-à-dire les agriculteurs de France», a déclaré le président.

Le slogan «manger français» est porté par le puissant syndicat agricole FNSEA, l'un des porte-paroles de la première puissance agricole d'Europe. Les mouvements écologistes, eux, mettent l'accent sur la nécessité de privilégier la consommation de productions locales et de qualité, un mot d'ordre encouragé par les pouvoirs publics avant la grande conférence internationale sur le climat COP21 à Paris à la fin de l'année.

M. Hollande a aussi annoncé que des initiatives allaient être prises à l'international pour valoriser les productions agricoles françaises auprès des principaux acheteurs (Turquie, Grèce, Maghreb). «Je me rendrai en Chine au début du mois de novembre, pour soutenir aussi la production laitière», a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a de son côté souhaité un «conseil formel» avec ses homologues européens. «Il faut aussi que l'Europe prenne maintenant ses responsabilités», a-t-il estimé, alors que les productions françaises souffrent particulièrement de la concurrence des produits de l'est.

Les prix du lait et du porc sont également affectés par les effets de l'embargo russe sur l'agroalimentaire occidental et la fin des quotas laitiers européens.

Malgré ces annonces, «les conditions ne sont pas réunies pour lever les blocages», car «les gens n'ont pas confiance», a prévenu jeudi le président de la Fédération nationale des éleveurs bovins (FNB), Jean-Pierre Fleury.

Le président de la FNSEA Xavier Beulin a annoncé que les éleveurs préparaient de «nouveaux mouvements dans les deux ou trois jours qui viennent». La colère doit «pouvoir s'exprimer», a-t-il dit, tout en appelant à la «pondération sur le terrain», particulièrement le week-end où les vacanciers seront nombreux sur les routes.

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