Turquie: nouvelles manifestations antichinoises

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Jeudi après-midi, une manifestation de protestation s'est également déroulée devant l'ambassade de Chine à Ankara.

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Agence France-Presse
ISTANBUL

Les manifestations violentes se sont poursuivies jeudi en Turquie pour dénoncer la politique des autorités chinoises envers la minorité turcophone musulmane ouïghoure, sur fond de tensions diplomatiques croissantes entre Ankara et Pékin.

À l'appel d'une association oeuvrant en faveur des droits des Ouïghours, quelque 200 personnes ont, dans la nuit de mercredi à jeudi, saccagé le consulat de Thaïlande pour dénoncer la décision de Bangkok d'expulser vers la Chine un groupe d'une centaine de membres de cette communauté.

Les manifestants ont détruit les portes et les fenêtres du bâtiment, arraché le drapeau thaïlandais puis jeté du matériel par la fenêtre, a rapporté l'agence de presse Dogan.

La police turque a interpellé neuf manifestants, selon Dogan.

Jeudi après-midi, une autre manifestation de protestation s'est déroulée devant l'ambassade de Thaïlande à Ankara. Lors de ce rassemblement, plusieurs personnes ont attaqué une touriste asiatique qui passait à proximité en pensant qu'elle était chinoise, a indiqué l'agence Dogan.

Les autorités thaïlandaises ont confirmé jeudi avoir expulsé une centaine de musulmans ouïghours chinois arrêtés en Thaïlande en novembre dernier en possession de faux passeports, alors qu'ils fuyaient leur pays d'origine.

«Nous sommes consternés d'apprendre que 115 Ouïghours turcophones détenus en Thaïlande ont été expulsés vers un pays tiers», a déploré jeudi le ministère des Affaires étrangères turc dans un communiqué.

Ces expulsés faisaient partie d'un groupe de 300 personnes dont 173 ont été accueillies fin juin sur le territoire turc, selon Ankara.

Depuis le début du mois musulman du ramadan mi-juin, plusieurs villes turques ont été le théâtre de manifestations pour dénoncer la politique chinoise envers les Ouïghours.

Le chef du Parti de l'action nationaliste (MHP, droite nationaliste) Devlet Bahçeli a justifié mercredi les manifestations contre Pékin et a excusé ces dérapages.

«Notre jeunesse idéaliste est très sensible à l'oppression qui sévit en Chine», a-t-il dit. «En outre, quelle est la différence entre un Coréen et un Chinois? (...) ils ont tous les yeux bridés», a-t-il ajouté, provoquant un concert de protestations sur les réseaux sociaux.

Pékin a conseillé la prudence à ses ressortissants voyageant en Turquie.

Les Ouïghours se plaignent que leurs droits linguistiques, culturels et religieux sont bafoués dans leur berceau de la province chinoise du Xinjiang.

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