Royaume-Uni: vaste enquête publique sur la pédophilie

Cette enquête, annoncée l'été dernier par la ministre... (PHOTO TOBY MELVILLE, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Cette enquête, annoncée l'été dernier par la ministre de l'Intérieur Theresa May, fait suite à des révélations de presse confirmées par les ministères concernés ayant montré que 114 dossiers relatifs à des accusations de sévices sexuels infligés à des enfants entre 1979 et 1999 avaient disparu.

PHOTO TOBY MELVILLE, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
LONDRES

Une vaste enquête publique indépendante sur des accusations de pédophilie impliquant des responsables politiques et des institutions publiques dans les années 1980-90 au Royaume-Uni a été ouverte jeudi.

Cette enquête, annoncée l'été dernier par la ministre de l'Intérieur Theresa May, fait suite à des révélations de presse confirmées par les ministères concernés ayant montré que 114 dossiers relatifs à des accusations de sévices sexuels infligés à des enfants entre 1979 et 1999 avaient disparu.

L'un de ces dossiers porte, selon la presse, sur l'implication de députés et d'autres personnalités politiques dans un réseau de pédophilie.

L'enquête a été retardée par la démission des deux précédentes juges accusées de conflit d'intérêts. Elizabeth Butler-Sloss a ainsi dû renoncer parce que son frère Michael Havers, procureur général dans les années 80, est accusé d'avoir tenté d'empêcher un ancien parlementaire de rendre publiques des accusations de sévices sexuels.

Pour éviter toute nouvelle accusation de connivence, la juge néo-zélandaise Lowell Goddard a été nommée en février pour mener cette enquête, expliquant devant les députés britanniques n'avoir aucun lien avec l'establishment du pays.

«C'est l'enquête publique la plus importante et la plus ambitieuse de l'histoire de l'Angleterre et du Pays de Galles», a-t-elle fait valoir jeudi, appelant toutes les victimes à se faire connaître.

Reconnaissant que la tâche était «immense», la juge a précisé que les premiers éléments de l'enquête, qui pourrait durer plusieurs années, suggérait «qu'un enfant sur 20 en Angleterre et au Pays de Galles a été agressé sexuellement».

«Les chiffres véritables pourraient être pires que les estimations officielles», a-t-elle mis en garde.

Elle a écrit à plus de 240 institutions - police, service public de santé (NHS), églises... - pour exiger qu'elles recherchent et lui transmettent tout document pouvant être utile à l'investigation.

En mars dernier, la police des polices britannique avait également ouvert une enquête à la suite de plaintes accusant des policiers d'avoir couvert les agissements d'un réseau de pédophiles impliquant des responsables politiques et des institutions publiques dans les années 1970-2000.

Une autre enquête de la police est en cours sur les agressions sexuelles d'enfants qui auraient été commises au cours de ces années.

En décembre, une victime présumée, identifiée sous le nom de Nick, avait raconté aux enquêteurs comment lui et plusieurs autres garçons étaient conduits à différentes adresses de Londres et de sa périphérie, y compris sur des bases militaires, où ils étaient agressés sexuellement par des groupes d'hommes.

Il avait aussi accusé des députés et d'autres personnalités de premier plan d'être liés au meurtre de trois enfants, âgés entre 7 et 16 ans.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer