Intégration des immigrés: la France, cancre de l'OCDE

Le document égrène les chiffres: moins de trois... (PHOTO YOUSSEF BOUDLAL, ARCHIVES REUTERS)

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Le document égrène les chiffres: moins de trois immigrés sur cinq en emploi, 30 % des ménages immigrés en situation de pauvreté relative (contre 13 % des autres ménages, soit l'un des écarts de revenu «les plus élevés de la zone OCDE»), résultats scolaires «faibles» pour les enfants d'immigrés évalués à 15 ans...

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Agence France-Presse
PARIS

La France doit s'attaquer aux «défis persistants» de l'intégration de ses immigrés et de leurs enfants, qui connaissent des taux de chômage et de réussite scolaire à la traîne au sein de l'OCDE, estime l'organisation dans un rapport publié jeudi.

Le document égrène les chiffres: moins de trois immigrés sur cinq en emploi, 30 % des ménages immigrés en situation de pauvreté relative (contre 13 % des autres ménages, soit l'un des écarts de revenu «les plus élevés de la zone OCDE»), résultats scolaires «faibles» pour les enfants d'immigrés évalués à 15 ans...

Sur le marché de l'emploi, 43 % des immigrés d'âge actif (contre 29 % en moyenne pour les 34 pays industrialisés membres de l'OCDE) sont peu ou pas diplômés, une part seulement dépassée en Europe du Sud.

Les questions d'accès au logement, de déclassement, d'accès au système de santé se posent en France «avec nettement moins d'acuité que dans le reste de l'Europe», note l'OCDE. Mais au bout du compte, la situation dans ce pays, où plus d'un quart de la population est issue de l'immigration, est comparable «à certains égards» à celle de l'Italie, nouveau pays de destination.

Le parcours scolaire est à cet égard éclairant: les enfants immigrés originaires de familles défavorisées ont près de six fois moins de chances que ceux nés dans le pays de figurer parmi les meilleurs élèves - contre deux fois moins de chances en moyenne en Europe.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce constat: marché du travail compliquant les «petits boulots», mauvaise maîtrise de la langue, manque de contacts ou encore, dans un pays chérissant les diplômes, réticence des employeurs face à des formations qu'ils ne connaissent pas...

La difficulté à intégrer s'illustre également dans le sentiment de discrimination, qui s'avère plus fort chez des descendants d'immigrés (27 %) que les immigrés eux-mêmes (17 %).

C'est un «paradoxe total», constate Jean-Christophe Dumont, responsable des migrations internationales au sein de l'institution. «Pour ceux qui sont nés en France, le fait de ne pas avoir accès à tous les niveaux de la société crée des frustrations énormes». «Cela porte en soi les germes d'un clivage, d'une fracture», qui «ne se résoudra pas d'elle-même», avertit-il.

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