Quand Sarkozy compare la crise des migrants à une fuite d'eau

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Sur le ton de l'ironie, l'ancien président avait raillé le projet de la Commission européenne de répartir les demandeurs d'asile entre les pays de l'UE et comparé à une fuite d'eau l'afflux de migrants en Europe.

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Agence France-Presse
PARIS

Des critiques se sont abattues vendredi en France et en Italie sur Nicolas Sarkozy, au lendemain de propos controversés de l'ancien président français de droite comparant l'afflux de migrants en Europe à une grosse fuite d'eau.

Interrogé sur les déclarations de son prédécesseur, l'actuel président socialiste François Hollande, a appelé à faire preuve de «gravité» et de «maîtrise» dans les débats sur l'immigration.

«Quand il s'agit de personnes, d'êtres humains, quand il y a des sujets aussi graves, je crois que - ça vaut pour tout le monde - il faut les aborder et les évoquer avec gravité et donc avec maîtrise», a répondu le chef de l'État.

«La vie politique mérite mieux que ces phrases stigmatisantes et qui ne sont pas au niveau», a réagi le premier ministre Manuel Valls.

En cause: des propos tenus jeudi soir par M. Sarkozy, aujourd'hui chef de l'opposition de droite en France, lors d'une réunion publique dans la banlieue nord de Paris.

Sur le ton de l'ironie, l'ancien président avait raillé le projet de la Commission européenne de répartir les demandeurs d'asile entre les pays de l'UE et comparé à une fuite d'eau l'afflux de migrants en Europe: dans «une maison, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine. Le réparateur arrive et dit: "j'ai une solution. On va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, un quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas, il reste la chambre des enfants"», avait-il dit.

«Avec Sarkozy, c'est la République qui prend l'eau», a réagi le Parti socialiste au pouvoir, en lui reprochant un «numéro de "stand-up" de mauvais goût» pour séduire les électeurs attirés par le parti d'extrême droite du Front national (FN).

«Si l'immigration est "une grosse fuite d'eau" comme dit Sarkozy, il est lui l'un des faux plombiers qui nous a fourni un tuyau crevé...», a brocardé sur Twitter le numéro deux du FN, Florian Philippot.

Les propos de M. Sarkozy ont suscité un certain embarras dans son propre camp. «Tout ça est délibéré chez lui. Des sorties comme ça, il y en aura dix autres... C'est sa stratégie», a décrypté un ancien ministre de droite.

Ils lui ont aussi valu, hors de France, les critiques du secrétaire d'État italien aux Affaires européennes Sandro Gozi: «Dommage que ce soit lui qui ait cassé la canalisation en faisant la guerre en Libye sans savoir que faire après la guerre. Et sa blague est encore plus malheureuse quand on pense à la tragédie des milliers de personnes qui se sont noyées dans les eaux de la Méditerranée», a réagi M. Gozi sur son compte Facebook.

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