Turquie: explosions mortelles à un meeting du parti kurde

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Selon un bilan encore provisoire, au moins deux personnes sont mortes et plus d'une centaine ont été blessés, dont certaines très grièvement.

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Agence France-Presse
DIYARBAKIR

Au moins deux personnes ont été tuées et plus de cent autres blessées vendredi dans le sud-est de la Turquie dans deux explosions d'origine indéterminée survenues lors d'une réunion de campagne du principal parti kurde, à deux jours des élections législatives.

Ces déflagrations, dont l'une très puissante, se sont produites à proximité d'un transformateur électrique situé sur une place de la grande ville de Diyarbakir, où des dizaines de milliers de partisans du Parti démocratique du peuple (HDP) étaient réunis pour entendre leur chef de file Selahattin Demirtas.

Selon un bilan encore provisoire fourni par le ministre de l'Agriculture Medhi Eder, originaire de Diyarbakir, au moins deux personnes sont mortes et plus d'une centaine ont été blessés, dont certaines très grièvement.

Le secrétaire général de l'ordre local des médecins, Cengiz Günay, a évoqué auprès de l'AFP un bilan de quatre morts, qui n'a pas été confirmé de source officielle.

Des sources hospitalières interrogées par l'AFP ont évoqué au moins 130 blessés, dont 25 dans un état jugé extrêmement sérieux.

Les premières informations ont situé l'origine de la plus puissante explosion dans un transformateur électrique, mais le ministre de l'Énergie Taner Yildiz a remis en cause cette hypothèse, situant son origine à «l'extérieur» de l'installation sans toutefois préciser s'il pouvait s'agir d'une bombe.

«Notre inspection a clairement montré que la source de l'explosion n'était pas le transformateur», a affirmé M. Yildiz devant la presse.

Cet incident, le plus grave survenu depuis le début d'une campagne législative tendue et émaillée de violences, a provoqué une violente réaction des militants du HDP, qui ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre chargées d'assurer la sécurité de la réunion.

La police est intervenue avec du gaz lacrymogène et des canons à eau pour les disperser.

M. Demirtas, qui s'apprêtait à prendre la parole devant ses partisans au moment des explosions, a appelé ses troupes au calme.

«Provocation»

«Nos amis doivent être très prudents et ne pas céder à la provocation», a insisté le dirigeant kurde. «Ils (nos adversaires) veulent créer la panique et le chaos (...), la paix l'emportera», a-t-il également écrit sur son compte Twitter.

Dans un communiqué, le président Recep Tayyip Erdogan a lui aussi évoqué une «provocation».

«Il est d'une importance capitale que ce type de provocation contre nos citoyens ne perturbe pas le climat de paix et de fraternité de notre pays», a-t-il jugé.

En campagne à Gaziantep (sud), le premier ministre Ahmet Davutoglu a promis une enquête rapide sur les événements. «Nous allons déterminer s'il s'agit d'une explosion de transformateur, d'une attaque ou d'une quelconque provocation», a-t-il déclaré.

Des échauffourées ont été signalées en soirée dans plusieurs quartiers de Diyarbakir entre de jeunes militants kurdes et la police, selon un correspondant de l'AFP.

Depuis plusieurs semaines, la campagne électorale des législatives a été le théâtre de nombreuses violences, qui ont pour l'essentiel visé le HDP.

Mercredi soir, le chauffeur d'un car portant les couleurs de ce parti a été tué à Bingol (est) par des tirs d'origine inconnue. Le mois dernier, deux explosions s'étaient produites aux quartiers généraux du HDP à Adana et à Mersin (sud), faisant plusieurs blessés.

Le score qu'obtiendra dimanche le HDP fait l'objet de toutes les attentions.

S'il franchit la barre des 10% des voix, requise pour entrer au Parlement, il devrait obtenir une cinquantaine de sièges de députés et ainsi priver le parti du président Erdogan des 330 députés dont il a besoin pour faire passer une révision constitutionnelle qui lui permettrait de renforcer ses pouvoirs.

«Nous participerons à ces élections et nous passerons la barre des 10%», a réaffirmé M. Demirtas après la double explosion de Diyarbakir.

Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) est le favori du scrutin de dimanche, mais il est en nette perte de vitesse, victime du déclin de l'économie et des critiques récurrentes dénonçant sa dérive autoritaire.

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