La Russie n'est pas la bienvenue dans le G7, affirme Harper

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Stephen Harper et Vladimir Poutine

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Rob Gillies
Associated Press

La Russie ne devrait pas être réadmise dans le G7 tant et aussi longtemps que Vladimir Poutine en sera président, a affirmé le premier ministre Stephen Harper.

Dans un entretien exclusif avec l'Associated Press, à l'approche d'un voyage en Ukraine et d'une rencontre du G7 en Allemagne, cette semaine, M. Harper a dit s'attendre à ce que le groupe des sept puissances mondiales ne rouvre pas la porte à M. Poutine.

Même avant le conflit en Ukraine, la Russie a violé toutes les conditions pour appartenir au groupe, a indiqué le premier ministre canadien. Le G7 a suspendu la Russie l'an dernier, mais n'a pas écarté la possibilité qu'elle soit réadmise au sein du groupe.

«Je ne pense pas que la Russie sous Vladimir Poutine ait sa place dans le G7. Point. Le Canada s'opposerait très, très fortement à ce que Poutine se rassoie à cette table à nouveau, a-t-il affirmé. Il faudrait un consensus pour ramener la Russie et ce consensus n'existera tout simplement jamais.»

Pour M. Harper, Moscou tente la plupart de temps de se positionner comme un rival stratégique pour nuire aux «bonnes choses» que les autres pays tentent d'accomplir, «sans autre raison que de s'y opposer».

Il a ajouté que M. Poutine gardait encore l'idée que «la guerre froide ne s'est jamais terminée» et pensait devoir se battre pour tenter d'en changer l'issue.

La Russie sous Vladimir Poutine ne changera jamais, a dit Stephen Harper.

Le président russe a reçu une réponse plutôt froide de M. Harper en allant le saluer, en novembre dernier au sommet du G20 en Australie. «Je vais vous serrer la main, mais j'ai seulement une chose à vous dire: vous devez sortir de l'Ukraine», avait dit M. Harper à M. Poutine.

Interrogé par l'Associated Press pour savoir ce que son homologue russe avait alors répondu, M. Harper a soutenu qu'il avait nié toute ingérence de la Russie en Ukraine.

«Tant que la Russie adoptera cette approche et qu'elle nous traitera comme si nous étions stupides, je ne vois pas pourquoi on tenterait de dialoguer avec elle», a tranché le premier ministre.

M. Harper a par ailleurs remarqué que la Russie avait déployé sa patrouille de bombardiers à long rayon d'action près de l'espace aérien nord-américain, depuis que le conflit en Ukraine a débuté.

«C'est un pays qui s'est montré prêt à envahir ses voisins et à s'emparer de territoires qui ne lui appartiennent pas. Donc je ne pense pas que nous devons prendre à la légère cette escalade de postures militaires hostiles. Il faut prendre cela au sérieux.»

Stephen Harper a également profité de l'entrevue pour aborder ses relations avec le président américain, Barack Obama, qui a frustré Ottawa en retardant sa décision sur le projet d'oléoduc Keystone XL, crucial pour le Canada, qui a besoin d'infrastructures pour exporter la production de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta. La province possède la troisième plus grande réserve de pétrole au monde, avec quelque 170 milliards de barils de réserves mesurées.

Plus tôt cette année, l'ancien ambassadeur du Canada à Washington Allan Gotlieb a affirmé qu'il n'avait jamais vu les relations entre les deux pays être aussi tendues.

«C'est ridicule», a répliqué M. Harper à ce sujet, notant au passage que l'ancien gouvernement libéral avait de mauvaises relations avec le président George W. Bush après avoir refusé de participer à l'invasion de l'Irak. «C'est une époque où les deux dirigeants ne dialoguaient même pas. Nous avons une relation très proche et intime sur un grand nombre de dossiers, mais (le dossier Keystone) est un important irritant. Je suis convaincu que le peuple américain le réglera avec le temps.»

M. Harper croit que s'il est rejeté par l'administration Obama, l'oléoduc verra tout de même le jour sous un prochain président américain.

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