Turquie: Erdogan, les législatives et les sièges des toilettes en or

Inauguré à l'automne dernier, le nouveau palais présidentiel,... (PHOTO ADEM ALTAN, ARCHIVES AFP)

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Inauguré à l'automne dernier, le nouveau palais présidentiel, qui compte un millier de pièces et coûté 490 millions d'euros (plus de 670 millions de dollars), est l'une des cibles favorites des détracteurs du président Erdogan.

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Agence France-Presse
ISTANBUL

La campagne des élections législatives turques du 7 juin a fait lundi un détour inattendu par les commodités présidentielles, lorsque le chef de l'État Recep Tayyip Erdogan a mis le chef de l'opposition au défi de prouver que le siège de ses toilettes était... en or.

Inédite, la polémique politico-sanitaire a été lancée par le président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) Kemal Kiliçdaroglu qui, ce week-end, a pris pour cible le gigantesque et luxueux palais de M. Erdogan, signe selon lui de la folie des grandeurs et de la dérive autoritaire de l'homme fort du pays.

Lors d'une réunion publique samedi à Izmir (ouest), il a dénoncé ces «messieurs d'Ankara» pour lesquels on a «construit des palais, livré des avions, acheté des voitures Mercedes (...) et des sièges en or (pour recouvrir) les toilettes».

Lors d'un entretien dimanche soir sur la télévision publique TRT, M. Erdogan a très sérieusement répondu aux allégations de son adversaire en l'invitant à les vérifier in situ (sur place).

«Je l'invite à venir faire une visite (...) je me demande s'il sera capable de trouver un couvercle de toilettes en or dans une salle de bains», s'est amusé le chef de l'État. «Si c'est le cas, je démissionnerai de la présidence», a ajouté M. Erdogan, goguenard.

Tout aussi sérieuse, la présidence de la République a fait savoir lundi qu'elle avait envoyé une invitation officielle à M. Kiliçdaroglu.

Inauguré à l'automne dernier, le nouveau palais présidentiel, qui compte un millier de pièces et coûté 490 millions d'euros (plus de 670 millions de dollars), est l'une des cibles favorites des détracteurs du président islamo-conservateur.

Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) de M. Erdogan se présente en favori (mais affaibli) aux législatives de dimanche. L'actuel chef de l'État espère y obtenir une forte majorité pour réformer à sa main la Constitution.

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