L'UE, Berlin et Londres dénoncent la «liste noire» du Kremlin

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Au total, 89 noms, dont ceux d'anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi à des ambassades.

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Bernard OSSER
Agence France-Presse
BRUXELLES

L'Union européenne ainsi que plusieurs de ses pays membres comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont vertement critiqué la «liste noire» de la Russie interdisant à des personnalités européennes d'entrer sur son territoire en riposte aux sanctions et à une mesure similaire de l'UE.

Au total, 89 noms, dont ceux d'anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi à des ambassades.

«Nous n'avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision», a réagi samedi un porte-parole de la diplomatie européenne. «Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l'absence de clarification ultérieure et de transparence», a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Un point de vue que partage le ministère britannique des Affaires étrangères pour lequel, a dit un porte-parole, «cette liste n'a absolument aucune justification et les autorités russes n'ont aucune base juridique pour la légitimer».

«La moindre des choses aurait été que l'on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les concernent réellement, ou au moins que l'on rende ces listes publiques», s'est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. «À un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au coeur de l'Europe, cela n'aide pas», a-t-il poursuivi.

«Personne n'y a été placé par hasard», avait pour sa part affirmé la semaine dernière l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Tchijov.

Dès vendredi, la démarche de Moscou avait été condamnée par le premier ministre néerlandais Mark Rutte, d'après lequel la liste russe «n'est pas fondée sur le droit international, n'est pas transparente et il est impossible de la contester» devant un tribunal, tandis que les autorités belges ont demandé aux Russes de revoir cette interdiction.

«C'est un comportement (...) qui n'améliore pas malheureusement l'image de la Russie», a, quant à elle, déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.

Mais, pour son homologue finlandais Timo Soini, il est inutile de «trop dramatiser» cette affaire. «C'est une réaction attendue à l'interdiction faite (par l'Union européenne) à des citoyens russes de voyager (sur le territoire de l'UE). Ce n'est pas une grande surprise», a-t-il écrit sur un blogue.

Au fil de la crise en Ukraine, l'UE a d'ailleurs allongé sa propre «liste noire», qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d'entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l'économie.

«Très fier de figurer sur la liste» 

Dans le même temps, samedi, plusieurs hommes politiques européens se sont dits fiers d'avoir été inclus sur la «liste noire» de la Russie «Lorsque j'ai vu les autres noms (sur la liste), j'ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d'un club très honorable», a par exemple affirmé l'ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l'égard de l'Ukraine. «Je considère cela comme une récompense», a ajouté ce député.

Neuf Britanniques figurent, selon une source proche du dossier, sur cette liste. Parmi eux, le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d'état-major de l'armée, Nicholas Houghton, l'ancien vice-premier ministre Nick Clegg et l'ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind.

On y trouve en outre le nom de l'ancien eurodéputé écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, de la secrétaire d'État allemande à la Défense Katrin Suder et du général Karl Müllner, haut responsable de l'armée de l'air allemande, d'après le journal Bild.

Il y a aussi, selon différentes sources, ceux d'hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l'ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek.

Idem pour le président du Sénat polonais, l'ancien opposant Bogdan Borusewicz.

Certaines de ces personnalités jugent que tout cela est une preuve de l'efficacité de leur action en faveur de l'Ukraine.

«Être sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l'Ukraine», a ainsi écrit sur son compte Twitter l'eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l'encontre du président russe.

«Je me sens davantage fière que je n'en ai peur (...) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire», a-t-elle poursuivi, tandis qu'un de ses collègues tchèques au Parlement européen, Jaromir Stetina, s'est dit «très fier de figurer sur la liste».

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