Affaire Magnitski: des traces de poison sur un témoin russe mort en Angleterre

Sergueï Magnitski est mort après dix mois de... (PHOTO ALEXANDER ZEMLIANICHENKO, ARCHIVES AP)

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Sergueï Magnitski est mort après dix mois de détention provisoire. Un rapport officiel russe a révélé en 2011 qu'il avait été victime de coups et privé de soins de manière «préméditée».

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Agence France-Presse
LONDRES

Des traces de poison ont été découvertes dans l'estomac d'un Russe décédé en Angleterre en 2012, et présenté comme le témoin-clé dans l'enquête Magnistki sur une affaire de détournement de fonds par des fonctionnaires russes, a rapporté mardi le Times.

Cette découverte a été rendue publique lundi lors d'une audience préliminaire avant l'ouverture de l'enquête judiciaire (ou inquest) sur la mort d'Alexander Perepilichnyy, qui devait débuter cette semaine.

Ce Russe de 44 ans est décédé le 10 novembre 2012 en fin d'après-midi après s'être effondré devant sa luxueuse propriété britannique, située à Weybridge dans le Surrey.

Selon le Times, des traces de gelsemium, une plante toxique qui agit sur le coeur, ont été découvertes dans l'estomac de la victime lors d'analyses complémentaires commandées par les représentants de l'assurance-vie contractée par la victime quelques semaines avant sa mort.

«Étant donné que cette plante ne pousse qu'en Chine et est une arme mortelle connue pour être utilisée par les tueurs à gages russes et chinois, pourquoi était-elle dans son estomac?», s'est interrogé à l'audience préliminaire Bob Moxon Browne, l'avocat de cette compagnie d'assurance.

Ce rebondissement a conduit au report à septembre de l'enquête judiciaire, le temps de pratiquer des tests complémentaires.

Contacté par l'AFP, le bureau du «coroner» du Surrey, le fonctionnaire chargé de l'enquête judiciaire, a confirmé qu'une nouvelle réunion préliminaire était prévue pour le 6 août avant le début de l'inquest prévu le 21 septembre.

Le Russe a été présenté par la presse britannique comme le principal informateur des enquêteurs suisses sur le détournement de plus de 130 millions d'euros (plus de 178 millions de dollars) par des responsables de la police et du fisc russes au détriment du fonds d'investissement Hermitage Capital Management.

Sergueï Magnitski, le juriste d'Hermitage, avait dénoncé cette machination. Il avait alors été inculpé pour fraude fiscale - par les responsables qu'il dénonçait, selon Hermitage - et placé dans un centre de détention provisoire à Moscou.

Il y est mort le 16 novembre 2009, à 37 ans, après dix mois de détention provisoire. Un rapport officiel russe a révélé en 2011 qu'il avait été victime de coups et privé de soins de manière «préméditée».

En juillet 2013, il a été condamné à titre posthume en Russie pour évasion fiscale.

Les autorités helvétiques ont quant à elles ouvert en mars 2011 une enquête sur des soupçons de blanchiment d'argent.

L'affaire Magnitski est à l'origine d'un conflit diplomatique entre Moscou et Washington aux relents de Guerre froide.

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