Les Irlandais voteront sur le mariage homosexuel

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Jusqu'à 78 % des Irlandais sont en faveur du changement de la Constitution en faveur du mariage gai selon les sondages, note Eidin O'Shea, spécialiste de l'Irlande à l'université australienne du Southern Queensland.

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Conor BARRINS
Agence France-Presse
Dublin

Les Irlandais sont appelés à se prononcer vendredi sur le mariage homosexuel, un référendum qui constitue une révolution dans ce pays fortement imprégné de culture catholique et où l'homosexualité n'est plus considérée comme un crime que depuis 1993.

La question soumise au vote propose d'autoriser « le mariage entre deux personnes, sans distinction de sexe ».

« Nous allons faire en sorte que les gens soient traités de manière égale quelle que soit la personne qu'ils aiment », a déclaré le premier ministre Enda Kenny, et patron du Fine Gael, un parti pourtant plutôt conservateur en matière de moeurs.

Les autres principaux partis du pays défendent également cette évolution, qui bénéficie d'un large soutien au sein de la population selon les enquêtes d'opinion.

En revanche, l'Église catholique d'Irlande fait activement campagne pour le non, jugeant que le mariage doit être réservé aux couples composés d'un homme et d'une femme, désireux de fonder une famille.

Mais alors qu'il y a peu sa parole était considérée comme omnisciente, les Irlandais semblent décidés à ne pas en tenir compte.

Jusqu'à 78 % d'entre eux sont en faveur du changement de la Constitution en faveur du mariage gai selon les sondages, note Eidin O'Shea, spécialiste de l'Irlande à l'université australienne du Southern Queensland.

La chercheuse relève cependant que « la surprise est souvent de mise avec les référendums » et que « le résultat final pourrait être bien plus serré ».

Alors que les plus de 65 ans semblent pencher pour le non, le défi pour les deux camps sera de convaincre « l'Irlande moyenne », en particulier les zones rurales où l'influence de l'Église reste plus marquée.

« Un vrai problème »

Mais l'institution a perdu beaucoup de son aura ces dernières années, résultat de bouleversements économiques et sociaux, mais aussi des multiples scandales de pédophilie ayant impliqué le clergé local. Le choc a été immense dans une population désormais moins prompte à recevoir des leçons de morale. Mais paradoxalement, l'avortement reste interdit dans le pays, sauf lorsque la vie de la mère est en danger.

Le principal argument du camp du non est que le mariage homosexuel va affaiblir l'institution du mariage et de la famille traditionnelle, en permettant aux couples homosexuels d'adopter ou de faire appel à des mères porteuses.

« C'est pour les enfants que cela pose un vrai problème », a déclaré à l'AFP Margaret Hickey, porte-parole du mouvement « Mothers and fathers matter » (« Les pères et les mères comptent »). « Je pense qu'il est important de défendre le droit des enfants à avoir un père et une mère, au moins au commencement de leur vie », a-t-elle ajouté.

Ses affiches montrent de jeunes couples et des enfants accompagnés de commentaires comme : « Elle a besoin de sa mère pour la vie, pas seulement pour neuf mois » et « Les enfants méritent un père et une mère ».

Mais pour le président de la commission référendaire Kevin Cross, ce droit n'est pas acquis à tous en Irlande, où « nombre d'enfants n'ont pas une mère et un père ».

Quant à l'adoption, elle est déjà possible pour les couples mariés, les personnes célibataires et les couples de même sexe dans un pays qui a adopté l'union civile en 2011. « Il n'y aura donc aucun changement en cas de oui au référendum », ajoute-t-il.

Le débat s'est un peu envenimé en fin de campagne, les partisans du non dénonçant des attaques calomnieuses.

Du côté du oui, on se targue du soutien de célébrités du monde du sport, de la musique et du cinéma, dont l'acteur Colin Farrell ou le chanteur Bono.

Dans une vidéo postée sur YouTube, le comédien d'origine irlandaise qui interprète Mrs Brown, dans la sit-com à succès du même nom, a rappelé que par le passé les mariages entre catholiques et protestants ou entre blancs et noirs avaient également provoqué la controverse.

« Ils se sont pourtant mariés et cela n'a pas été la fin du monde. Et nous avons tous un peu mûri », a-t-il dit dans son déguisement de vieille dame aux cheveux permanentés.

Le résultat du référendum ne sera connu que samedi. Si c'est oui, l'Irlande deviendra le 18e pays dans le monde à autoriser les couples homosexuels à se passer la bague au doigt.

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